Racket des migrants du parc Maximilien par des policiers: une enquête judiciaire sera lancée

©Joakeem Carmans / Le Soir
©Joakeem Carmans / Le Soir

La RTBF a recueilli des témoignages troublants de migrants du parc Maximilien. Ils affirment que, sous prétexte de contrôle, des policiers leur dérobent téléphones portables et de l’argent avant de les relâcher.

La plupart des migrants qu’ils ont rencontrés au parc Maximilien racontent la même histoire : plusieurs d’entre eux se sont fait dépouiller de leur GSM et parfois aussi de leur argent par des policiers.

Geza est érythréen et les faits qu’il a relatés se seraient produits à la gare du Midi : « Ils sont venus, l’ont arrêté, lui et son ami, ils ont pris dans son sac l’argent qu’il y avait, il dit qu’il y avait pour 450 euros, et son téléphone. Et ils les ont laissés partir. Ils ont fait comme s’ils fouillaient et quand il a récupéré son sac, il a regardé, il n’y avait ni argent ni téléphone. Il a essayé de leur faire comprendre et ils lui ont demandé de partir ».

D’autres occupants du parc font état de policiers débarquant vers 6 heures du matin et distribuant des coups de matraque aux personnes endormies. Françoise Romnée, bénévole au sein du groupe «Solidarité avec les réfugiés de la gare du Nord», estime que «ces réveils musclés» ne sont pas systématiques, mais qu’ils existent réellement. «Il arrive que des policiers donnent des coups de pied dans les sacs de couchage pour les réveiller. Il y a déjà eu des matraquages au réveil. Ce sont des petits coups sur la tête, dans le dos...», explique-t-elle.

La zone de police Bruxelles capitale-Ixelles a réagi

Suite aux accusations portées à l’encontre des policiers suspectés de racket sur les migrants, la zone de police Bruxelles capitale-Ixelles a réagi. Comme le lieu de racket se trouve sur le territoire de cette zone de police, la commissaire Ilse Van de Keere a tenu à s’exprimer sur la question.

« Nous n’avons aucune connaissance de pareils faits. Contact a été pris avec le comité P. Une enquête judiciaire sera lancée sans délai. Notre corps de police organise bien de façon structurée des contrôles des personnes occupants illégalement le parc. Dans ce lieu de transit et d’infortune, les bagarres et autres nuisances ne sont pas rares, sans compter l’aspect humain  », a précisé la commissaire.

La police fédérale reste attentive

Du côté de la police fédérale, même son de cloche. Elle dit n’avoir aucune connaissance de faits présumés d’extorsion. Et que « jusqu’à preuve du contraire, nous avons confiance en nos policiers. L’intégrité est une de nos valeurs fondamentales. Si certaines allégations devaient s’avérer exactes, nous ne manquerions par conséquent pas de réagir avec fermeté ».

 
 
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