Un package salarial plus flexible satisfait les salariés de Novartis

Parce que les besoins de vos employés se modifient avec le temps et ne sont pas du tout monolithiques, offrir un package salarial flexible permet à votre entreprise de se montrer innovante et très attractive. Mieux : cette flexibilité n’a pas son pareil pour rendre les employés heureux !

De nos jours, un package salarial se compose d’un salaire fixe que l’entreprise agrémente, suivant les cas, d’avantages complémentaires : primes, bonus, voiture de société, GSM, PC, assurance groupe, assurance hospitalisation, etc.. Parce que notre société du travail est très régulée et régie par de très nombreux accords collectifs, ces avantages, si on excepte les primes et les bonus liés aux résultats, sont souvent offerts en bloc, sans vraiment tenir compte des besoins réels des employés. Alors que la flexibilité est de plus en plus demandée aux travailleurs, l’entreprise ne l’est guère en termes de salaire. Or, si l’on en croit les dernières études (voir encadré), le Belge rêve de pouvoir flexibiliser son package salarial suivant ses besoins. Il souhaite aller plus loin que les plans cafétéria qui ont fleuri ces temps derniers. Fastidieux à mettre en place ce package salarial flexible ? Impossible à instaurer vu la régulation ? Que nenni ! Novartis Pharma, depuis quatre ans, a décidé de jouer à fond la carte de la flexibilité.

« Tout a commencé en 2013 avec cette fameuse norme salariale équivalente à zéro, explique Pierre Leman, Head Human Resources chez Novartis Pharma. On aurait pu dire « ce n’est pas de notre faute » et ne rien faire. Mais nous avons opté pour une double réflexion : comment faire face de façon créative à la régulation de plus en plus dure afin de maintenir la satisfaction de nos employés ? Et comment proposer de l’innovation sociale ? Soit être cohérent en tant qu’entreprise pharmaceutique qui demande de l’innovation tous les jours à ses collaborateurs. La réponse ? La flexibilité générale des salaires ! »

Des avantages renouvelables, ou pas, chaque année

Avec l’aide de leur secrétariat social, Pierre Leman et ses équipes ont mis au point un système intitulé « Flexible Income Program » (FIP). Une plateforme qui permet aux employés, chaque année, de personnaliser leur salaire. Le FIP n’est pas obligatoire. Adhère qui veut…

« Dans le FIP, nous jouons sur les deux équilibres essentiels : le temps et l’argent, poursuit Pierre Leman. Il faut voir cela comme un shopping que nous ouvrons chaque année pendant dix jours en février. Chaque employé participant a accès à une plateforme internet individualisée et dispose d’un portefeuille pour faire ses achats. Ce portefeuille est plus ou moins garni suivant la fonction exercée. Il est alimenté par les bonus, le programme de référence qui permet à un employé de recevoir une prime s’il nous aide à recruter, les congés ou les primes liés à l’ancienneté, la voiture de société. Que peut-il choisir d’autre ? Des jours de congé supplémentaires, des allocations familiales extralégales, à raison de 50 euros par enfant libres d’ONSS, une carte essence avec un tarif corporate négocié pour Novartis pour ceux qui n’ont pas de voiture de société, un upgrade de leur GSM de société comme un iPhone, par exemple. Il peut aussi financer sa part dans l’assurance groupe ou prendre une assurance hospitalisation complémentaire pour les enfants. Enfin, il peut moduler sa voiture de société. Et surprise : tous ont choisi un modèle plus petit soit pour s’offrir des options supplémentaires, soit pour acheter des jours de congé avec l’argent économisé. »

Dans le FIP, le salaire fixe n’entre pas en ligne de compte. Toutefois, pour répondre à un besoin, Novartis a décidé de créer un système hybride que l’on active aussi dans la plateforme. Les employés continuent de prester à temps plein mais peuvent s’acheter des jours de congé supplémentaires moyennant une réduction de salaire. 5 % pour 11,5 jours, 10 % pour 23 jours. Ces jours de congé doivent obligatoirement être pris en période de vacances scolaires.

« Cette demande venait de nos commerciaux, confie Pierre Leman. Impossible pour eux de faire du temps partiel mais, par contre, leur charge de travail diminue fortement quand les médecins sont en congé. Certains de nos employés peuvent ainsi prendre un mois et demi de congé pendant les grandes vacances. Je précise que tous ces avantages, sauf la voiture de société, sont renouvelables chaque année, en fonction des besoins réels des employés. »

Un fabuleux outil pour garder et attirer les talents

Lancé voici quatre ans, le FIP rencontre un beau succès chez Novartis Pharma. Une bonne moitié des 350 employés y adhère. Mieux même, un tiers du personnel évolue désormais dans le système hybride. Une communication permanente et une transparence totale sont à la base de ce succès. « Je ne fais pas cela pour gagner de l’argent, note Pierre Leman. Pour l’entreprise, le FIP se fait à coût salarial neutre. Mes employés savent exactement ce que nous faisons. Ils connaissent la valeur d’un jour de congé, de chaque catégorie de voiture, etc.. Ils peuvent simuler sans enregistrer leur choix et essayer plusieurs formules avec leur portefeuille. Et chaque année, le menu évolue. Plus le magasin est achalandé, plus il a de clients non ? La loi Peeters sur le travail faisable et maniable devrait nous permettre d’étoffer le menu. Mais nous n’y mettrons jamais le 13e mois ou le pécule de vacances car ce n’est pas individualisable et je ne souhaite pas d’approche collective. » Le FIP de Novartis est aisément transposable dans d’autres entreprises belges. Programmer les options demande du travail, pas le volume des employés qui y participent. Dans un milieu très compétitif comme la pharma belge, ce package salarial flexible apporte de nombreux avantages.

« Pour l’instant, il n’est d’application que chez Novartis Pharma, conclut Pierre Leman. Nous verrons si nous l’étendons à Sandoz et à Alcon. Depuis quatre ans, la satisfaction de nos employés quant à leur salaire a littéralement explosé. Mon objectif est que les collaborateurs soient contents de travailler chez nous et puissent se concentrer sur leur travail. J’ai l’impression qu’ici, ils ont leur carrière, leur salaire et leur horaire en main. Cela n’a pas de prix. Et donc, ce FIP est un excellent outil de rétention mais aussi un beau moyen de se singulariser quand nous devons attirer des talents rares… »

 

Le salaire flexible ardemment souhaité

Populaire le package salarial flexible ? Selon le benchmark biannuel de Securex, spécialiste en ressources humaines, 71 % des employés belges souhaitent pouvoir composer leur package salarial selon leurs besoins.

Les employés désirent davantage de flexibilité, particulièrement en ce qui concerne la voiture de société, les congés extralégaux et les bonus. Selon cette même enquête auprès d’un échantillon de 1.522 personnes, cette opportunité n’est toutefois offerte qu’à 1 employé sur 6. Dans une autre enquête menée auprès de 1.000 personnes par Robert Half, le spécialiste du recrutement, le package salarial flexible ferait aussi changer d’emploi. Près de 4 salariés belges sur 10 y déclarent qu’ils quitteraient probablement leur travail actuel si on leur offrait un emploi similaire avec un package salarial flexible.

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