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Grand Baromètre: bonne nouvelle, l’éthique est récompensée

Après la formation rapide d’un gouvernement wallon, un bric-à-brac politique durable s’est installé dans les autres entités fédérées francophones, où les notions même de majorité et d’opposition sont devenues poreuses.

Chef du service Politique Temps de lecture: 3 min

Le 19 juin, Benoît Lutgen lançait un appel d’une solennité qui ouvrait de grandes perspectives. «  Notre génération a le devoir de changer le cours des événements. » Trois mois plus tard, ce PS si spectaculairement honni gouverne encore à Bruxelles et à la Communauté française. Après la formation rapide d’un gouvernement wallon, un bric-à-brac politique durable s’est installé dans les autres entités fédérées francophones, où les notions même de majorité et d’opposition sont devenues poreuses. Et la Belgique francophone et flamande a assisté, médusée, à un festival d’invectives d’une gauloiserie inédite.

Le résultat de notre Grand Baromètre, quand il donne à lire la défaite du CDH, n’étonnera donc guère. Mais ne nous trompons pas. Il ne sanctionne pas Benoît Lutgen pour son désir de changement, que tout homme politique a le droit, et presque le devoir, d’incarner. Il fustige la manière, ce mélange d’impréparation, d’opportunisme et de conviction que l’opinion n’y verra que du feu.

Mais personne n’a été dupe. Le CDH, lui aussi mouillé dans les affaires, ne pouvait décemment incarner la bonne gouvernance. Et cela se paye chèrement. Ce sont finalement les formations vierges de compromission et jugées crédibles dans leur désir de changement, Défi et Ecolo, qui sont plébiscitées. Ne soyons pas naïfs s’agissant de Défi. Son charismatique président n’a pas toujours prôné la bonne gouvernance avec la même ferveur, et a vu habilement dans la maladresse de Benoît Lutgen un créneau porteur qu’il a su exploiter vite et bien.

Mais qu’importe : on peut se réjouir de la tournure des événements. D’abord, soulignons-le, les partis plébiscités aujourd’hui, et qui prônent une autre gouvernance, ne sont pas des extrémistes. Et l’éthique est devenue, plus que le communautaire, le sujet de réforme plébiscité par l’opinion. Il appartient aujourd’hui aux partis traditionnels et aux autres, de suivre la voie que semble leur indiquer l’opinion. L’intransigeance de Défi et Ecolo sur l’abolition des cumuls excessifs, des prébendes et de rémunérations outrageantes est la voie à suivre. Le MR, populaire et disposant aujourd’hui de nombreux leviers serait bien inspiré d’embrayer sans réserve.

En négatif, le PS doit prendre conscience de l’urgence de réformes radicales et sans tabou. L’affaire du Samusocial, bien plus encore que Publifin, est insupportable pour les Bruxellois et ils le disent haut et fort. Le désormais quatrième parti à Bruxelles aura tout à gagner à se réformer avec docilité.

Un sondage n’est qu’un sondage, dit-on, et les héros de septembre sont parfois les oubliés de novembre, mais un an après l’éclatement du scandale Publifin, la demande de moralisation survit et résistera sans doute encore un temps aux soubresauts de l’agenda politique. Profitons de l’instant.

Septembre 2017: Défi triomphe, le CDH dégringole

Le Grand Baromètre Ipsos-Le Soir-RTL-VTM et Het Laatste Nieuws révèle les enseignements de la crise politique.

Infographie - Chef du service Politique Temps de lecture: 2 min

Le grand gagnant de la crise politique auprès de l’opinion est Olivier Maingain et sa formation Défi, tandis que le CDH et le PS en payent les pots cassés. C’est ce qui ressort de notre Grand Baromètre national Ipsos-Le Soir-RTL-VTM et Het Laatste Nieuws.

• À Bruxelles, Défi fait un bond considérable : il passe de 9,3 % des intentions de vote à 18,4 %, soit un doublement de son score. Le PS, éclaboussé par l’affaire du Samusocial, dévisse, et passe de 18,1 % à 12,1 %. Le parti socialiste devient la quatrième formation bruxelloise, derrière le MR qui reste en tête (19,8 %), Défi (18,4) et Ecolo (12,3 %). De son côté, le CDH n’engrange aucun bénéfice de l’opération de son président, puisqu’il descend de 7,9 % à 5,8 %.

Défi est d’autant plus en forme que son président devient, pour la première fois, la personnalité la plus populaire à Bruxelles, devant Paul Magnette et Didier Reynders.

• En Wallonie, les mêmes tendances sont perceptibles, même si le PS limite légèrement la casse. Le parti d’Elio Di Rupo passe de 23,6 % à 20,7 %. Le PS perd sa place de premier parti wallon, que prend le MR, qui passe de 19,4 à 21,4 %. Et le CDH ? C’est la débâcle en Wallonie également, où le parti de Benoît Lutgen passe de 11,2 à 8,7 %. Le PTB poursuit sa progression, passant de 16,3 à 17,5 % et Ecolo monte également, en hausse de 1,5 point de pourcentage, à 12,7 %. Soulignons aussi la performance de Défi, qui passe de 2,8 % à 6,2 % en Wallonie, alors que ce parti n’y est pas représenté et ne dispose que d’un personnel politique limité.

Malgré la descente du PS, Paul Magnette reste la personnalité la plus populaire en Wallonie. Mais Olivier Maingain prend la deuxième place, devant Didier Reynders.

La crise politique amorce donc une recomposition du paysage politique, avec un MR en tête partout, un PS qui s’effondre et trois formations, Défi, Ecolo et le PTB qui progressent.

d-20170120-GDF30D 2017-01-23 18:23:26

Méthodologie

Cette vague de 2.388 répondants, formant des échantillons représentatifs des Belges de 18 ans et plus à raison de 960 en Wallonie, 959 en Flandre et 469 dans les 19 communes de la Région Bruxelles-Capitale, a été réalisée du 25 août au 3 septembre 2017. Les interviews ont eu lieu en ligne. La marge d’erreur maximale, pour un pourcentage de 50 % et un taux de confiance de 95 % est de +-3,2 en Wallonie, +-3,2 en Flandre et de +-4,5 à Bruxelles.

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