Les étudiants sur la pénurie de médecins: «Les quotas ne reflètent pas les besoins de la population»

Les étudiants sur la pénurie de médecins: «Les quotas ne reflètent pas les besoins de la population»

Les réactions à l’enquête du Soir sur la pénurie de médecins continuent à pleuvoir… Après Ecolo qui appelle à une planification par bassins de soins, le Comité Inter Universitaire des Etudiants en médecine (CIUM) dénonce une fois encore l’absurdité de la situation : « D’ici 2025 en Belgique francophone, seuls 43 % des médecins partant à la pension seront remplacés, soit moins d’un médecin sur deux… Si on abolit toute forme de sélection ! Avec un filtre, on passe sous le seuil des 30 %. La pénurie existe déjà aujourd’hui et n’est que partiellement compensée par l’importation massive de médecins étrangers. Surréaliste quand on sait que quelque 400 étudiants reçus-collés se voient obligés de réussir l’examen d’entrée (NDLR : prévu pour ce vendredi) pour passer en 2e année ».

« C’est toujours avec la même colère que nous constatons l’immobilisme des politiques face à une situation aberrante pointée du doigt depuis plusieurs années », concluent les futurs médecins en formation, soulignant que l’enquête du Soir s’ajoute à une longue liste de mises en garde déjà formulées par le CIUM et plusieurs instances du secteur de la santé. Mais « malgré l’aggravation annoncée de cette pénurie, le gouvernement fédéral s’obstine à sélectionner les étudiants sur des bases faussées : la sélection avait été mise en place dans le but d’éviter un surcoût des soins de santé, partant du postulat qu’une offre abondante induit une surconsommation. Une hypothèse qui n’a pas été démontrée… Et les quotas fédéraux ne reflètent pas les besoins de la population belge, ainsi que l’a reconnu le Conseil d’Etat en 2016 ».

Attendre un rendez-vous deux fois plus longtemps

De son côté, le PS demande à Maggie De Block « d’arrêter de brader nos soins de santé », rappelant que la Ministre de la Santé Maggie De Block (OpenVLD) a décidé « d’augmenter le prix des médicaments, de faire des économies dans le secteur hospitalier et de réduire les honoraires des prestataires de soins de santé ». Et insiste : « Alors que le premier examen d’entrée en médecine aura lieu ce vendredi 8 septembre pour 4.200 étudiants inscrits cette année, seuls 607 numéros Inami seront délivrés en fin de cursus. Malgré les très nombreuses recommandations et demandes adressées à Maggie De Block pour revoir sa décision sur les quotas, la Ministre de la Santé publique n’a pas bougé d’un iota. Cela signifie que les francophones auront à attendre deux fois plus longtemps avant d’obtenir un rendez-vous chez un médecin généraliste. Une situation d’autant plus catastrophique dans les zones rurales, où dès aujourd’hui la pénurie de généralistes est avérée ».

Le CDH veut des tandems généraliste-infirmier

Le CDH, toujours dans l’opposition au fédéral, a réagi via sa députée fédérale et cheffe de groupe cdH à la Chambre Catherine Fonck qui, partageant le constat, propose de déterminer le nombre de numéros Inami en fonction des besoins sur base des calculs de la Commission de planification, « et pas sur une position idéologico-communautaire comme le gouvernement fédéral l’a fait en 2017 ». La députée estime qu’il faut « renforcer l’attractivité et faciliter l’exercice de la profession pour inciter les jeunes médecins à s’installer dans des régions déjà actuellement touchées par des pénuries et réformer l’organisation des gardes comme demandé par les acteurs de terrain, les gardes étant une véritable difficulté pour les médecins généralistes dans certaines régions et donc un frein pour s’y installer ». Pour Fonck, il faut mettre en place des systèmes de remplacement des médecins généralistes lors de leurs vacances ou lors de grossesses, par exemple par un pool de médecins généralistes remplaçants et permettre des tandems médecin généraliste-infirmier pour soutenir le médecin généraliste dans le suivi des maladies chroniques et la prise en charge de l’aspect social des patients. Enfin, il faut « imposer aux médecins étrangers européens des exigences de connaissance d’une de nos langues nationales, primordiale pour la relation patient-médecin, ainsi que des exigences de la qualité de leur formation ».

 
 
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