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L’Arche refuse temporairement d’accueillir des animaux blessés

L’Arche, à Bousval, n’accueillera plus de nouveaux animaux dans son Creaves tant qu’elle n’aura pas perçu ses subsides 2016. Plus de 400 animaux sauvages sont revalidés chaque année dans les installations.

Temps de lecture: 3 min

Ils ont tenté de tenir le coup, temporisé durant des semaines, se sont débrouillés avec les rentrées provenant d’autres activités… Mais jeudi soir, le président Bernard Daune a décidé que cela ne pouvait plus durer. L’ASBL L’Arche, à Bousval (Genappe), a suspendu temporairement les activités de son Creaves, c’est-à-dire son centre de revalidation agréé par la Région wallonne. Les particuliers qui arriveront avec des animaux sauvages blessés ou affaiblis seront renvoyés vers d’autres structures.

En cause, les subsides de fonctionnement de 2016, qui ne sont toujours pas arrivés sur le compte de l’association. Ce manque de liquidité met la trésorerie en péril et alors que le ministre wallon de la Nature, René Collin, avait confirmé le subside par écrit le 23 juin, rien n’a encore été versé. Tant que l’argent ne sera pas versé, aucun nouvel animal ne sera admis.

Pour résumer, le Creaves de l’Arche, comme d’autres centres semblables en Wallonie, est subsidié sur base d’un listing d’animaux soignés puis relâchés dans la nature l’année précédente, l’apport financier régional étant censé couvrir 70 % des frais occasionnés. À Bousval, ces subsides de fonctionnement représentent environ 5.000 euros.

« Pour certains, 5.000 euros, cela peut paraître peu mais pour nous qui tentons de nous débrouiller avec ce qu’on obtient et avec la bonne volonté de nos bénévoles, c’est beaucoup… », explique Bernard Daune.

On croule sous la demande

Chaque année, du putois au faucon crécerelle en passant par le chevreuil ou les hérissons, plus de 400 animaux sont remis sur pattes dans les installations de L’ASBL installée sur 1,5 ha à Bousval. Le soir même où le président a pris la décision de ne plus accueillir de nouveaux animaux, il a dû renvoyer plusieurs personnes en expliquant que la situation est devenue intenable.

Et une fois cette décision radicale rendue publique, des contacts noués avec d’autres Creaves montrent que partout, on croule sous la demande en déplorant le manque de soutien public. C’est que les centres de revalidation sont des ASBL souvent gérées par des retraités, entourés de bénévoles passionnés par la nature et les animaux. Mais la bonne volonté commence à ne plus suffire…

À l’Arche, cette activité de Creaves n’est pas la seule. L’association accueille aussi les animaux exotiques – on peut croiser des ours, des tigres et des loups dans les enclos construits sur les hauteurs de Bousval ! – ainsi que les animaux domestiques saisis chez les particuliers. Le grand nombre de membres de la structure globale, les dons de particuliers amoureux des animaux ainsi que les magasins qui confient leurs invendus permettent de tenir le coup au quotidien.

« Il faut sans doute être un peu fou pour faire ça, souffle Bernard Daune. Et aujourd’hui, tout le monde est épuisé. On a l’impression que la Région n’en a rien à faire, des centres de revalidation. Ils oublient que ce sont des structures tenues à bout de bras par des passionnés mais qui remplissent des missions de service public. On est sur place 24 heures sur 24 pour accueillir les animaux blessés que viennent apporter les particuliers mais aussi la police, les pompiers, et même l’Unité anti-braconnage ! »

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