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Looops redonne vie aux jouets

Créée en 2016, Looops recycle des jouets désaffectés. Les objets sont récoltés, rénovés et redistribués par l’association.

Temps de lecture: 4 min

Cest un peu grâce à mes filles, je dois l’avouer, que cette aventure est née. À mesure qu’elles grandissaient, je voyais les jouets s’accumuler et déborder dans toute la maison. Et comme j’ai toujours été curieuse de monter mon propre projet en lien avec l’économie circulaire, je me suis lancée ! » En nous ouvrant les portes de son atelier, qui lui aussi déborde de jouets, Magali Ronsmans, la fondatrice de Looops, nous raconte les débuts de cette curieuse association.

Looops est née de la volonté de dépolluer nos espaces et nos vies, en permettant à des jouets traînant dans les tiroirs et greniers de nos maisons d’être réutilisés par de nouvelles mains : « En Belgique, c’est en moyenne 242 euros par enfant que les familles dépensent chaque année en jouets, et lorsque l’on sait que plus de 80 % des jouets présents sur le marché belge ont été importés via des entreprises chinoises, il est inutile de faire le calcul pour avoir une idée de la pollution qu’engendrent ces peluches ou ces petites voitures ! », s’indigne Magali.

Après avoir été soutenu par Greenlab, le programme d’accélération à l’entrepreneuriat environnemental et à l’économie circulaire financé par la Région bruxelloise, l’avant-projet de Magali est devenu un projet et, en 9 mois, l’association était née, ne restant plus qu’à la baptiser : « Pourquoi Looops ? Simplement parce qu’avec des jouets, on ne se prend jamais au sérieux, et les trois “o” rappellent les “oooh” des enfants lorsqu’ils reçoivent un jouet tout en évoquant les boucles de l’économie circulaire. »

Les boucles de Looops sont formées de cinq étapes. La collecte est tout d’abord établie en entreprise, par l’intermédiaire de grosses caisses colorées dans lesquelles les salariés déposent leurs jouets, ou bien directement au local de l’association. Puis vient le tri : Looops sélectionne les jouets à envoyer chez L’Ouvroir, une entreprise de travail adapté chargée de les nettoyer et de les remettre à neuf. La troisième étape est celle de l’étiquetage : « Tous les jouets que nous récupérons sont labellisés Looops par une étiquette faite à partir de graines, par un processus écologique : rien n’est laissé au hasard ! », nous confie Magali. Les nouveaux jouets sont alors vendus ou donnés, selon les cas : « En plus de nos ventes habituelles, nous organisons ce que nous appelons des “Looops Market” dans des entreprises, où nous mettons en place un stand de jouets qui permet aux salariés d’acheter des jouets recyclés plutôt que d’aller en magasin. Mais nous avons également mis en place un système de location pour des particuliers ou des cabinets médicaux. Le principe est simple : on loue des packs adaptés à l’âge des enfants et, au terme de la location, si nous récupérons plus de 70 % des jouets en bon état, alors le second pack est loué à 50 % de son prix initial. » En bout de chaîne, les petites voitures reprennent leur route, les poupées sont remises en service, les mobiles éveillent de nouveaux yeux jusqu’à, encore une fois, ne plus servir… avant d’être repris par Looops.

Sensibiliser au recyclage

À ce jour, Magali a réuni une équipe de 5 personnes pour faire avancer le projet. En plus de gérer bénévolement le parcours de ces jouets, l’association organise des événements de sensibilisation au recyclage et au marché de second main. « Aujourd’hui, les collectes se font par elles-mêmes, les entreprises nous appellent pour nous proposer d’en organiser, mais nous avons encore du mal à écouler ceux déjà récoltés. Malgré l’enthousiasme dont font preuve les personnes que nous rencontrons, nous vivons dans une société où la culture du neuf est encore très présente et où il est difficile de se détacher de l’emballage comme unique source de qualité. Nous sollicitons les secteurs privé et public et espérons qu’à l’approche des fêtes de fin d’année, nous arriverons à organiser plus d’événements pour promouvoir le marché des jouets de seconde main », nous explique-t-elle.

Pour le futur, Magali souhaite sensibiliser toujours plus au niveau du recyclage et, via son association, montrer qu’il y a aussi des alternatives à la poubelle. Ainsi, Looops va bientôt rejoindre un réseau français de projets similaires, porté par l’association parisienne Rejoué, et lancer de nouvelles collectes dans les magasins Nature & Découverte de Bruxelles et Louvain-la-Neuve les 25 septembre et 29 octobre prochains. Il ne reste donc plus qu’une seule chose à faire : ressortir nos vieux jouets. Looops se chargera du reste !

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