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Examen d’entrée en médecine: un inscrit sur dix ne se serait pas présenté

Depuis 7h30, 4.000 candidats se sont pressés au Heysel. 130 questions pour savoir s’ils pourront étudier ou non la médecine. Le stress est intense.

Reportage - Journaliste au service Société Temps de lecture: 4 min

Près de 4.000 candidats se sont présentés à l’examen d’entrée de médecine et de dentisterie ce matin au Heysel. Aucun incident n’a été constaté lors de l’accès aux différents halls remplis de milliers de tables et les épreuves sont en cours. Les files étaient impressionnantes dès 7h30 du matin alors que les épreuves ne débutaient effectivement qu’à 9h30. On saura en fin de journée le nombre exact de personnes qui se sont présentées, mais l’Ares (Académie de recherche et d’enseignement supérieur) qui organise l’épreuve estime à 10 % d’inscrits ceux qui ne se sont pas présentés.

Parmi ces inscrits, 2.900 étaient de nouveaux candidats, qui ne s’étaient jamais inscrits à rien. « Un chiffre très proche du Toss, un test obligatoire mais dont les résultats ne sont pas contraignants », souligne Julien Nicaise, administrateur de l’Ares. 1.100 étudiants proviennent d’un bac 1 mais ont échoué ou réussi mais n’ont pas été classés en ordre utile. Et notamment parmi eux 450 « reçus-collés ». « Il est plus que probable que ceux qui ont déjà réussi le niveau d’une année de médecine vont réussir une épreuve calée sur les acquis du secondaire supérieur », confie un membre du jury, composé de dix universitaires de haut niveau prélevé dans les 5 universités qui enseignent la médecine en communauté française.

Aucun résultat chiffré imposé au jury

Justement, le niveau requis, quel est-il exactement ? « Un Toss… renforcé, mais pas excessivement. Nous n’avons pas reçu d’instruction de faire un examen qui aboutisse à 400 ou 1.200 lauréats. Nous aurions d’ailleurs refusé la mission ». Et si 2.000 étudiants réussissent ? « Ce sera un problème politique, mais ce ne sera pas le nôtre ». Mais on sent bien que l’hypothèse paraît improbable. Seuls points de comparaison, la Flandre, où 27 % des candidats réussissent l’examen, mais avec des écarts de 10 à 40 %, ce qui prouve bien que la vérification d’un niveau de connaissances préalables n’est pas un exercice si aisé que cela…

Sur les 4.000 inscrits, 3.500 le sont pour la médecine, 500 pour la dentisterie, mais l’examen est le même. Il y a un jeu de questions jaune et un autre bleu, mais ce sont les mêmes questions présentées dans un ordre différent, histoire qu’on ne puisse pas se tuyauter sur la question 12 en allant aux toilettes.

Le dispositif de surveillance est impressionnant, un surveillant pour douze candidats. Les prestataires de service qui ont décroché le marché ont engagé des « surveillants », sans doute des étudiants, pour empêcher toute triche. Le silence est également impressionnant dans les palais du Heysel, où de grands écrans distillent l’heure et les dernières consignes, alors que des responsables de la sécurité circulent en vélo d’un palais à l’autre. L’épreuve est un questionnaire à choix multiple qui sera dépouillé de manière optique.

20 % de non-résidents

Un étudiant sur cinq est non-résident, et la moitié provient de France. Le taux maximum admis est de 30 %. « Il semble que l’option de l’examen ait découragé un certain nombre de Français qui, auparavant, pouvaient s’inscrire sans filtre en première année ».

Les épreuves prendront fin à 17h. Une sortie anticipée est prévue à partir de 15h30. Toute sortie antérieure aboutit à l’annulation de l’épreuve. Certains sont clairement venus « pour voir », afin de mieux préparer une deuxième épreuve dans un an. Mais d’autres ont travaillé depuis un an sur la matière probable de cet examen. « J’ai travaillé chaque week-end, pris des cours particuliers de chimie, payé 600 euros pour un cours en petit groupe, passé tout l’été à préparer », témoigne Sophie, dont le stress s’est soudainement éloigné : « Hier, c’était terrible, maintenant, je sais qu’il faut y aller ». On croise autant des « reçus-collés », déjà étudiants de médecine, pas si rassurés quand même, que de jeunes rhétoriciens issus de filières peu scientifiques. « J’ai découvert des parties de programme que je n’avais pas vu à l’école », témoigne Aurore. « Le plus dur est de se préparer à une épreuve que jamais personne n’a jamais passée, les anciens ne peuvent pas nous tuyauter ».

En tout cas, la féminisation de la profession était manifeste à l’entrée du Heysel : les fouilles étant séparées selon le sexe, la file des filles s’allongeait sur des centaines de mètres, quand les hommes ne devaient attendre que quelques minutes pour entrer dans l’enceinte sécurisée du Heysel. La pluie, bonne fille, a attendu que tous les candidats soient entrés avant de se déchaîner…

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1 Commentaire

  • Posté par Petitjean Charles, vendredi 8 septembre 2017, 15:21

    Bien triste société qui matraque ainsi des jeunes dont l'idéal généreux s'inscrit dans la perspective d'une aide aux malades et aux plus faibles. Est-il possible que nous décapitions ainsi leur enthousiasme sous de fallacieux problèmes de financement ? Ces jeunes vous cracheront un jour à la figure pour les avoir ainsi méprisés et piétinés. Et vous l'aurez mérité !

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