Crise du fipronil: «Les agriculteurs sont les victimes», estime la Fédération wallonne de l’agriculture

Crise du fipronil: «Les agriculteurs sont les victimes», estime la Fédération wallonne de l’agriculture

Agriculteur à Sprimont (Province de Liège) et président de la Fédération wallonne de l’agriculture (FWA), Joseph Ponthier est ce samedi 26 août l’invité du Grand Oral RTBF-Le Soir sur La Première. Après un été marqué par la crise des œufs contaminés au fipronil, il fait le point sur l’état du secteur agricole.

Le président de la FWA pointe d’abord les effets néfastes de la sécheresse qui a impacté certaines régions comme par exemple la Famenne.

«  Il y a un manque de fourrage énorme  », explique l’agriculteur.«  Les pertes sont entre moins 40 ou 50 pc suivant les régions, voire au-delà. Les agriculteurs entament déjà leurs réserves hivernales et il va donc falloir acheter de la nourriture pour le bétail  », explique-t-il.

Crise des œufs

Pour le président de la FWA, «  la crise du fipronil dans les œufs, ce sont les agriculteurs qui en sont les victimes. Comme lors de la crise de la dioxine » , réagit Joseph Ponthier qui redoute un effet négatif sur l’image des produits agricoles wallons proposés sur le marché à l’exportation.

«  L’AFSCA a fait le maximum pour élucider le problème  », poursuit-il. «  Plutôt que d’alarmer le consommateur inutilement, l’agence fédérale a procédé aux analyses avant de mettre les résultats sur la voie publique  ».

Le président de la Fédération wallonne de l’agriculture commente aussi le travail effectué par les gouvernements fédéral et wallon. «  Willy Borsus a été prévenu très tard avant la passation de pouvoir  », estime Joseph Ponthier. «  Celui qui lui a succédé a pris les choses en charge, très vite. Denis Ducarme gère le dossier avec beaucoup de rigueur  ».

Zéro phyto ?

Peut-on pour autant dire que tout roule entre le président de la FWA et les gouvernements ? Non ! Joseph Ponthier estime par exemple que le projet « zéro phyto » présenté par le ministre wallon Carlo Di Antonio en charge de l’environnement est «  une utopie  ». «  Il faut rester les pieds sur terre  », dit-il. «  On ne peut pas mettre la Wallonie sur une île. L’agriculture a déjà fait pas mal d’efforts pour limiter l’usage de ces produits-là, mais partout ce n’est pas possible. C’est une décision populiste pour son électorat, pas pour le monde agricole  ».

L’interview de Joseph Ponthier a été réalisée par Frédéric Soumois, journaliste au journal Le Soir, Jean-Pierre Jacqmin, directeur de l’information à la RTBF, et Jacques Crémers, chef de rédaction de La Première/RTBF.

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