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Liège Métropole adopte un projet de territoire

Habiter près des gares, freiner les centres commerciaux, développer la production agricole locale… Onze enjeux, quatre ambitions pour les 20 prochaines années. Un manque important : un cadre réglementaire régional.

Temps de lecture: 3 min

Mettre fin à la concurrence entre communes, avoir une vision partagée du territoire en matière de logements, de mobilité ou de commerces.

Les bourgmestres des vingt-quatre communes et la députation provinciale réunis au sein de « Liège Métropole » ont adopté le schéma de développement territorial. Une épaisse brique fruit d’une analyse fouillée réalisée par le bureau Pluris et d’un consensus politique.

Il revient à présent aux conseils communaux de s’emparer du document qui, dans les prochains jours, sera également soumis à l’avis des citoyens. C’est en tout cas ce que promet le président de LM, Gilly Demeyer.

Le processus d’adoption doit être large, les nuances doivent pouvoir s’exprimer. Après, nous devrons harmoniser les textes communaux et nous espérons toujours un cadre réglementaire de la Région et la création d’une Agence de développement territoriale pour concrétiser ce consensus politique. En voici les grandes lignes politiques.

45.000 nouveaux logements à répartir. L’étude menée par le bureau Pluris estime que l’arrondissement de Liège aura besoin de 45.000 nouveaux logements d’ici 2035. Les vingt-quatre bourgmestres ont décidé de rééquilibrer la répartition face à un scénario « au fil de l’eau » où la construction de logements se fait principalement en périphérie, dans la deuxième couronne. Cet équilibrage prévoit 15.000 nouveaux logements à Liège-Ville, 15.000 dans la première couronne et 15.000 autres dans la deuxième couronne.

« Si on ne fait rien, cela engendre des coûts importants pour la mobilité et le cadre de vie. Il faut une densification qualitative, réhabiliter les friches et tenir compte des transports en commun », plaide Frédéric Daerden, bourgmestre de Herstal (PS).

Maximun 85.000 m2 de nouvelles surfaces commerciales. En matière de nouvelles surfaces commerciales, la tendance actuelle est de construire 30.000 m2/an pour un besoin réel estimé de 4.300 m2 supplémentaires.

Le risque de développement de friches commercial est donc bien réel. Les bourgmestres veulent fixer à 85.000 m2 de surfaces commerciales sur 20 ans en interdisant les nouveaux complexes de plus de 10.000 m2.

« Un développement commercial maîtrisé pour favoriser le commerce de proximité plutôt que l’offre des centres mammouth », résume Laurent Burton, bourgmestre de Chaudfontaine (MR).

Réaffecter 600 ha de friches industrielles. D’un côté, 610 ha de sites économiques désaffectés à l’instar des 320 ha de friches sidérurgiques d’ArcelorMittal. De l’autre, un besoin estimé de 700 ha dans les 20 prochaines années.

Les bourgmestres veulent recycler 30 ha de friches économiques par an. « Pour cela, il faut affronter le coût de dépollution et la conservation des traces du passé industriel »,déclare Alain Mathot, bourgmestre de Seraing (PS).

Mobiliser 100 ha par an pour la production locale agricole. Aujourd’hui, la population liégeoise (moyenne wallonne) ne consomme qu’environ 20 % de produits locaux. La ceinture Aliment-terre ambitionne d’arriver à 50 %.

Pour cela, il faut mobiliser des terres pour l’agriculture locale alternative en relation directe avec les agriculteurs traditionnels. Cela pourrait créer jusqu’à 5.000 emplois. Les bourgmestres réunis au sein de Liège Métropole veulent que, d’ici 20 ans, 100 ha soient voués à la production locale de denrées alimentaires.

A terme, l’ambition est que 10 % du territoire soit dédié à ce type d’agriculture. « Nous voulons enrayer la perte des terrains agricoles et participer à la création de la ceinture Aliment-terre à partir d’initiatives maraîchères. Cela apporte de la cohésion sociale, un respect du sol, des prix rémunérateurs et la création d’emplois locaux », explique Josly Piette, bourgmestre de Bassenge (CDH).

Au-delà du consensus politique affiché, ces beaux principes ne seront d’actualité que lorsqu’ils seront traduits dans un cadre réglementaire ou qu’ils seront « respectés » par les différents opérateurs publics ou privés qui mènent des opérations impactant le territoire.

 

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