Accueil Société Régions Hainaut

«Une femme sur quatre victime d’agressions sexistes dans l’espace public»

L’enquête a donné lieu à l’analyse de 405 témoignages récoltés en Wallonie et à Bruxelles. 98 % des répondantes disent avoir déjà subi le sexisme dans l’espace public.

Temps de lecture: 3 min

Si depuis 2014, une loi permet de sanctionner les gestes et les comportements à caractère sexiste commis dans l’espace public, les chiffres en démontrent l’inefficacité.

Dans une enquête menée en Wallonie et à Bruxelles qui a touché les quatre grandes villes du Hainaut, 98 % des répondantes déclarent avoir déjà été victimes de sexisme dans l’espace public. Mais très peu ont déposé plainte. A Charleroi par exemple, un seul dossier a été ouvert en 2016, selon le porte-parole de la zone de police David Quinaux. « Et encore : la plainte émanait d’une policière qui s’était fait insulter lors d’une intervention : il y avait donc un auteur clairement identifié, des faits et des témoins, ce qui n’est que rarement le cas en pratique. » Et pour cause : la charge de la preuve incombe à la victime, elle n’en a quasiment jamais les moyens.

Violence insidieuse au quotidien

A Charleroi-Thuin, la régionale de Vie Féminine invite les acteurs associatifs à venir prendre connaissance des résultats de l’étude, lors d’une matinée de présentation qui sera suivie d’un débat (le mardi 26/09 au centre culturel l’Eden). Ce type de violences s’exerce au quotidien de manière insidieuse : dans la rue, dans les transports en commun, au travail, dans les cafés, lors de soirées, sur les réseaux sociaux. « Pour en objectiver la nature et l’ampleur, notre mouvement a collecté des témoignages dans tous les milieux. Nous avons davantage visé le qualitatif que le quantitatif », explique Christiane Hoouthoofdt, secrétaire régionale à Charleroi Thuin. L’analyse a été opérée à partir de 405 témoignages valides, entre janvier et mars. A l’origine de la démarche : « Les réalités de vie de jeunes femmes fréquentant nos collectifs », selon Pauline Legros, animatrice « jeunes femmes » de Vie Féminine à Charleroi-Thuin. « A partir de remontées d’infos, notre réseau de vigilance contre le sexisme a initié et coordonné un large appel aux témoignages. Une répondante sur trois était âgée de 18 à 35 ans, ce qui correspond au public cible de nos collectifs. Notre enquête a été menée en ligne mais aussi via des formulaires papier, pour toucher un public diversifié », poursuit l’animatrice. Le phénomène du sexisme est courant : 48 % des participantes disent le subir régulièrement. Accostées à l’arrêt de bus, sifflées dans la rue, insultées en sortant du boulot ou de l’école, suivies en rentrant de soirées, harcelées sur Facebook, victimes d’attouchements dans le métro, filmées à leur insu à la piscine, les femmes expriment leurs ressentis en termes d’humiliation, de stress et de colère, avec de la culpabilité (lire ci contre). « Le sexisme se présente comme l’huile dans les rouages de l’engrenage infernal des violences faites aux femmes », affirme Christiane Houthoofdt. « Il s’agit bien d’un rapport de pouvoir où les auteurs imposent leur domination et leur contrôle. »

Au total, une femme sur quatre dénonce des agressions physiques (attouchements, exhibitions, mains aux fesses, etc.). Pour la secrétaire, « la culture du viol se présente comme une pyramide : à la base, il y a les petites choses insignifiantes du quotidien. Des petites choses qui renforcent et banalisent les stéréotypes sur les femmes, alimentent l’escalade et favorisent le passage à l’acte. »

Le fil info

La Une Tous

Voir tout le Fil info

0 Commentaire

Aussi en Hainaut

Voir plus d'articles

Allez au-delà de l'actualité

Découvrez tous les changements

Découvrir

À la Une

références Voir les articles de références références Tous les jobs