Faire ses courses «zéro déchet»

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Nicolas a déjà pu être engagé par son frère Thomas Moreau et sa belle-sœur Vanessa Thomas. © J.-P. D.V.
Nicolas a déjà pu être engagé par son frère Thomas Moreau et sa belle-sœur Vanessa Thomas. © J.-P. D.V.

Les non initiés seront tout de suite interloqués ou émerveillés, c’est selon, par les différentes sortes de nouilles, de noix, de quinoas, de lentilles ou de riz entreposés dans des réservoirs en pyramide inversée. L’endroit est lumineux, moderne, bien loin de l’image que présentaient autrefois les magasins bios. Ici, tout a été pensé pour permettre aux citoyens qui le désirent de s’adonner à un nouveau style de vie qui prône le zéro déchet.

Thomas Moreau et son épouse Vanessa Thomas, âgés respectivement de 31 et 29 ans, sont représentatifs de la clientèle qui découvre leur magasin GraspHopper – subtil jeu de mots anglais désignant à la fois une sauterelle, le bio, le réservoir et l’espoir à saisir –, ouvert depuis six mois à la nouvelle place André Hancre, en haut de la chaussée de la Croix. Sauf qu’ils n’ont pas encore d’enfants.

C’est sur base de leur propre expérience qu’ils ont peaufiné pendant deux ans leur projet d’épicerie, allant jusqu’à lancer un financement participatif qui leur a permis de récolter 11.000 euros. Ce qui a rendu possible, après avoir retiré les charges et les dons en contrepartie, d’acheter un moulin à café professionnel et une balance bien utile pour peser aussi bien les contenants que les contenus. Ce qui permet aux clients de ne payer que le poids réel demandé. C’est même possible pour certaines épices dont on n’a besoin que trop rarement. L’on ne doit donc pas acheter tout un pot comme dans une grande surface classique.

« Comme on a préféré la solution de l’achat du magasin qu’on occupe, car c’est financièrement plus rentable à long terme, on pensait arriver trop tard avec notre projet, nous commente Thomas Moreau . Je constate cependant qu’on en est encore qu’au début de la vague. Beaucoup de gens veulent se mettre au zéro déchets et viennent nous trouver pour voir comment y arriver. Je leur dis d’y aller doucement, produit après produit, pour que les habitudes s’installent peu à peu et que la démarche ne soit plus considérée comme une contrainte. Nous avons cette responsabilité-là dans le mouvement de la transition. »

Le couple habitait autrefois à Bruxelles et devait faire, le samedi, jusqu’à quinze magasins différents pour aller au bout de leur démarche. C’est donc tout naturellement qu’il a peaufiné un projet global, allant du vrac au pain et légumes et fruits bios et de saison, donc locaux le plus possible, en passant par les produits d’hygiène corporelle – jusqu’aux serviettes réutilisables – et pour l’entretien ménager.

« On a même dû convaincre certains fournisseurs de ne plus nous livrer des marchandises dans des contenants plastiques, prévient Thomas Moreau. Dans ce secteur-là, on en est encore qu’à 99,9 % de la démarche, pour des questions d’hygiène et de conservation des produits. Pour le reste, il faut aussi expliquer que notre magasin n’est pas zéro déchets. Les emballages en carton sont cependant recyclables, ainsi que les bouteilles. On ne produit que 60 litres d’emballages plastiques par semaine et 30 litres de déchets verts, qui vont au compost. »

En six mois, l’épicerie a déjà pu fidéliser 1.420 clients différents. Le couple ne vit pas encore des ventes, mais peut déjà compter sur l’aide de Nicolas, le frère de Thomas Moreau : « Je ne suis pas spécialement en faveur des idées libérales du Premier ministre Charles Michel, mais il faut avouer que, sans les mesures pour l’emploi prises par son gouvernement, on n’aurait jamais pu se permettre un tel engagement. »

Semons des possibles «Besoin de changer le monde»

Par Jean-Philippe de Vogelaere

Une journée pour fêter la transition et les initiatives citoyennes en Brabant wallon, intitulée « Semons des possibles » (1) est organisée par le Centre culturel du Brabant wallon ce dimanche 17 septembre, de 10 h à 17 h, au Lycée Martin V à Louvain-la-Neuve. L’entrée est gratuite. Entretien avec le coordinateur de la journée, Serge Morciaux, un Orp-Jauchois de 55 ans.

Une manière de surfer sur la vague ?

Ou plutôt de l’accompagner ! Ce projet s’inspire évidemment beaucoup du film “Demain” qui a ouvert bien des yeux, mais notre idée, nous l’avions déjà bien avant. Avec les différents mouvements d’éducation permanente, dont la mission est d’étudier le besoin ressenti par d’aucuns de changer le monde, que ce soit sur le plan écologique, qu’économique ou social, il nous est apparu important de mettre en lumière les initiatives existantes. Cela a seulement mis un peu plus de temps que prévu pour se concrétiser. L’objectif recherché est évidemment de faire comprendre, comme le dit aussi implicitement le titre de la fête, que “ce monde est possible ».

Que proposez-vous ?

L’ADN de la journée repose sur une “donnerie” ou une “grafiteria” comme d’autres le disent, où cours de laquelle chacun pourra donner ou emporter ce qu’il souhaite. Il y aura également un Repair Café pendant lequel on pourra faire réparer des objets cassés, du jouet à l’aspirateur. Enfin, une auberge espagnole est prévue. Ceux qui apporteront ne fût-ce qu’une salade pourront manger gratuitement. Pour les autres, il faudra s’acquitter de 5 euros (2 euros/enfant).

Du concret donc !

Oui et cela se poursuit avec un jeu et trois ateliers. L’ASBL Le Talent, qui promeut la monnaie locale du même nom qui sera d’ailleurs en vigueur cette journée-là, proposera ainsi un jeu familial intitulé “Qui tire les ficelles” sur les mécanismes économiques. Nature et Progrès permettra aux amateurs de fabriquer du pain, tandis que le collectif des Maisons de jeunes assurera le pressage de pommes. Chacun peut emporter les siennes pour en faire du jus. Enfin, Vie Féminine animera un atelier sur l’autonomie économique des femmes.

Et s’il pleut dimanche ?

Qu’on se rassure ! Sauf pour les balades à la découverte des plantes sauvages comestibles, dans un habitat inclusif ou sur les traces des utopies dans le quartier du Biéreau ou à la Baraque, toutes les activités ont lieu dans l’école, sous des préaux ou dans une yourte.

(1) Tout le programme est disponible sur le site Internet www.semonsdespossibles.be.

Des ateliers pour expliquer la démarche

Par Jean-Philippe de Vogelaere

Comment faire soi-même ses produits naturels d’entretien à base de bicarbonate de soude, de savon de Marseille et d’eau ? Comment préparer au mieux des légumineuses ? Ou encore se fabriquer ses propres sacs de vrac ?

La particularité de GraspHopper, l’épicerie de Thomas Moreau et de Vanessa Thomas, c’est d’expliquer la démarche non seulement dans le magasin pour faire comprendre pourquoi on ne trouve pas tous les produits toute l’année, mais aussi par l’organisation régulière d’ateliers.

« On nous a demandé de prendre part à la fête “Semons des Possibles”, mais nous avions déjà prévu d’organiser notre propre fête le dimanche 24 septembre, de 12 h à 17 h, en face du magasin, explicite Thomas Moreau. Il y aura des travaux pratiques, des ateliers divers et même la présence du nouveau groupe “ZeD” pour zéro déchet, de Louvain-la-Neuve. »

 
 
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