«Désaxé», «cliniquement fou»: l’indignation après les nouvelles déclarations de Trump sur Charlottesville

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Les réactions se sont multipliées mardi après les nouvelles déclarations du président Donald Trump attribuant la responsabilité des violences de Charlottesville aussi bien aux militants d’extrême droite qu’aux contre-manifestants.

Le monde politique Sans surprise, les Démocrates sont revenus sur les propos exacts de Donald Trump, rappelant qu’«un seul côté» est responsable. «La violence à Charlottesville a été alimentée par un seul côté: des suprémacistes blancs qui répandent le racisme, l’intolérance et l’intimidation», a déclaré sur Twitter Tim Kaine, sénateur démocrate de Virginie, colistier de Hillary Clinton dans l’élection présidentielle de 2016.

Bernie Sanders a quant à lui estimé que Donald Trump était «embarrassant» pour les États-Unis et «les millions d’Américains qui sont morts en combattant le nazisme».

Plusieurs membres des Républicains se bornent à condamner les groupes d’extrême droite, sans pour autant citer directement la réaction du président américain. «Nous devons être clairs. La suprématie blanche est répugnante», a tweeté Paul Ryan, président républicain de la Chambre des représentants. «Cette intolérance est opposée à toutes les valeurs du pays. Il ne peut y avoir aucune ambiguïté morale».

Certains Républicains ont néanmoins haussé le ton. «Accuser ‘les deux côtés’ après Charlottesville?! Non», a déclaré Ileana Ros-Lehtinen, représentante républicaine de Floride. «Le retour au relativisme lorsqu’on parle du KKK, des sympathisants nazis et des suprémacistes blancs? Clairement non».

Le monde associatif «Il y a un seul côté» qui est responsable des violences, a tweeté le Southern Poverty Law Center, qui surveille les groupes extrémistes américains: «La suprématie blanche est toujours une erreur».

«Le président Trump est un sympathisant des suprémacistes blancs néonazis», a affirmé dans un communiqué Steven Goldstein, chef du Centre Anne Frank pour le Respect Mutuel, une organisation de défense des droits de l’homme aux États-Unis. Le monde culturel et sportif Parmi les spectateurs de la conférence de presse, se trouvaient de nombreuses personnalités: acteurs, musiciens, écrivains ou encore sportifs. Tous ont unanimement condamné la sortie de Trump. «Sans une déclaration préparée, ce président dit ce qu’il pense vraiment: mettre sur le même plan des néonazis et ceux qui protègent les droits civiques est honteux et insensé», a tweeté la chanteuse et actrice Barbra Streisand.

«Ce qui était le week-end le plus honteux du président vient d’être prolongé indéfiniment» avec ses nouvelles déclarations, a tweeté l’actrice et activiste Mia Farrow.

Pour J.K. Rowling, il est désormais «impossible pour tous les soutiens de Trump de prétendre qu’ils ne savent pas qui il est».

«La haine a toujours existé en Amérique. On le sait, mais Donald Trump l’a remise à la mode!», a écrit sur Twitter la star du basket-ball LeBron James

Plusieurs personnalités ont même été jusqu’à rejoindre les manifestants devant la Trump Tower de New York, où le président s’est rendu pour la première fois en six mois. C’est le cas notamment de Michael Moore, Mark Ruffalo, Olivia Wilde et Zoe Kazan.

Le monde médiatique Certains journaux ont pris clairement position, comme le montre cette une du Chicago Sun Times.

Les présentateurs de late shows ont tenu à faire savoir qu’ils avaient été choqués par la conférence de presse de Donald Trump, autant sur sa forme que sur son contenu. Lundi soir, Jimmy Fallon, ému, avait été le premier à réagir, dans un discours étonnamment sobre pour l’ouverture du «Tonight Show». Ce mardi soir, c’était au tour de Jimmy Kimmel de prendre la parole, sur un ton plus humoristique. «Je ne vous mentirais pas si je disais que je serais plus à l’aise si Cersei Lannister dirigeait ce pays. Je ne sais pas qui a pensé que ce serait une bonne idée de lui faire faire une conférence de presse aujourd’hui, mais il a clairement mal interprété l’humeur actuelle du pays. Je pense que je peux dire avec une certitude raisonnable que le président est complètement désaxé», a-t-il déclaré avant d’ajouter «La vérité, c’est que, au plus profond de vous, vous savez que vous avez commis une erreur. Vous avez choisi la mauvaise personne».

Stephen Colbert, qui présente «The Late Show», a décidé de s’adresser directement au président américain, en répondant à certaines phrases précises. À Trump qui déclarait: «Si la presse ne mentait pas et était honnête, les médias auraient dit que j’avais dit quelque chose de gentil», Colbert répond: «Et si vous étiez un meilleur président, vous auriez dit quelque chose de gentil». Quant au commentaire de Trump sur la responsabilité qui revient «sans aucun doute aux deux côtés», Colbert assène: «La seule chose sur laquelle je doute aujourd’hui, c’est si vous serez toujours président vendredi».

Quant à Seth Meyers, du «Late Night», il a estimé que lors de cette conférence de presse, Trump avait prouvé qu’il était «cliniquement fou», avant d’ajouter: «Normalement, lorsque quelqu’un tient des propos d’une telle folie, Batman débarque et lui met un poing la figure». «Vous voyez la liste des effets secondaires à la fin de la notice d’un médicament? Apparemment, Trump les a tous», a-t-il conclu.

 

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