Accueil Belgique

La CGSP réagit après l’attaque à Bruxelles: «Ce déploiement de militaires en rue, ça ne règle rien»

Patrick Cansse, secrétaire permanent de la CGSP- Défense réagit à chaud, sur l’opportunité des opérations de sécurisation des quartiers sensibles par les militaires. Entretien.

Chef du service Société Temps de lecture: 4 min

Un homme armé d’un couteau a attaqué deux militaires à Bruxelles vers 20h20, boulevard Emile-Jacqmain. Les militaires ont riposté. L’assaillant, d'abord réanimé, est décédé dans la soirée à l'hôpital. Un militaire est légèrement blessé à la main. L'assaillant, un Somalien âgé d'une trentaine d'années, a crié "Allah Akbar" au moment de l'agression.

Le parquet fédéral, chargé de l'enquête, considère qu'il s'agit d'un acte terroriste.

Patrick Cansse, secrétaire permanent de la CGSP- Défense réagit à chaud, sur l’opportunité des opérations de sécurisation des quartiers sensibles par les militaires.

Quelles sont les règles balisant l’engagement des militaires en rue ?

C’est très simple, ils sont là pour seconder le déploiement de policiers, ce sont eux ces policiers qui doivent leur donner l’ordre d’intervenir. Ils travaillent sous leurs ordres mais dans les faits il n’y a pas souvent de policiers à côté d’eux dans la rue. Ils ne peuvent pas, par exemple, d’initiative, contrôler l’identité de quelqu’un ou fouiller des sacs. Par contre, dans le cadre d’une situation de légitime défense – lorsqu’ils sont agressés par exemple – ils peuvent faire usage de leurs armes, ils peuvent neutraliser un agresseur pour assurer leur propre sécurité ou de celle de quelqu’un.

Comme les policiers ?

Il existe une différence fondamentale sur laquelle nous attirons l’attention depuis le début de ce déploiement de militaires dans les rues : leur formation n’est pas celle d’un policier. Dit autrement : ils ne sont pas formés genre de mission. Leur métier à eux est « militaire » : ils sont formés pour des missions militaires, c’est-à-dire qu’ils reçoivent des ordres qui sont des ordres, auxquels ils doivent réagir. Ils sont drillés et formés de cette manière.

À la gare centrale en juin, ils ont dû réagir comme des policiers ?

Dans ce cas, ils doivent réfléchir et agir en une fraction de seconde. Leur riposte était logique, proportionnée dans ces circonstances même si je sais que la famille et la ligue des droits de l’homme n’ont pas la même vision des choses.

Pourquoi ?

Ce qui pose problème dans toutes ces situations, c’est l’utilisation d’armes de guerre dans la vie civile. On parle de riposte proportionnée… mais on les met dans une situation où ils doivent choisir d’utiliser leur arme – et c’est normal car ils ne savent rien d’autre des intentions de l’agresseur – alors qu’ils sont agressés à l’arme blanche. À chaque événement ce sont les mêmes questions qui reviennent, sans réponse… Que dira-t-on le jour où une balle perdue atteindra un enfant ou un passant quel qu’il soit ? Rien n’est prévu à ce sujet ! Les règles ne sont pas claires, nous le dénonçons depuis 2015. En bref, nous sommes bel et bien là en renfort de la police, sous ses ordres, mais la plupart du temps en son absence. Ce déploiement de militaires en rue, c’est un simple pansement sur plaie, ça ne soigne pas, ça ne désinfecte pas !

Ce soir ils ont bien agi ?

Bien sûr ! Je ne connais pas les détails exacts des événements mais il me semble que ces hommes ont réagi selon leur métier, ils ont mon soutien entier. On verra ce qu’il en sortira d’un point de vue juridique. En fait, ils sont formés pour faire la guerre mais ici ce n’est pas une guerre c’est une situation qui ne ressort pas du département de la défense : un militaire est formé et entraîné pour faire de la surveillance en territoire ennemi pas nécessairement devant un grand magasin. Le gouvernement cherche à apaiser la situation, à rassurer les gens mais ce n’est pas ça qui va régler le problème. Regardez la France, cela fait 10-12 ans que les militaires sont en rue… ça leur coûte une fortune, ils ne pourraient plus s’en passer mais ça ne règle rien.

Le fil info

La Une Tous

Voir tout le Fil info

0 Commentaire

  • Posté par Monsieur Alain, samedi 26 août 2017, 9:20

    Parmi les effets de la présence des soldats en rue (je dis bien soldats et non militaires !), il y en a une qui mérite d'être soulignée. Parfaitement visibles, absolument pas distraits par la myriade des missions "ordinaires" de police en rue, bien entraînés au tir et leur arme en permanence et immédiatement disponible, ils servent d'exutoire aux candidats-suicide du Djihad.

  • Posté par Bosman Josephine, samedi 26 août 2017, 9:00

    Ça ne règle rien dit-il' mais alors a t'il une solution ...

  • Posté par Vigneron Gérard, samedi 26 août 2017, 8:52

    Trop vite dit les conclusions de la CGSP : La petite criminalité " sorry pour le terme petite- mais repris ds le vocabulaire des professionnels villes,police..." a chuté ds de forts % dans les villes et communes.

Plus de commentaires
Sur le même sujet

Aussi en Belgique

Voir plus d'articles

Allez au-delà de l'actualité

Découvrez tous les changements

Découvrir

À la Une

références Voir les articles de références références Tous les jobs