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Nivelles: Sophie Sterck reprend les rênes du tribunal de première instance

La Brabançonne connaît tous les rouages de l’arrondissement. Son objectif est de réinsuffler un esprit de corps. Par contre, elle refuse la médiatisation des juges à la télévision.

Entretien - Journaliste de la cellule wallonne Temps de lecture: 4 min

Elle a connu le barreau avant la magistrature. Et pendant son stage, avant d’être nommée juge correctionnelle, elle a passé quinze mois au parquet, six mois à la police judiciaire, dans une zone de police locale et à la protection de la Jeunesse, et quinze autres mois au siège où elle a appris la manière de rédiger des jugements. Tout cela ne pouvait que l’amener à postuler au poste de présidente du tribunal de première instance. Entretien avec Sophie Sterck.

Une justice éclatée aujourd’hui en cinq sites…

En plus de la vétusté de certains bâtiments, c’est, en effet, une des difficultés de travailler dans l’arrondissement de Nivelles. Le Palais I pour les séances correctionnelles et les bureaux du parquet ; la rue de Soignies pour les sections “civil” et “famille” et l’administration du tribunal ; les Portes de l’Europe pour la section “jeunesse”. Sans oublier le Palais II pour le tribunal de commerce, le tribunal du travail et la justice de paix, tandis que les pièces à conviction sont entreposées dans le zoning.

À quand une réunification de l’ensemble au Palais II ?

C’est toujours annoncé pour 2020. Je suis de ceux qui préfèrent être optimistes. Cela permettra de réaliser des économies, mais aussi de réinsuffler un esprit de corps. En travaillant tous sur un même site, on pourra réinstaurer des mécanismes de solidarité, notamment pour des remplacements entre services en cas de personnes absentes.

Le cadre est-il complet ?

Le tribunal de première instance doit normalement compter 27 juges, mais on n’arrivera jamais à ce nombre. Nous en sommes à 23 pour l’instant, et bientôt 22 suite à un départ à la pension. Sans oublier les détachements à la cour d’appel. Mais ici aussi, je suis optimiste, car pour une place vacante, j’ai 8 candidats. Cependant, dès lundi, je vais rencontrer tous mes collègues afin de discuter avec eux de la manière dont nous allons devoir nous organiser.

Déjà des idées ?

Dans le plan de gestion d’une cinquantaine de pages que j’ai rédigé pour poser ma candidature, j’ai déjà démontré que la justice était en mutation avec un nombre décroissant d’affaires civiles d’année en année. La justice coûte cher depuis l’instauration de la TVA sur les honoraires des avocats. Cela en décourage plus d’un. Même chose pour les droits de greffe, même si l’on a pour l’instant fait marche arrière sur ce point. Enfin, il y a toute la question de la correctionnalisation des crimes. Trois affaires ont déjà suivi ce chemin. Avec succès, me semble-t-il.

Qu’en est-il de l’arriéré judiciaire ?

On peut dire qu’il n’y en a pas dans l’arrondissement de Nivelles. Quand je reprends les tableaux des affaires en cours, je découvre qu’il reste des temps de plaidoirie dans les prochains mois. A la limite, les procédures accélérées que l’on met souvent en place en été ne sont plus nécessaires. Personnellement, je pense que certains justiciables ont parfois besoin de temps, qui pour remettre de l’ordre dans sa vie, qui pour retrouver du travail. Ce dont on doit tenir compte dans les jugements. Evidemment, certaines personnes auront toujours besoin d’une sanction immédiate afin d’enrayer le processus dans lequel elles se sont engagées.

Difficile de juger ?

C’est un pouvoir, mais c’est surtout un service public. Il est important de pouvoir expliquer, aussi bien aux parties civiles qu’aux prévenus, ce dont il est question. Il faut aussi faire en sorte que chacun se sente traité sur un pied d’égalité. C’est une partie du métier que je vais garder, avec les séances de la troisième chambre correctionnelle tous les mardis matin.

Et la médiation ?

Très importante et de plus en plus appliquée. Dans des matières comme le droit de la famille, on arrive à de meilleurs résultats en se mettant autour d’une table. Même chose pour les peines alternatives qui peuvent avoir un réel impact. Mais je pense que, dans les cas les plus graves, la justice a besoin d’un certain décorum et des sanctions plus lourdes, comme l’enfermement, afin de protéger la société.

Allez-vous accepter des caméras dans les prétoires ?

J’ai déjà été sollicitée par deux fois pour l’émission “Face au juge”, mais j’ai décliné après avoir pris l’avis de mes collègues. Je pense qu’en ne reprenant que certaines parties de ce qui se passe et se dit dans un tribunal, on tronque quelque peu la réalité. Et je n’ai pas envie de verser dans la téléréalité. Globalement, je ne suis d’ailleurs pas favorable à la médiatisation des juges. Par contre, si j’accepte ce genre d’interview, c’est plus dans un but pédagogique. La justice, ce n’est pas un jeu. C’est tout le contraire puisque c’est un moment de recherche de la vérité.

 

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