Barrières anti-poids lourds à Seraing

Tour de France à Liège, Fêtes de Wallonie, Fieris Féeries à Seraing : face à la menace d’un attentat via l’utilisation d’un poids lourd, les communes disposent des big-bags remplis de sable ou des blocs en béton en guise d’obstacle. «  Des dispositifs qui ont leurs faiblesses », estime Yves Hendrix, le chef de corps de la zone de police Seraing-Neupré qui pointe notamment les opérations de manutention.

Un nouveau système anti-intrusion vient d’être certifié pour l’Europe et les USA. Une barrière qui utilise l’énergie cinétique du poids lourd pour perforer le moteur et ainsi contraindre l’engin à l’arrêt définitif. «  Lors du crash-test, un camion de 7,5t lancé à 48 km/h s’est arrêté complètement après 26 mètres », explique Marc Weissberg, CEO de la société bruxelloise Pitagone qui fabrique ces barrières.

C’est un ingénieur liégeois expatrié à la Rochelle qui a conçu le système basculant et les ergots qui pénètrent dans le châssis pour détruire les entrailles du véhicule. Assemblés à Anderlecht dans une entreprise de travail adapté, les éléments des barrières sont fabriqués par une série de sous-traitants à Liège, en Flandre et dans le Hainaut. Depuis la certification, le carnet de commandes a explosé (lire ci-contre). Actuellement, 400 modules de ces barrières (85 cm de large) sont en service en Belgique.

«  Nous allons lancer un marché dès cette année pour en acheter une dizaine. Par la suite, nous allons réaliser un achat partagé avec Neupré et la zone de police Seraing-Neupré », explique le bourgmestre de Seraing Alain Mathot, dont les services de police sont intéressés par le dispositif. «  Ce type de barrière mobile est relativement léger – un module pèse 50kg – et peut être monté rapidement. Nous pouvons aussi les utiliser pour des contrôles routiers. Cela me paraît un outil fort utile », explique le chef de zone Yves Hendrix.

À Liège, l’avis reste plus mitigé. «  En dépit du coût en main-d’œuvre relatif à la manutention opérée par le service des travaux, le big-bag reste bon marché, simple et efficace », explique Marc Minet, le chef de cabinet du bourgmestre qui prévoit les dispositifs de sécurité lors des multiples manifestations organisées sur l’espace public liégeois. «  Face à la menace permanente, nous sommes en train de réfléchir à l’adaptation des moyens et la configuration des manifestations. Il serait contre-productif de tomber dans une surenchère de type ligne Maginot. Il vaut mieux parfois disposer autrement les véhicules des ambulants sur un marché que mettre des big-bags de sable. Suite aux attentats de Barcelone, nous réfléchissons également à une modification des aménagements urbains pérennes, sur les places et à l’entrée des piétonniers ».

Big-bag ou barrière : la protection contre l’intrusion de poids lourds est en constante évolution même si le risque zéro n’existe pas. Par contre, la prolongation de la menace pourrait bien renforcer des sociétés comme Pitagone et ses sous-traitants.

Succès à visée planétaire

La société bruxelloise Pitagone vient de signer un contrat de 85 modules de ses barrières perforantes avec la Ville de Malmö. «  Nous avons des contrats en vue importants aux USA mais aussi dans toute l’Europe », explique Marc Weissberg qui a longtemps travaillé en Israël dans le domaine de la sécurité. «  Pour notre première année de certification, nous avons écoulé 3.000 pièces (NDLR : 1.450 euros prix catalogue) et nous devrons arriver à 5.000 d’ici à la fin de l’année. Notre carnet de commandes s’élève déjà à 10.000 pièces pour 2018. Notre limite se situe au niveau de la capacité de production de nos sous-traitants », poursuit le CEO de Pitagone. «  Notre sous-traitant wallon établi dans le Hainaut nous suit très bien, nous allons pouvoir grandir avec lui ».

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