Accueil Belgique

Ce qu’on sait des fuites des questions du CESS

Le cabinet Milquet s’est réuni en urgence lundi en fin d’après-midi. L’examen de français, organisé lundi, est validé. L’examen d’histoire, prévu ce mardi, a été annulé.

Journaliste au service Politique Temps de lecture: 4 min

C’est le rêve de tous les potaches : dénicher les questions de l’examen avant l’examen. Mais si l’affaire se sait, ça fait pschuit… Et c’est exactement ce qui s’est passé avec les épreuves du CESS (Certificat de l’enseignement secondaire supérieur) que nos quelque 60.000 élèves de 6e secondaire passaient lundi (en français) et ce mardi (en histoire).

Calibrons bien l’affaire, d’abord. Le CESS est une épreuve standard, conçue par le ministère, et qui s’impose à toutes les écoles. Exactement comme le CEB de fin de 6e primaire. Mais le CEB couvre l’essentiel des matières (français, maths, sciences, histoire, géographie). Et réussir cette épreuve fait réussir la 6e primaire. Le CESS, lui, est très partiel. Il ne porte que sur les disciplines français et histoire. Et, encore : il ne teste qu’une compétence – l’exercice de synthèse. Pour les autres compétences, l’école organise ses évaluations librement, de façon autonome, de façon traditionnelle.

Que s’est-il passé ?

Deux choses. Des élèves ont eu vent du thème qui a été proposé, lundi, à l’épreuve de français – la littérature belge – et l’info s’est propagée à la vitesse que l’on devine sur les réseaux sociaux, Facebook singulièrement. Beaucoup plus ennuyeux : les questions du test d’histoire ont carrément été éventées. On apprenait ainsi que l’épreuve de ce mardi devait consister en une analyse de documents et un exercice de synthèse sur le thème du terrorisme qui a frappé l’Allemagne et l’Italie dans les années 70 et 80. On comptait demander aux élèves de vérifier si les mesures prises par ces deux pays pour combattre le terrorisme ont mis en danger, ou non, le fonctionnement démocratique de ces deux Etats. Tout a fuité : le thème, la question et les documents qui devaient être analysés par les élèves (on appelle ça le « portefeuille de documents ».)

Réunion de crise

A l’issue d’une réunion de crise, rassemblant cabinet et administration, lundi après-midi, Joëlle Milquet (CDH) a tranché. La ministre de l’Education a décidé de valider l’épreuve organisée lundi – seul le thème à travailler a été divulgué (la littérature belge, donc) et on a jugé que l’impact de la fuite était donc assez mince.

L’examen d’histoire, lui, sera annulé. Tout a été balancé (thème, question, documents…) ce qui biaise totalement l’épreuve.

Encore une fois, calibrons l’affaire : ce n’est qu’une compétence qui était visée par le CESS (synthétiser) et les écoles, de façon autonome, ont testé (ou vont tester) librement les autres compétences (communiquer, critiquer, etc.).

Il reste à trancher la question de savoir comment les écoles vont tester la compétence « synthétiser » en histoire. Va-t-on inventer une nouvelle épreuve ? Laisser les écoles l’organiser ? Laisser… couler en autorisant les écoles à produire une cote pour les élèves en se basant sur les travaux et évaluations de l’année ? Le cabinet médite encore l’affaire. Une réponse sera livrée ce mardi.

Presse-papier01.jpg

Il reste « la » question : qui est à l’origine de ces fuites ?

Si ce sont des élèves qui ont propagé l’affaire sur les réseaux sociaux, la fuite ne peut être attribuée qu’à l’administration (qui conçoit les épreuves et les communique aux directions) ou à un chef d’école.

Selon le cabinet, les documents ont été envoyés dans les établissements le 5 juin. Et les directions ne peuvent remettre les documents aux enseignants que le matin même de l’épreuve.

Si des documents ont été remis aux enseignants plus tôt, la fuite pourrait être imputée à un professeur. Mais, encore une fois, la direction est en faute – elle ne pouvait distribuer les documents avant l’heure.

Lire aussi : En France et ailleurs, la triche 2.0 se multiplie (abonnés)

Plainte contre X

Qui a fait fuiter les questions ? On l’ignore. Et pour quelle raison ? On l’ignore aussi.

Il peut s’agir d’une pure maladresse, d’une gaffe. Il pourrait s’agir aussi d’un acte volontaire, destiné à saboter une épreuve qu’un directeur (ou un enseignant) aurait jugée trop simple.

En tout état de cause, Joëlle Milquet dénonce « l’irresponsabilité des auteurs de ces fuites » et annonçait lundi soir qu’elle déposera plainte contre X « sur la base de la violation du secret professionnel. Aussi, elle a exigé de l’administration qu’elle « organise d’autres méthodes de transmission désormais sécurisées. »

Le fil info

La Une Tous

Voir tout le Fil info

0 Commentaire

Aussi en Belgique

Voir plus d'articles

Allez au-delà de l'actualité

Découvrez tous les changements

Découvrir

À la Une

références Voir les articles de références références Tous les jobs