Thozée en travaux depuis 20 ans

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Bien caché, à l’abri des regards derrière les immenses arbres de la propriété de 19 hectares, le château de Thozée n’est pas aisé à trouver à l’occasion d’une première visite… Mais le « jeu de piste » à travers les drèves de Mettet en vaut largement le coup. Nombre de Djobins ignorent encore l’existence de cette bâtisse du début du XVIIIe siècle dans leur entité. « À la journée de l’arbre en novembre 2016, nous avions disposé une banderole relative à Thozée dans le hall de l’administration communale. 90 % des habitants que nous avons accostés n’avaient jamais entendu parler du château de Thozée  », indique Michel Renard, administrateur délégué du Fonds Félicien Rops.

Et pourtant, la bâtisse aurait été érigée en 1708. « C’est peut-être dû à la personnalité de ses derniers occupants, âgés, aux joies de vie quasi monacales. Ils vivaient assez isolés, ce qui a créé un sentiment de fermeture », explique Michel Renard.

Ces derniers occupants ne sont autres que les descendants directs du peintre et graveur namurois Félicien Rops (1833-1898). Élisabeth Rops, la petite-fille de l’artiste, est née au château de Thozée et y a vécu toute sa vie jusqu’à son décès en 1996. Un lieu de vie hors du commun et chargé d’histoire. L’épouse de Félicien Rops, Charlotte, avait hérité le château de Thozée de son oncle, Ferdinand Polet de Faveaux. La demeure est sans conteste devenue le lieu de villégiature favori de l’artiste. Il y invitera ses amis à le rejoindre, dont le célèbre Charles Baudelaire, qui a logé au château de Thozée en 1864.

Âgée, seule et sans descendance, Élisabeth Rops craignait de voir disparaître tous ses souvenirs à son décès. Sa rencontre avec le cinéaste namurois Thierry Zéno sera heureusement déterminante pour l’avenir et la préservation du château de Thozée, tombé dans un état de délabrement. Ensemble, ils auront l’idée de créer une fondation, dont Thierry Zéno deviendra l’administrateur délégué en 1993. Après le décès d’Élisabeth, la propriété a pu être classée comme monument historique de la Région wallonne. Dès la fin des années 90, et grâce au soutien du département du Patrimoine du SPW, de l’Institut du patrimoine wallon et de la Fondation Roi Baudouin, d’importants travaux de réfection y ont été entrepris.

Un lieu de création

Bien qu’elles ne soient pas encore terminées, quatre phases de lourdes rénovations ont déjà été réalisées : la toiture, le chauffage, la peinture des murs extérieurs, la remise aux normes de l’installation électrique, l’installation d’un système de sécurité, et la réfection totale de la tour-porche… Divers travaux intérieurs (peintures, tapisseries, éclairage…) doivent encore être effectués. Mais en plus de 18 ans de travail acharné, plus d’un million d’euros ont déjà été investis au château de Thozée.

Depuis environ six ans, Thozée accueille des artistes en résidence et des stages de gravure y sont organisés. Des activités initiées pour rencontrer les objectifs culturels et artistiques insufflés par Élisabeth Rops et Thierry Zéno. A savoir un côté plus muséographique, relatif au passé du château, mais aussi pour que Thozée reste un lieu de création, comme cela fut le cas pour Félicien Rops.

À la recherche de documents pertinents

La Fondation Félicien Rops est constamment à la recherche d’éléments relatifs au château de Thozée ou à la vie de Félicien Rops. Il peut s’agir de lettres, de documents administratifs ou officiels relatifs aux propriétaires ou transformations, des photos, des documents pertinents. Des éléments à transmettre via l’adresse suivante : marenard@hotmail.com

Plus de 20 ans consacrés au Fonds Félicien Rops

À partir de 1997, Thierry Zéno a entamé d’importants travaux au château de Thozée. Pendant plus de vingt longues années, le cinéaste namurois s’est consacré corps et âme à la restauration de la demeure des Rops à travers la Fondation Félicien Rops. Il en est même devenu l’administrateur délégué en 1993. Thierry Zéno s’est éteint le 7 juin 2017, au terme d’un long combat mené contre la maladie.

Il faisait tout

« Il s’occupait de tout, il était au four et au moulin. C’est lui qui alimentait le site web, qui gérait les dossiers de restauration, les demandes de subsides auprès de la Région wallonne… », se souvient son successeur et ami dévoué Michel Renard, à qui Zéno avait demandé de prendre la relève s’il venait à tirer sa révérence.

Michel Renard, et tous les autres membres du Fonds Félicien Rops poursuivront leur travail pour faire du château de Thozée un lieu accueillant pour tous les amoureux d’art désireux d’y laisser libre cours à leur créativité.

Une convention avec la FWB

Le dimanche 10 septembre marquera un moment important pour le château de Thozée et la commune de Mettet, qui concluront un PCDN (plan communal de développement de la nature). Le somptueux verger de Thozée sera ainsi mis à contribution lors d’activités à destination du public. « Je trouve que le verger appartient aux habitants », estime Michel Renard. Et ce n’est pas tout.

Le 28 juin 2017, le Fonds a signé une convention avec la Fédération Wallonie-Bruxelles. Un accord qui devrait permettre à la Fondation d’augmenter son offre d’activités culturelles et artistiques. « Certaines activités se faisaient déjà comme les stages ou les artistes en résidence, mais grâce à cette convention, nous allons pouvoir en augmenter la qualité et en proposer plus. Nous disposerons également de plus de budget pour les organiser », explique l’administrateur délégué du Fonds Félicien Rops. Dès l’année prochaine et une fois les abords du château sécurisés, Michel Renard espère pouvoir ouvrir le château au public durant les week-ends.

 
 
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