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Faire ses courses «zéro déchet»

Un style de vie qui en est « au début de la vague », selon ses promoteurs Thomas Moreau et Vanessa Thomas. Le Centre culturel du Brabant wallon tient à le promouvoir au cours d’une fête « Semons des possibles ».

Journaliste de la cellule wallonne Temps de lecture: 3 min

Les non initiés seront tout de suite interloqués ou émerveillés, c’est selon, par les différentes sortes de nouilles, de noix, de quinoas, de lentilles ou de riz entreposés dans des réservoirs en pyramide inversée. L’endroit est lumineux, moderne, bien loin de l’image que présentaient autrefois les magasins bios. Ici, tout a été pensé pour permettre aux citoyens qui le désirent de s’adonner à un nouveau style de vie qui prône le zéro déchet.

Thomas Moreau et son épouse Vanessa Thomas, âgés respectivement de 31 et 29 ans, sont représentatifs de la clientèle qui découvre leur magasin GraspHopper – subtil jeu de mots anglais désignant à la fois une sauterelle, le bio, le réservoir et l’espoir à saisir –, ouvert depuis six mois à la nouvelle place André Hancre, en haut de la chaussée de la Croix. Sauf qu’ils n’ont pas encore d’enfants.

C’est sur base de leur propre expérience qu’ils ont peaufiné pendant deux ans leur projet d’épicerie, allant jusqu’à lancer un financement participatif qui leur a permis de récolter 11.000 euros. Ce qui a rendu possible, après avoir retiré les charges et les dons en contrepartie, d’acheter un moulin à café professionnel et une balance bien utile pour peser aussi bien les contenants que les contenus. Ce qui permet aux clients de ne payer que le poids réel demandé. C’est même possible pour certaines épices dont on n’a besoin que trop rarement. L’on ne doit donc pas acheter tout un pot comme dans une grande surface classique.

« Comme on a préféré la solution de l’achat du magasin qu’on occupe, car c’est financièrement plus rentable à long terme, on pensait arriver trop tard avec notre projet, nous commente Thomas Moreau . Je constate cependant qu’on en est encore qu’au début de la vague. Beaucoup de gens veulent se mettre au zéro déchets et viennent nous trouver pour voir comment y arriver. Je leur dis d’y aller doucement, produit après produit, pour que les habitudes s’installent peu à peu et que la démarche ne soit plus considérée comme une contrainte. Nous avons cette responsabilité-là dans le mouvement de la transition. »

Le couple habitait autrefois à Bruxelles et devait faire, le samedi, jusqu’à quinze magasins différents pour aller au bout de leur démarche. C’est donc tout naturellement qu’il a peaufiné un projet global, allant du vrac au pain et légumes et fruits bios et de saison, donc locaux le plus possible, en passant par les produits d’hygiène corporelle – jusqu’aux serviettes réutilisables – et pour l’entretien ménager.

« On a même dû convaincre certains fournisseurs de ne plus nous livrer des marchandises dans des contenants plastiques, prévient Thomas Moreau. Dans ce secteur-là, on en est encore qu’à 99,9 % de la démarche, pour des questions d’hygiène et de conservation des produits. Pour le reste, il faut aussi expliquer que notre magasin n’est pas zéro déchets. Les emballages en carton sont cependant recyclables, ainsi que les bouteilles. On ne produit que 60 litres d’emballages plastiques par semaine et 30 litres de déchets verts, qui vont au compost. »

En six mois, l’épicerie a déjà pu fidéliser 1.420 clients différents. Le couple ne vit pas encore des ventes, mais peut déjà compter sur l’aide de Nicolas, le frère de Thomas Moreau : « Je ne suis pas spécialement en faveur des idées libérales du Premier ministre Charles Michel, mais il faut avouer que, sans les mesures pour l’emploi prises par son gouvernement, on n’aurait jamais pu se permettre un tel engagement. »

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