L’appel au secours du magazine 24h01 a été entendu

Les responsables du trimestriel 24h01 ont retrouvé le sourire. A court d’argent, ils lançaient il y a dix jours un appel à l’aide. S’ils n’arrivaient pas à récolter 30.000 euros d’ici au jeudi 3 août 19h30, l’assemblée générale de l’ASBL éditrice voterait sa dissolution, officialisant la mort du premier mook belge francophone (contraction de magazine et book). Une semaine plus tard, cette funeste perspective s’est évanouie. Le magazine consacré au journalisme narratif et de long cours a non seulement réussi à trouver les 30.000 euros nécessaires pour produire le prochain numéro mais a aussi récolté les 20.000 euros supplémentaires censés lui permettre d’assurer son avenir à long terme. 24h01 a pu compter sur les dons de quelques mécènes mais aussi sur la mobilisation de nombreux particuliers qui ont passé pour plus de 21.000 euros de commandes d’anciens numéros.

Cette somme lui permettra de tenir en 2018, année charnière puisqu’à la fin de celle-ci, il aura passé le cap des cinq d’ans d’existence et pourra revendiquer une aide publique à la presse périodique plus généreuse (50.000 euros à la place de 10.000)

On a toujours voulu créer une communauté autour de 24h01. Et là, elle nous a sauté au visage

Cet appel à l’aide n’a pas uniquement contribué à renflouer les caisses du magazine. « Si on en est arrivé à lancer cet appel, c’est parce que nous étions arrivés à la limite des idées, des contacts que peut avoir une petite équipe comme la nôtre (trois salariés, dix administrateurs…), explique Catherine Joie, rédactrice en chef. Grâce à cette opération, on a reçu plein de suggestions, de propositions d’aide. On va rassembler toutes les énergies qui se sont manifestées et agrandir le cercle des gens qui sont prêts à nous aider en les faisant rentrer dans nos structures (CA, AG…). On a toujours voulu créer une communauté autour de 24h01. Et là, elle nous a sauté au visage ».

Le défi : fidéliser sa clientèle

Le plus grand défi du mook est de réussir à augmenter les ventes. Elles tournent actuellement autour de 1.700-1.800 exemplaires alors que le seuil de rentabilité est à 2.600. Pour se faire, 24h01 devra réussir à fidéliser sa clientèle. Les premiers signaux sont encourageants. Depuis que sa périodicité est passée de semestrielle à trimestrielle, le nombre d’abonnés a doublé. Son problème principal reste sa faible visibilité. « On doit apprendre à mieux se faire connaître, en utilisant davantage les canaux digitaux, en allant à la rencontre de notre public sur le terrain, via l’organisation de conférences, la création de partenariats avec des événements… », poursuit Catherine Joie. L’augmentation de la place consacrée à la pub – entre 13 et 16 % du chiffre d’affaires actuellement – n’est par contre pas une priorité. Pour des questions de principe – à l’origine le projet était sans pub – mais aussi pragmatiques. Pour être éligible aux aides à la presse, le magazine ne peut pas tirer plus de 20 % de ses recettes de la pub.

La ligne éditoriale, elle, ne changera pas si ce n’est que 24h01 continuera à se distancier des sujets plus intemporels pour ancrer davantage ses reportages dans l’actualité.

 
 
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