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Des nids insolites mais pas moins douillets pour les vacances

Les hébergements insolites connaissent un succès grandissant. Souvent, il leur est reproché un certain manque de confort. Les choses changent et un nouveau label va se charger de l’encadrement.

Reportage - Journaliste au service Société Temps de lecture: 5 min

Au fond d’un jardin, à Heyd, au calme et au milieu des bois surplombant l’entité de Durbuy, un immense cheval se dresse. Fier, il a la tête droite et campe bien sur ses jambes. Ni hennissements et ni ruades, par contre. Ce cheval est fait de bois, sorti qu’il est de l’imagination plus que fertile de Dominique Noël, un architecte épris d’aventure, de voyage et de retour à la nature. Des rêves que l’homme a souhaité faire partager au plus grand nombre en créant des chambres d’hôtes insolites, dont ce fameux cheval de Troie. Le nom de son établissement est déjà, à lui seul, tout un concept : La Balade des Gnomes.

Les gîtes ou chambres d’hôtes qui jouent la carte de l’insolite se multiplient en Wallonie. En surfant sur le net, le candidat au dépaysement se verra proposer de passer la nuit ou le week-end dans un tipi, à bord d’une péniche, dans une yourte ou encore dans une roulotte ou une bulle transparente à scruter les étoiles. Une offre qui, selon les exploitants, ne fait que répondre à une demande croissante pour ce type d’hébergements hors du commun.

Un voilier dans une chambre

Souvent, les reproches faits aux logements insolites portent sur le manque de confort ou d’équipements. Rien de tout ça chez les gnomes qui ont ouvert leurs portes voici douze ans. « Nous proposons 11 chambres aux thématiques différentes, en plus du cheval, explique Gilles, fils du propriétaire et créateur. L’une est inspirée du monde des trolls, l’autre de l’univers de Gaudi ou encore une autre de la lune. Mais mon père qui met six mois pour les réaliser veille à ce qu’elles disposent de tout le confort nécessaire à un séjour : bonne literie, douche, bain, WC, voire une petite cuisine. Certaines disposent même d’un bain à bulles. Menuiserie, ferronnerie, électricité et décoration, il fabrique tout lui-même. Quand c’est trop complexe, il fait appel à des artisans locaux. » Comme pour faire entrer un voilier dans l’une de ses chambres…

Les pensionnaires sont visiblement ravis. À l’image de David venu de Walcourt pour une nuit avec ses filles Léonie et Lison, âgées de 8 et 6 ans. « À cause du travail, je n’ai pas vu beaucoup mes filles cet été et je voulais partager un moment avec elle dans un endroit qui correspond à ma philosophie. Je suis très attiré par le retour à la nature, l’imaginaire et le féerique. J’avais entendu parler du lieu et j’y suis venu. Nous n’avons pas été déçus. Nous avons passé la nuit dans la casa Tireli Rela qui est une suite avec sauna et terrasse. Mais surtout, les filles ont dormi dans un lit installé dans une charrette. L’évasion et le dépaysement, nous les avons eus. Nous reviendrons. »

« Cette petite famille fait un peu figure d’exception, embraie Gilles. Notre public est habituellement constitué de couples qui cherchent un peu d’évasion dans un lieu magique. Les premières années ont été un peu difficiles. Les gens nous contactaient mais avaient un peu peur de l’insolite. Désormais, nous tournons à plein régime toute l’année. »

Un lit suspendu

Changement d’ambiance mais évasion et retour à la nature garantis aussi à quelques dizaines de kilomètres de là. Ancien banquier chez Fortis, Olivier Berghmans a tout plaqué pour changer radicalement de vie en créant les cabanes de Rensiwez, à Houffalize. « J’ai commencé par dessiner et créer des cabanes que je vendais en France, explique-t-il. J’ai alors constaté qu’il n’y avait pas beaucoup de zones de loisirs sauvages et belles chez nous. Surtout, il n’y avait pas encore de cabanes qui offraient tout le confort moderne. Je me suis donc lancé en louant d’abord un bout de terrain puis en l’acquérant. Désormais, je propose 20 cabanes à la location. Elles sont toutes différentes et très espacées les unes des autres. »

L’une d’elles est poétiquement baptisée Le Nid. « Le lit de 220 sur 220 est suspendu et accroché à une poutre. Le matelas est posé sur un nid que j’ai tissé avec des branches de noisetier. » Dessous, une baignoire en bois et un feu à pellets. « L’idée du site est vraiment d’opérer un retour vers la nature. » Et ça marche. « Nous fonctionnons très bien durant les vacances mais aussi durant les week-ends. Nous avons aussi un public de jeunes couples, de retraités et d’indépendants qui aiment venir se ressourcer chez nous toute l’année, même en semaine. »

Sur les rails

Au gîte La Gare, à Hombourg, dans l’entité de Plombières, c’est un autre public que Mireille Meyers cherche à séduire, celui des groupes. Dans un wagon-ambulance britannique de 1954 transformé en dortoir pour 22 personnes. Tout y est encore dans son jus, du moins en apparence. « Mon mari adore restaurer les choses, explique Mireille. Il y a une petite dizaine d’années, nous avons eu l’opportunité de racheter la gare et le petit hôtel qui lui fait face. Dans l’hôtel, nous avons créé un gîte alors que la gare est devenue une salle des fêtes. Mon mari est ensuite allé plus loin. Il s’est mis en tête de transformer ce wagon en dortoir pour les gens qui font la fête dans notre salle. Dans un autre wagon, il a créé une salle à manger et un salon. Dans une annexe, nous proposons une cuisine et, cerise sur le gâteau, les anciens WC sont devenus des douches. »

Depuis son ouverture, le wagon a déjà séduit des groupes de motards, des fêtards participant à des mariages ou à des enterrements de vie de garçons ou de jeunes filles. Une affaire qui se met doucement sur les rails…

 

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