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Nainggolan: un casse-tête tactique pour l’entraîneur des Diables

Derrière l’absence de Nainggolan se cache avant tout un problème disciplinaire. Et si celui-ci servait de prétexte à l’impasse tactique dans laquelle est enfermée Martinez avec le joueur de l’AS Roma ?

Analyse - Journaliste au service Politique Temps de lecture: 4 min

À force de se demander si Radja Nainggolan mérite ou non sa sélection, on en oublierait son apport sur le plan tactique. Car, si Roberto Martinez a décidé de se passer du médian romain principalement pour des raisons de discipline, son choix se voit valider par des arguments tactiques. Car, hasard ou pas, Nainggolan n’a jamais su saisir sa chance sous Martinez quand il a été aligné dans le onze de base. Le sélectionneur estime qu’il n’est pas assez créatif, comparé à Eden Hazard, Dries Mertens et Kevin De Bruyne, pour jouer en soutien d’attaque (son poste à l’AS Roma), d’autant plus que les Belges sont souvent confrontés à un double mur défensif. « Mais il ne s’agit pas vraiment de la même position que dans son club. Chez les Diables, quand il a dû remplacer Hazard, c’était davantage comme une sorte d’intérieur gauche. Une position dans laquelle il n’a pas vraiment de repères », affirme Teklak. Et à un poste plus reculé, le sélectionneur attend de ses joueurs une discipline et une symbiose. Actuellement, il estime que le duo Axel Witsel-Marouane Fellaini est tactiquement plus au point et complémentaire.

1 Nainggolan victime de sa fougue et d’une indiscipline tactique.

Malheureusement pour lui, Nainggolan a éclaté à une époque où les Diables n’étaient pas les plus fringants, à savoir la campagne qualificative menant à l’Euro 2016. Aux yeux de Martinez, il symbolise le chaos de la fin de l’ère Wilmots, une période marquée par un jeu devenu stéréotypé. C’est faire injure à ses prestations. Car souvent, dans des matches fermés, Nainggolan semblait le seul capable de briser les lignes, en surgissant de l’entrejeu pour apporter le surnombre, ou en offrant des frappes lointaines (un des seuls Diables, avec De Bruyne, à tenter sa chance de loin). Le chaos de son jeu – tel un chien fou, il semblait un peu partout sur le terrain – constituait à la fois sa qualité et son défaut. Aujourd’hui, Martinez mise davantage sur des lignes de passes et des mouvements étudiés pour briser les murailles défensives. Mais entre les paroles et les actes, il y a parfois un fossé. Actuellement, les schémas pensés par Martinez ne se sont pas encore assez traduits sur le terrain et, dans ce contexte, les percées de Nainggolan peuvent encore servir.

2 Un pressing que lui seul pratique et qui laisse des brèches.

À ce côté chien fou, il convient d’ajouter sa volonté continuelle de pressing. « Son talent naturel réside dans sa volonté de récupérer le ballon en avançant », explique Alex Teklak. « Mais il est rarement suivi dans son pressing. Or, c’est rarement le premier qui presse qui récupère le ballon. Son énergie et ses courses anarchiques doivent être suivies d’un mouvement coordonné du bloc. Or, il est difficile à dompter et les autres joueurs ne comprennent pas toujours pourquoi il sort au pressing. » De plus qui dit pressing, dit dézonage. « Un joueur qui presse laisse souvent des trous et des espaces entre les lignes. S’il n’est pas suivi, il devient alors un problème pour ses propres couleurs », ajoute Aimé Anthuenis, ancien sélectionneur des Diables. C’est principalement pour cette raison et parce qu’il a choisi un 3-4-2-1 que Martinez a opté pour Witsel et Fellaini, de manière à maintenir un bloc axial.

3 Un profil atypique qui n’envisage pas être un plan B. Le Belgo-indonésien est populaire auprès des supporters de la Roma ou de l’équipe nationale pour son côté guerrier. Dans une équipe marquée du sceau de la technique, et qui pourrait manquer de puissance physique, seuls deux joueurs sont capables d’insuffler une certaine rage et répondre aux combats physiques imposés par l’adversaire : Fellaini et Nainggolan.

Ces deux éléments ne sont pas toujours des poètes mais leur pedigree les rend indispensables. En fonction des circonstances, Martinez peut décider de ne pas les aligner et de miser sur des joueurs plus techniques et plus vifs, mais on comprend mal qu’il se passe, dans son noyau élargi, d’un des deux éléments. Car, si son plan A ne marche pas, Fellaini et Nainggolan peuvent offrir autre chose. Il y a donc une marge entre « aligner Nainggolan » et « s’en passer dans le groupe des 28 ». Et là, Martinez s’oppose à l’ego d’un joueur qui n’envisage pas être autre chose qu’un plan A.

4 Une place indéterminée : numéro six ou numéro huit ?

Comme Fellaini, sa place de prédilection reste un mystère. Médian défensif (numéro six), de transition (numéro huit) ou soutien d’attaque. Spaletti l’a avancé sur l’échiquier et depuis lors, on le voit parfois davantage comme un joueur offensif que défensif. Pourtant, ses qualités premières restent défensives (pressing et récupération) même s’il a une qualité de passes hors-norme pour un médian défensif. « Malgré tout, pour moi, c’est avant tout le meilleur numéro six que l’on ait  », explique Philippe Albert. « C’est le plus talentueux et complet à ce poste. Il est costaud dans les duels, bon de la tête, il a un volume de jeu intéressant, il ratisse et quand il a le ballon, il apporte énormément. »

 

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1 Commentaire

  • Posté par Michel HAUTEKEER, mardi 29 août 2017, 10:19

    Aucune équipe au monde ne se passerait d'un tel joueur ! il est le seul joueur à pouvoir être décisif sur un coup de "patte", parfois ça se passe moins bien... ok. Mais ses soit-disant "incartades" sont des pécadilles... Quand Martinez devra débloquer un match fermé, il ne l'aura pas à disposition... très dommage.

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