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Futuromètre «enseignement»: 71% des francophones recalent le décret Inscription

Des 5 chiffres-clés qui se dégagent du Futuromètre « enseignement » réalisé par le bureau d’études AQ Rate, en collaboration avec Le Soir et la RTBF, il ressort un tableau noir de l’école.

Temps de lecture: 5 min

A quelques jours de la rentrée scolaire, l’institut AQ Rate, en collaboration avec Le Soir et la RTBF, livre les résultats d’un vaste sondage sur le monde de l’enseignement obligatoire. Mixité, qualité des cours, regard sur les instituteurs et professeurs, investissement des parents, rêves de changements… tout passe à la moulinette du Futuromètre 2017 consacré à l’enseignement, auquel ont participé par internet 3.340 Belges francophones de plus de 18 ans, habitants à Bruxelles ou en Wallonie.

Ce sondage, dont la marge d’erreur est de 1,7 %, dresse un bien sombre tableau de notre école primaire et secondaire, perçue comme pédagogiquement à côté de la plaque, en déphasage avec la société actuelle et pas assez garante de réussite dans le supérieur et sur le marché de l’emploi. Cela dit, les profs ne sont pas jugés responsables de cette situation. C’est « le système » qui est en cause et qu’il conviendrait, selon les sondés, de remettre à plat, malgré le Pacte pour l’excellent du gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

La mixité sociale

71 % pensent que le décret inscription n’a pas permis une meilleure mixité sociale.

C’est une véritable claque que se prend (une nouvelle fois) le décret inscription, censé apporter davantage de mixité dans la population des écoles secondaires. 71 % des sondés estiment que la mesure passe à côté de son objectif. Seuls 13 % pensent que c’est une réussite (les 16 % restants sont sans avis). « Ce rejet franc et massif montre que l’application du décret reste très mal perçue par les parents, en conclut Laurent Moreau, directeur général de AQ Rate. A cet égard, les plus sévères sont les Bruxellois, les femmes et les parents d’élèves du primaire. Ces derniers sont probablement angoissés à l’approche de l’entrée de leurs enfants dans le secondaire. »

On notera par ailleurs que ce rejet s’applique de manière indifférenciée dans les réseaux officiel et catholique. Très logiquement, 91 % des répondants pensent qu’il faut améliorer le décret mixité. Par ailleurs, 91 % des personnes interrogées accordent beaucoup de valeur au libre choix de leur école, une liberté d’inscription que la mécanique du décret peut contrarier. Il semble donc que le monde politique ait raison de se questionner actuellement sur cette mesure lancée en 2006 par le PS mais restée impopulaire depuis lors, malgré des aménagements dans son application. Il y a quelques jours, Marie-Martine Schyns (CDH), ministre de l’Enseignement en Fédération Wallonie-Bruxelles, s’est dite ouverte à une modification du décret, à la marge ou en profondeur. Défi, incontournable dans la formation d’une éventuelle nouvelle majorité en Communauté française, souhaite abroger le texte de loi. Quant au MR, après avoir souhaité sa disparition pure et simple, il plaide aujourd’hui pour une réforme en profondeur du système.

La qualité

68 % sont insatisfaits de la qualité de l’enseignement.

L’autre grand point noir que ce sondage met en avant, c’est que les Belges francophones sont majoritairement (68 %) insatisfaits de la qualité de l’enseignement délivré dans les écoles. Seuls 28,5 % se disent satisfaits du niveau. « Les répondants les plus impliqués dans l’école, car leur(s) enfant(s) sont encore scolarisés, se montrent moins sévères, tempère Laurent Moreau, de l’institut AQ Rate. Cela montre que l’école pâtit d’une mauvaise image via les médias et que la Fédération Wallonie-Bruxelles souffre d’un manque de communication sur son pacte d’excellence. » 81,8 % des sondés estiment que l’école d’aujourd’hui est plombée par un nivellement par le bas et que, par rapport à ses voisins (Flandre incluse), la Belgique francophone présente un niveau d’enseignement trop faible. Ses scores moyens au classement international Pisa ne sont sans doute pas étrangers à cette perception.

L’impréparation

73 % jugent qu’en fin de secondaire, les élèves sont mal préparés pour l’enseignement supérieur.

Conséquence de la prétendue mauvaise qualité de l’enseignement : la plupart des sondés (65 %) jugent que l’école francophone forme moins bien les élèves et étudiants aujourd’hui qu’hier. Ils sont même 73 % à penser que les jeunes ne sont pas bien préparés pour aborder des études supérieures et 75 % que le niveau de formation n’est pas adapté aux exigences du marché de l’emploi.

Les enseignants

66 % estiment que les enseignants sont des gens compétents et bien formés.

Pour autant, les sondés n’en veulent pas aux enseignants. Ainsi, 66 % d’entre eux pensent que les profs et instits sont compétents et bien formés, 93,5 % qu’ils remplissent un rôle essentiel dans notre société et 75 % qu’ils exercent un métier pénible. «  Les enseignants sont perçus comme des professionnels qui font du mieux qu’ils peuvent avec les moyens qui leur sont accordés, interprète le directeur de AQ Rate. La faute de la prétendue mauvaise qualité de l’enseignement reviendrait donc à l’institution scolaire, à son organisation et aux infrastructures défaillantes. »

Le changement

81,8 % tienne à la formation de têtes bien faites plutôt que bien pleines

Malgré le Pacte qui est censé apporter des réponses adéquates au manque de performance de l’enseignement, une grande majorité de parents (près de 87 %) pensent que l’école a besoin d’un big-bang afin de s’adapter au monde d’aujourd’hui. Cela doit permettre de former des têtes bien faites plutôt que bien pleines (82 %).

 

Méthodologie

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Pour établir son baromètre Futuromètre 2017 consacré à l’enseignement, en collaboration avec Le Soir et la RTBF, AQ Rate a interrogé 3.340 Belges francophones de 18 ans et plus, habitants à Bruxelles ou en Wallonie. Ce sondage a été effectué par internet entre le 19 juin et le 2 juillet dernier. Sa marge d’erreur maximale, pour un pourcentage de 50 % et un taux de confiance de 95 %, est de l’ordre de 1,7% à la hausse ou à la baisse par rapport à la valeur observée.

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