La population scolaire gonfle de 10%

Pour l’année 2014-2015, on comptait 247.760 élèves dans la Région, dont 212.200 sont des enfants bruxellois.
Pour l’année 2014-2015, on comptait 247.760 élèves dans la Région, dont 212.200 sont des enfants bruxellois. - Mathieu Golinvaux.

Depuis près de dix ans, toutes les projections statistiques démographiques montrent une croissance importante de la population de la Région bruxelloise. Au 1er janvier 2017, la Région comptait 1.191.604 habitants avec un âge moyen de 37,4 ans, ce qui en fait la Région la plus jeune du pays. Et qui dit jeunesse dit également enfants et donc places dans les écoles. Or, depuis 2010, la capitale connaît une croissance très rapide de sa population en âge d’être scolarisée. Les bébés se fabriquent plus rapidement que les écoles. Du coup, l’Ibsa (institut bruxellois de statistique et d’analyse) a voulu revoir ses projections de la population scolaire à l’horizon 2025.

La dernière étude de ce type datait de 2010. A l’époque, le besoin de nouveaux établissements se faisait surtout sentir dans le maternel. Le scénario esquissé à l’époque s’est révélé exact. De nombreuses places ont été créées à Bruxelles mais, malgré les efforts des Communautés française et flamande, soutenus par la Région bruxelloise et les communes, on constate toujours un risque de saturation. Or, dans les dix ans à venir, la croissance de la population sera toujours effective. Aujourd’hui déjà, la tension est palpable puisque de plus en plus d’enfants vivant dans la Région vont en périphérie pour trouver une école correspondant au choix de leurs parents. A l’inverse, le nombre d’enfants habitant dans les deux Brabants et étant scolarisés à Bruxelles diminue.

Dans sa nouvelle étude, l’Ibsa s’est concentrée sur les enfants scolarisés dans le système soit francophone, soit néerlandophone. Elle ne prend pas en compte l’enseignement international, privé ou européen. Ainsi pour l’année 2014-2015, plus de 93 % des élèves inscrits à Bruxelles le sont dans des établissements subsidiés par les Communautés. On compte, pour cette année académique, 247.760 élèves dans la Région, et 212.200 sont des enfants bruxellois. Ils se répartissent de la manière suivante : 54.200 enfants sont inscrits en maternel, 82.800 en primaire et 75.200 en secondaire. Les écoliers navetteurs sont 35.500 et ils sont principalement francophones. En effet, de nombreuses familles francophones mais vivant en périphérie ont décidé d’inscrire leurs bambins dans le système scolaire de la Communauté française et choisissent donc Bruxelles par facilité. A l’inverse, 8.600 petits Bruxellois vont tous les jours dans une école de la périphérie.

Le nombre d’élèves est en augmentation constante entre 2009-2010 et 2014-2015 dans tous les niveaux. Au total, on compte 19.700 élèves supplémentaires durant cette période. Quelque 82 % des jeunes sont dans l’enseignement francophone. On note par contre des différences entre les niveaux. Durant ce laps de temps, le nombre d’enfants dans l’enseignement maternel a augmenté de 10 %, 11 % pour le primaire, mais uniquement 6 % pour le secondaire. On note aussi une plus grande hausse dans le primaire néerlandophone que dans les établissements subsidiés par les pouvoirs francophones.

L’Ibsa révèle également une grande disparité entre les 19 communes bruxelloises. En effet, 50 % des élèves de la capitale résident seulement dans quatre communes, à savoir la Ville de Bruxelles, Schaerbeek, Anderlecht et Molenbeek, alors que ces communes accueillent 44 % de la population de la Région. L’institut démontre l’effet de saturation du système scolaire bruxellois par deux autres chiffres. Premièrement, en six ans, l’augmentation du nombre de Bruxellois scolarisés en dehors de la Région a augmenté de 19,6 %. La hausse la plus importante concerne les enfants dans le secondaire. Les parents rencontrent plus de difficultés à inscrire leurs enfants dans l’établissement de leur choix et préfèrent quitter Bruxelles. Deuxièmement, le nombre de Flamands et de Wallons scolarisés à Bruxelles stagne et, chaque année, ils sont de moins en moins nombreux à franchir la frontière.

Pour éviter la saturation complète, l’Ibsa a dû étudier ses propres projections démographiques commune par commune, mais aussi par tranches d’âge. Une manière d’aider les décideurs dans leur plan.

 
 
À la Une du Soir.be
À découvrir sur Le Soir +
 

Vos réactions

Règles de bonne conduite / Un commentaire abusif? Alertez-nous