Matthieu Dewèvre (UCM) : « La période d’essai, c’est plus simple et moins cher qu’un CDD »

Un accord a été conclu avec le gouvernement en juillet 2017 restaurant la période d’essai. La durée du préavis connaîtra aussi quelques changements par rapport à la situation actuelle. Matthieu Dewèvre, conseiller au service d’études de l’UCM nous livre tous les détails.

Pourquoi revenir à la période d’essai ?

Matthieu Dewèvre : « Cette mesure répond à la demande d’un très grand nombre d’indépendants et de chefs de PME, plus de 9 sur 10 selon une étude que nous avons réalisée en juillet 2015. En fait, la suppression de la période d’essai a entraîné une baisse de l’embauche. C’est pourquoi nous avons entamé des débats pour la réinstaurer. Nous avons finalement obtenu le retour de la période d’essai. »

Quand cette mesure sera-t-elle effective ?

M.D. : « L’accord doit être rédigé sous forme d’un véritable texte de loi, suivi d’un certain nombre d’avis de la part des partenaires sociaux et du Conseil d’Etat pour enfin passer par la phase parlementaire. Elle devrait entrer en vigueur en 2018. »

Quelle sera la durée de cette période d’essai ?

M.D. : « Elle portera sur 6 mois. C’est surtout la durée du préavis qui sera différente par rapport à la situation actuelle. Aujourd’hui, lorsqu’une entreprise licencie un employé, le préavis est de 2 semaines durant les 3 premiers mois et 4 semaines durant les 3 mois suivants. En 2018, ce sera 1 semaine les 3 premiers mois, puis 3 semaines pour une ancienneté de 3 à 4 mois, 4 semaines pour une ancienneté de 4 à 5 mois et enfin 5 semaines jusqu’au 6e mois. »

Est-ce une volonté de reconnaître à l’employeur un droit à l’erreur ?

M.D. : « Il s’agit en effet d’un point important et fortement relayé dans les médias. Dans une petite structure, il n’existe pas de possibilités de travailler avec un service RH ou d’évaluation préalable à l’embauche. La seule possibilité est d’observer, au quotidien, si la personne convient ou pas, ce qui est l’idée même de la période d’essai : s’engager dans une relation de travail et pouvoir mettre fin au contrat si nécessaire, sans que ce ne soit trop défavorable ni pour l’employeur ni pour le travailleur. » « Nous avons constaté que, depuis la disparition de la période d’essai, les PME favorisaient les CDD et l’intérim, alors surtout préconisés dans les plus grosses structures. Mais un CDD appelle un nombre de procédures que tous les employeurs ne maîtrisent pas aisément. Il nous paraît beaucoup plus simple et beaucoup moins cher de passer par une période d’essai avec un contrat qui ne change pas au bout de 6 mois si la situation convient. Si le retour de la période d’essai est marqué par ce changement de préavis, à savoir 7 jours durant les 3 premiers mois, il s’agit bien d’une période de 6 mois avec un préavis qui augmente à partir du 4e mois. C’est un avantage pour les travailleurs en fin de période puisque jusqu’ici ils ne bénéficiaient que de 4 semaines de préavis contre 5 en 2018. »

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