«Se faire artisan du patrimoine permet de forger une identité»

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Dans le cadre de la restauration de la statue de la liberté, Pascal Mulpas entend faire travailler de jeunes diplômés sous la coordination d’éminents artisans. © J.-P. D.V.
Dans le cadre de la restauration de la statue de la liberté, Pascal Mulpas entend faire travailler de jeunes diplômés sous la coordination d’éminents artisans. © J.-P. D.V. - J.-P. D.V.

Sa démarche est sociétale, après avoir été personnelle. Spécialisé dans la restauration des tableaux anciens, il est arrivé à l’âge où il a envie de transmettre sa passion. Suite à la demande de la ville de Wavre et avec l’aide d’Elvira Iozzi et d’Anne-Lise Janssens, il s’est lancé, via l’ASBL Vasari, dans le projet de rénover l’ancienne « statue de la liberté » pour la remettre sur la place Bosch. Et pour se faire connaître, il organise ce week-end le « Village des artisans du patrimoine » à l’abbaye de Villers, dans le cadre de la 29e édition des Journées du patrimoine. Entretien avec le Wavrien Pascal Mulpas, 55 ans.

Quel est votre objectif ?

Sauvegarder les biens et valoriser notre patrimoine culturel, qu’il soit matériel ou immatériel, mobilier ou immobilier, est le défi que nous nous sommes donné avec cette ASBL. Nous avons emprunté notre nom à Giorgio Vasari, un contemporain de Leonard Da Vinci considéré comme l’auteur du premier ouvrage sur l’histoire de l’art, dans lequel il utilise pour la première fois le terme de “Renaissance”.

Un terme approprié pour votre démarche ?

Je suis tombé par hasard dans la restauration de tableaux. Avec ma formation artistique, je me voyais plutôt travailler en ébénisterie. Mais, à vingt ans, je me suis retrouvé dans une voie qui m’a passionnée au point qu’en 1987, j’ai créé mon propre atelier, l’Espace 14e Art. Aujourd’hui, Vasari, c’est aussi “va” pour valoriser, “sa” pour sauvegarder et “ri” pour richesse patrimoniale. J’ai envie de permettre à des jeunes diplômés et des stagiaires en formation dans les métiers liés au patrimoine de faire leurs premières armes, encadrés par des professionnels aguerris.

En quoi est-ce important ?

Se faire artisan du patrimoine permet de forger une identité. Notre approche a fait ses preuves sur le chantier de restauration des façades du Musée provincial des Arts anciens du namurois, logé dans le magnifique Hôtel de Gaiffier d’Hestroy. Nous voulons la reproduire avec la « statue de la liberté », dont la pierre de Caen est fortement dégradée.

Comment allez-vous y arriver ?

En fédérant les volontés. Déjà, de nombreux habitants nous ont communiqué des photos anciennes qui permettent de se faire une idée de l’ensemble de la statue, dont on doit encore retrouver le socle. Toutes ces images vont pouvoir être scannées afin de modéliser l’ensemble en 3D. Important notamment pour refaire le bras droit manquant. On aimerait aussi valoriser le tout en enregistrant de courts témoignages de personnes qui ont connu cette statue et qui expliqueraient en quoi elle a été importante dans leur vie.

Et le financement ?

C’est la dernière partie du projet. Le budget a été estimé à 30.000 euros. Wavre en financera le tiers, à charge pour notre ASBL de trouver des mécènes, des sponsors et du financement participatif afin de procéder à la restauration d’une œuvre qui pourra ainsi reprendre la place qui lui revient.

Une découverte beaucoup plus physique

Par Jean-Philippe de Vogelaere

La particularité de la 29e édition des Journées du patrimoine qui se tiendra ces samedi 9 et 10 septembre tient au fait qu’elle permettra aux amateurs de découvrir le patrimoine par la marche à pied. Nous en avons retiré quatre circuits pour le Brabant wallon.

Balade sur la ligne 115 à Braine-l’Alleud. Les anciens se rappelleront peut-être encore du train qui parcourait cette ligne qui reliait Tubize à Braine-l’Alleud. Aujourd’hui déferrée, cette ligne 115 est ouverte à la balade. Dans le cadre du réseau Points-nœuds qu’elle vient de concrétiser, la Province du Brabant wallon a décidé d’organiser, samedi à 13 h et dimanche à 9 h, une balade pédestre de huit kilomètres entre Braine-le-Château et Braine-l’Alleud. Le rendez-vous est fixé à la gare de Braine-l’Alleud, un déplacement étant prévu en car jusqu’à la ligne. Réservations obligatoires au 010-23 62 93.

Circuit sur l’ancien vicinal Wavre-Jodoigne. L’office du tourisme de Grez-Doiceau vous propose ce dimanche à 14 h, un circuit guidé sur les versants accidentés de la vallée du Train. Une halte dans trois anciennes gares est prévue. Réservations obligatoires au 010-84 83 47. De même pour la location de vélos électriques.

Sur le chemin de Compostelle à Nivelles. C’est le pèlerinage à la mode. Et l’un des chemins qui mènent en Galice passe depuis des siècles par la cité aclote. Des circuits guidés vous sont proposés, samedi et dimanche à 10 h 30 et à 14 h par le Chirel, une association qui s’est donné pour but de préserver et de mettre en valeur les traces du passé religieux de la Province du Brabant wallon. Ce sera donc l’occasion de mettre ses pas dans ceux des pèlerins. Inscriptions au 0472-94 17 90.

Une gare perdue dans le XXIe siècle à Genval. Un circuit guidé entre passé et modernité. C’est ce que vous propose le Syndicat d’initiative de Rixensart, ces samedi et dimanche, à 14 h et à 16 h. Ce sera l’occasion de faire le grand saut entre une gare de style « villégiature », comprenant quelques éléments d’Art nouveau dans sa façade, et le chantier du Réseau express régional qui, selon les dires de l’ancien bourgmestre, feu Jean Vanderbecken, « défigure complètement nos villages ». Le circuit ira évidemment jusqu’aux anciennes papeteries. Inscriptions au 0478-27 68 16.

«Se présenter aux jeunes générations»

Par Jean-Philippe de Vogelaere

Pour exister, l’ASBL Vasari a décidé de faire de l’organisation du « Village des artisans du patrimoine » sa vitrine. Pascal Mulpas l’avait organisé seul l’an passé à la demande de l’Abbaye de Villers. L’initiative a eu un tel succès que la Province du Brabant wallon soutient l’opération cette année dans le cadre des Journées du patrimoine, ces samedi 9 et dimanche 10 septembre, de 10 h à 18 h.

« C’est le lieu de rêve pour ces journées qui sont réellement l’occasion de se présenter face à un public demandeur motivé et soucieux d’en savoir plus sur nos métiers et notre savoir-faire, explicite Pascal Mulpas. Nous avions attiré en 2016 un millier de personnes. Et, pour certains artisans, cela s’était même poursuivi par des opportunités d’affaires ! Cette année, le plus, c’est la volonté de présenter aux jeunes générations des débouchés professionnels qui seront promotionnés par des organismes ad hoc. »

Outre la présence de douze artisans, le Cefa de Tubize viendra avec ses élèves, ainsi que l’Ifapme de Limal, tandis que la Paix-Dieu (Institut du patrimoine wallon) présentera ses formations. Sans oublier les explications qui seront fournies par l’Association professionnelle des conservateurs et restaurateurs d’œuvres d’art.

 
 
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