Attentats en Catalogne: l’imam Es Satty était suivi pour radicalisme en prison

La façade de la mosquée de Ripoll où officiait l’imam Abdelbaki es Satty, cerveau des attentats de Catalogne ©Belgaimage
La façade de la mosquée de Ripoll où officiait l’imam Abdelbaki es Satty, cerveau des attentats de Catalogne ©Belgaimage

Une note interne prouve que l’imam Es Satty, le cerveau présumé des attentats de Barcelone et de Cambrils du 17 août, était surveillé pour « radicalisme salafiste » en prison. Son nom est apparu dans le « fichier interne pour un suivi spécial » (FIES), en particulier dans le groupe C, reprenant les prisonniers soumis à la radicalisation. C’est ce que rapporte ce jeudi le quotidien catalan Diari de Girona. L’imam, qui est décédé dans l’explosion de l’habitation d’Alcanar dans laquelle les terroristes fabriquaient du TATP, avait purgé une peine de quatre ans de réclusion pour trafic de drogue puis de six mois pour trafic d’êtres humains.

Quelques jours après les attentats de Barcelone et de Cambrils, il était apparu que l’imam avait également fait l’objet d’une procédure d’expulsion. Mais, comme le précisait un communiqué de la Justice espagnole, un juge avait annulé l’arrêté, estimant qu’Es Satty avait démontré des « efforts d’intégration dans la société espagnole ». En raison de son bon comportement durant son incarcération et l’absence d’indications claires de salafisme radical, aucun suivi n’avait été effectué. .

Pourtant, en 2005 déjà, l’imam avait fait l’objet d’une enquête menée par les services de renseignements en raison de son lien présumé avec des groupes affiliés à Al-Qaeda. Réagissant à cette nouvelle révélation du Diari de Girona, le juge en question a affirmé qu’il n’avait pas eu connaissance de cette information.

Quant au ministère de l’Intérieur, ajoute le quotidien, « il continue à soutenir que l’imam n’a jamais figuré dans ce fichier interne pour un suivi spécial  ».

Trafic de drogue

On apprend enfin que le tribunal pénal de Ceuta qui a condamné Es Satty dans le dossier de trafic d’êtres humains est le même que celui qui l’a envoyé en prison pour trafic de drogue. Le 1er janvier 2010, il s’était fait pincer au port de Ceuta en compagnie de trois frères marocains résidant à Cambrils. Mais surtout : avec pas moins de 121 kilos de haschich dans le coffre de la voiture qu’il conduisait.

Dans une première déclaration devant le juge d’instruction, il avait assuré que des menaces de morts avaient été formulées à l’encontre de sa famille. Qu’il n’avait pas eu le choix. Au cours du procès, il a cependant attribué ce témoignage à une mauvaise traduction de l’interprète et a admis les faits.

 
 
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