La tour Brunfaut, symbole du durable

La tour sera élargie et un pont sera créé en hauteur afin d’alléger la structure. © D.R.
La tour sera élargie et un pont sera créé en hauteur afin d’alléger la structure. © D.R.

Vidée de ses habitants, la tour Brunfaut à Molenbeek n’est plus que l’ombre d’elle-même. Cela fait des années qu’elle doit être entièrement rénovée. Témoin d’une architecture des années 60, elle fut pourtant un symbole de la modernité. Et c’est justement cette fonction que souhaite lui redonner l’architecte en charge du projet, Daniel Dethier. « Je crois que la tour Brunfaut peut devenir un symbole de développement durable. D’ailleurs, nous avons été élus bâtiment exemplaire, ce qui nous a permis de recevoir un gain assez important. »

Pour remporter ce marché, le cabinet a dû répondre à un concours lancé par le Foyer molenbeekois, propriétaire de la tour. Grâce à ses références et notamment la rénovation de 434 logements sociaux à Liège, Daniel Dethier a remporté le marché. « C’est un projet passionnant. La tour Brunfaut représente l’avenir des problématiques liées à la densification de la ville et à l’urbanisme moderne. De plus, faire une rénovation passive dans un quartier déjà très dense est un défi supplémentaire. C’est pour cette raison que nous avons choisi d’imposer la préfabrication de nombreuses pièces afin qu’il n’y ait pas des camions de béton pendant des mois devant les fenêtres des habitants du quartier. »

La tour comptait 99 logements et il était hors de question, pour le Foyer molenbeekois, d’en avoir moins. Seulement, les normes de superficie ont changé. « Nous avons décidé de surélever l’édifice, explique l’architecte. A l’époque, on a construit à l’économie. Pour ajouter des étages, nous avons dû élargir la structure pour que les fondations supportent le poids des matériaux. En réalité, c’est comme si nous avions donné des béquilles à un homme qui porte un enfant sur son dos. »

Les 17 étages de la tour se transformeront donc en 21 étages plus une toiture accessible au public. Elle sera aménagée pour accueillir un potager urbain. En tout, 98 appartements sont prévus ainsi que des salles communes utilisables en cas de fêtes privées, par exemple. « L’immeuble va aussi redevenir un emblème du quartier. Lors de sa construction, l’architecte avait voulu qu’elle se voie. Au fil du temps, elle a été englobée dans le paysage. Ici, comme elle fera 69 mètres de haut, elle va redevenir un phare pour le quartier. »

Elle sera ainsi entièrement désossée. En effet, plus rien n’est aux normes de bruit ou encore de sécurité incendie. Seule la structure métallique sera maintenue. Une attention particulière a été portée à l’isolation et à l’étanchéité. Il a fallu également rester dans des tarifs abordables puisqu’il s’agit de logements sociaux. En tout, 15 millions d’euros hors TVA ont été prévus.

Dans cette enveloppe sont également prévus les travaux d’aménagement des abords extérieurs. L’esplanade sera maintenue et améliorée. « Nous allons mettre des bancs et de la végétation afin de créer un lieu convivial. Les petites terrasses et jardins d’hiver de l’immeuble ne suffisent pas à créer de la convivialité, qui est indispensable en cas de densité. En même temps, nous avons conçu des espaces dans lesquels il sera impossible de se cacher pour effectuer des dégradations ou des incivilités. »

«Le projet de réhabilitation a fait l’objet de nombreuses réunions entre l’association La Rue, l’architecte et les habitants pour qu’ils puissent avoir le cadre de vie souhaité. Le permis d’urbanisme a aussi été délivré. D’ici le mois prochain, les offres pour le maître d’ouvrage auront été réceptionnées et si tout se passe bien, le chantier pourrait débuter au début de l’année prochaine. Il devrait durer deux ans avec un minimum de nuisances. La maquette du projet sera présentée pour la première fois lors de la conférence « European Parlement Gypsum Forum» organisée par Eurogypsum et European builders confederation ce 27 septembre au parlement européen.

L’AIS de Molenbeek gère deux fois plus de biens

Par Isabelle Anneet

En cinq ans, la MAIS, l’agence immobilière sociale La Molenbeekoise, a doublé le nombre de biens qui lui sont confiés en gestion. « Au 31 décembre 2012, nous avions 136 logements. Aujourd’hui, nous sommes à plus de 350 biens », précisent Karim Majoros (Ecolo), échevin du logement et président de la MAIS, et Léonidas Papadiz (MR), conseiller communal et trésorier de la MAIS. En 2016, le parc locatif de la MAIS a connu un gros boom avec l’arrivée de 123 logements en gestion.

Un boom que Karim Majoros et Léonidas Papadiz expliquent de plusieurs façons. « L’agence immobilière sociale est arrivée à maturité. De plus, nous avons pu compter sur le réseautage via la commune, le CPAS ou encore des associations logements comme Bonnevie, La Rue ou ALMK. Le syndicat des propriétaires a aussi rejoint le conseil d’administration. De plus, nous luttons de plus en plus contre l’insalubrité et contre les marchands de sommeil. La MAIS permet, pour le propriétaire, de mettre son bien en état sans trop de frais grâce à des primes importantes à la rénovation. »

Une autre explication est l’effet démographique. « Cela se remarque surtout dans le quartier Mettewie où des personnes ont acheté un bien il y a 40 ou 50 ans. Aujourd’hui, elles sont âgées et vont dans un home. Il arrive alors que le bien soit mis en gestion à la MAIS », souligne Karim Majoros.

Pour faire face à cette augmentation de biens pris en gestion, la MAIS a d’ailleurs déménagé dans des locaux situés au boulevard Léopold II. Des locaux qui seront inaugurés ce mercredi. Pour rappel, une agence immobilière sociale gère des biens que des propriétaires privés lui confient.

430 euros pour un studio

Le propriétaire est garanti d’avoir son loyer tous les mois. L’agence immobilière sociale se charge des travaux de rafraîchissement entre deux locataires. Le locataire dispose, lui, d’un loyer à prix modéré. L’AIS se charge de la différence. « Pour un studio, le propriétaire va toucher un loyer de 430 euros tandis que le locataire ne paiera que 130 euros. La différence est financée par la MAIS via des subsides », précise Karim Majoros.

Sur les 350 logements que compte la MAIS, 80 (5 % d’entre eux) se situent à Molenbeek. 16,5 % dans les communes limitrophes de Molenbeek et 3 % dans d’autres communes de la Région bruxelloise.

91 logements via le projet Ekla

Actuellement, le projet Ekla est en construction du côté de la gare de l’Ouest. Un promoteur immobilier prévoit de construire 183 nouveaux logements. Dans les négociations pour l’obtention du permis d’urbanisme, la commune de Molenbeek et la MAIS ont réussi à négocier que 91 logements soient mis directement en gestion auprès de l’agence immobilière sociale de Molenbeek et ce pour un mandat de 27 ans.

« C’est une belle opportunité pour nous car ce sont des logements neufs qui vont venir gonfler le nombre de logements que nous avons déjà en gestion », commentent Karim Majoros, président de la MAIS, et Léonidas Papadiz, son trésorier.

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