Charleroi: le CPAS allié à un supermarché pour des repas à petits prix

Dans cet article
La collaboration devrait concerner essentiellement des individus seuls ou des familles précarisées. © Belga.
La collaboration devrait concerner essentiellement des individus seuls ou des familles précarisées. © Belga. - BELGA.

A la base du projet de collaboration avec Colruyt, on retrouve le CPAS courtraisien. Bien vite, d’autres centres publics d’action sociale du pays ont suivi le mouvement comme ceux de Soignies, d’Hensies ou encore Tournai. Et Charleroi ne devrait pas tarder à les imiter. « Cela va très probablement se faire dans les prochaines semaines, le dossier est en train de se boucler », confirme Didier Neirynck, l’attaché en communication de l’institution. « Mais il n’est pas encore totalement fini. » Ce cas doit en fait encore passer devant le bureau permanent du CPAS, ce qui ne devrait pas poser de problème majeur.

Mais comment cela fonctionne-t-il exactement ? « De notre côté, nos services d’insertion sociale sensibiliseront une centaine de personnes à ce système. » Essentiellement des individus seuls ou des familles précarisées.

« Recettes simples »

Une fois inscrits, ceux-ci recevront comme tout un chacun une carte Xtra du magasin, sauf qu’elle donnera accès à des prix et des réductions différentes. Le but était de ne pas réaliser une carte spécifique, afin d’éviter toute stigmatisation.

« Par ailleurs, tous les quinze jours, Colruyt sort un petit livret avec des recettes de cuisine et les produits à acheter qui s’y rapportent. Grâce à la carte, une portion ne coûte qu’un, deux ou trois euros durant cette période. Cette dernière donne aussi droit à des bons cadeaux par exemple. »

Le livret contient également des conseils de préparation et des photos des aliments. « Il s’agit essentiellement de recettes simples qui nécessitent uniquement un équipement de base. »

Mais l’accompagnement ne s’arrête pas là… « Colruyt propose aussi une visite d’un magasin au cours de laquelle on apprend à décoder les étiquettes, repérer les bonnes affaires, etc. », expliquait encore Eric Massin, le président du CPAS en réponse à une question écrite à ce sujet lors du dernier conseil communal.

Bien évidemment, du côté du centre public d’action sociale, on rappelle que plusieurs actions dans la même optique existaient déjà. Par exemple, l’espace citoyen de Gosselies a mis sur pied un nouvel atelier sur la manière de cuisiner les denrées qui sont proposées dans les colis alimentaires, pour lesquels un énorme gaspillage était constaté.

Mais on ne peut que se réjouir de la nouvelle initiative et du partenariat public/privé pour la bonne cause.

Des retours positifs dans les communes participantes

À Soignies, le système existe déjà depuis quelques mois et tout le monde s’en félicite. « Nous effectuons régulièrement une évaluation et celle-ci est très positive », confirme Hubert Dubois (photo), président du CPAS local. « À la base, ce projet concernait uniquement les familles monoparentales avec plusieurs enfants. Mais le profil pourrait et devrait être élargi, par exemple à des personnes âgées avec une petite pension. Les retours sont en tout cas terriblement positifs jusqu’à présent. Chacun apprécie la discrétion du système en magasin. Par ailleurs, de notre côté, nous dispensons également des cours de cuisine. »

Du côté des bénéficiaires, l’accueil est, en effet, très bon. « Je ne faisais pas confiance au prix au début. Mais c’est vrai, c’est bien celui annoncé », lâche ainsi Sofie. « Par ailleurs, c’est une bonne chose que le livret, pour lequel je préfère largement un format papier à un support numérique, ne porte aucune mention du CPAS. C’est positif. »

Un des buts est, pour rappel, d’éviter toute stigmatisation et il semble pleinement rempli…

 
 
À la Une du Soir.be
À découvrir sur Le Soir +
 

Vos réactions

Règles de bonne conduite / Un commentaire abusif? Alertez-nous