Le métier d’ambulant s’essouffle

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Fabrice Boursier connaît ses clients : « C’est ce contact humain terrible qui me plaît. »
Fabrice Boursier connaît ses clients : « C’est ce contact humain terrible qui me plaît. » - SP

Sur le marché de La Louvière, il y a des têtes qui ne changent jamais. Face au Palais de la bière, Fabrice Boursier a installé son stand de charcuteries et de fromages comme chaque semaine. Ce visage enjoué et ces rires à pleine gorge, les clients les connaissent bien. Et pourtant, Fabrice, âgé aujourd’hui de 47 ans, n’était pas destiné à devenir commerçant ambulant.

« Je n’ai pas toujours été ambulant  » raconte-t-il. « Quand j’étais plus jeune, j’avais repris la menuiserie qui était dans la famille depuis plusieurs générations. Il y a 17 ans, j’ai décidé de me tourner vers ce métier. Contrairement à un commerce classique, je trouvais que les marchés offraient un potentiel de clients plus important et me permettaient d’économiser le coût d’un bail. Les centres-villes se meurent et les prix des locations explosent partout  » Le métier a rapidement séduit ce personnage débonnaire. « C’est ce contact humain terrible qui me plaît ! On connaît nos clients et on discute avec eux de leur vie, de leur situation. »

Car au-delà des bons côtés, le métier est loin d’être facile pour ce commerçant qui gère seul son affaire. « C’est sûr, on se lève tôt ! Ce matin, à 4h30 j’ai nettoyé mon camion, préparé la marchandise, avant d’arriver sur place. Le jeudi, de 6h du matin à 13h, je suis à La Louvière, avant de partir vers un autre marché pour l’après-midi.  »

Diversification

La journée se finit officiellement à 20h. Sans compter le trajet du retour, le nettoyage du camion et la mise en chambre froide des produits. « J’ai un rayon de 55 kilomètres. Deux marchés du côté de Mons, deux marchés à La Louvière et les week-ends à Waterloo. Il y a aussi les activités connexes : je fais des mariages, des événements, comme la fête de la moisson ou le Ronquières festival. » Il faut pouvoir se diversifier pour tenir le coup. Les marchés perdent tout doucement de leur attrait. « La semaine, c’est compliqué. C’est près de 5 fois plus de personnes le week-end. Les jeunes perdent l’habitude de venir au marché, c’est plus difficile. Mais je continuerai à faire ça jusqu’au bout. Si on n’aimait pas ça, il n’y aurait plus de marché ! » conclut Fabrice Boursier, le sourire jusqu’aux oreilles.

De 18 à 60 euros du mètre carré pour un an

Nous avons comparé les prix au mètre carré des emplacements de nos marchés par commune, hors frais annexes (électricité, nettoyage…). Les prix sont assez inégaux d’une commune à l’autre. Certaines communes proposent des abonnements à l’année, d’autres proposent des tarifs au mois, au trimestre ou encore à la journée. Nous avons donc fait une estimation du coût total à l’année. Il existe également des réductions pour certains mois de l’année, les plus froids. La commune de Seneffe va jusqu’à rendre ses emplacements gratuits du 1er décembre au 31 janvier !

La commune proposant le tarif le moins élevé est celle de Braine-le-Comte (18,20/an/m2). A l’inverse de Manage qui propose un tarif de 59,2 euros. Entre les deux, beaucoup de marchés entre 21 et 35 euros (Binche périphérie, Soignies, Seneffe, La Louvière). Puis, entre 39 et 45 euros, Enghien, Binche-centre, Morlanwelz et Le Rœulx.

Bien sûr, les marchés ayant lieu le week-end sont plus chers. Mais contrairement aux idées reçues, les marchés les plus populaires ne sont pas les plus onéreux. En atteste le marché d’Estinnes (52 euros) qui ne compte qu’une échoppe et n’est pas la commune la meilleur marché.

«Il était temps de repenser le marché hebdomadaire»

Par C.P.

Braine-le-Comte est la ville qui propose le tarif le plus bas de la région. Un tarif qui s’explique de plusieurs façons. « Je pense qu’augmenter un tarif doit se faire de façon raisonnée », explique l’échevin en charge des Marchés, André-Paul Coppens. « Pour que notre prix augmente, il faudrait que nous proposions un service plus intéressant que dans les autres villes.  »

Une condition qui n’est pas remplie pour le moment. « Nous sommes partis du constat qu’il était temps de repenser le marché de Braine-le-Comte. La clientèle a tendance à déserter quelque peu les marchés, surtout quand il ne fait pas bon. Pourtant, je suis convaincu que ce rendez-vous du jeudi garde son intérêt.  »

Plusieurs constats ont été faits et un tout nouveau plan du marché du jeudi vient d’être imaginé. Ce projet passera devant le conseil communal de ce mois de septembre. « Les abonnés sont assez mal répartis. Ils sont placés de façon disparate sur le marché. Nous voulons les rassembler et placer les occasionnels à un autre endroit. Ensuite, c’est une question de mobilité qui a été mise en avant. Nous voulons rouvrir la rue qui fait la jonction entre la rue de la station et la rue de Mons à la circulation, mais aussi au stationnement. Il y aura notamment quatre emplacements pour les personnes à mobilité réduite, mais aussi un dépose minute. Les clients éprouvent en effet des difficultés à trouver des places de parking et s’ils doivent faire un tour ou deux avant de trouver, ils passent leur chemin et ne viennent plus ni sur le marché ni dans les autres commerces de la ville.  »

Les modifications du marché brainois devraient être mises en test dès la mi-septembre et ce, jusqu’au mois d’avril. Actuellement, pas loin de 28 maraîchers payent un abonnement sur la commune de Braine-le-Comte. Sans compter les douze demandes en attente de réponse.

 
 
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