La Cheval Godet prête au galop

Le Cheval Godet, qui a donné son nom à la nouvelle bière de Belgo Sapiens Brewers, est le cheval qui fait partie de la ménagerie des géants de Nivelles. Un appel du pied au marché local. © V.F.
Le Cheval Godet, qui a donné son nom à la nouvelle bière de Belgo Sapiens Brewers, est le cheval qui fait partie de la ménagerie des géants de Nivelles. Un appel du pied au marché local. © V.F.

Dans le passé, Nivelles était notamment réputée pour sa production de bière, et pour le grand nombre de brasseries installées en ville ou dans les alentours immédiats. L’Archiduc fait partie de la légende aclote mais la brasserie Duvieusart, qui la produisait, a définitivement fermé ses portes en 1956. La confrérie Jean de Nivelles a ressuscité cette fameuse Archiduc, qui n’est malheureusement plus produite à Nivelles, à l’instar d’une série d’autres bières – une demi-douzaine – élaborées par des Aclots qui prolongent malgré tout cette tradition brassicole. Cependant, depuis 2015, une brasserie opère à nouveau depuis Nivelles. Dans le zoning Sud, Belgo Sapiens Brewers produit la Colonel Arch (une ambrée), la Polarius (une pils blonde), la Blanche de Thines (une blanche sans agrume) et la P’Tit Granit (un Porter).

« Après trois ans d’expatriation au Canada, je voulais créer une brasserie avec des amis, explique un des fondateurs, Damien Demunter. J’ai pensé à Soignies, d’où je suis originaire, mais aucun endroit ne convenait. On a exploré du côté de Wavre : on n’a trouvé aucun interlocuteur. Nous avions une piste à Namur… mais c’était hors de prix. Et quand on est arrivé à Nivelles, on a tout de suite été bien accueillis. Et voilà… »

En 2016, Belgo Sapiens a brassé 3.900 hectolitres et réalisé un chiffre d’affaires d’un peu plus de 620.000 euros. Cette année, le planning de brassage est complet et le chiffre d’affaires devrait bondir de 15 %. Six personnes sont à l’œuvre dans les installations de la rue du Travail, et une nouvelle cuve devrait arriver en novembre. Bref, ça marche plutôt bien et des palettes de bière « made in Nivelles » partent pour la France, l’Italie, l’Espagne et même Hong Kong. Pour marquer les deux ans d’ouverture de la brasserie, Belgo Sapiens Brewers vient de lancer une nouvelle gamme, avec l’objectif de séduire… localement. C’est que pour l’instant, la réponse de l’horeca en terre aclote est plutôt timide.

Damien Demunter reconnaît que les bières actuelles de Belgo Sapiens, bien que typées, ne sont pas forcément très « belges ». Avec la « Cheval Godet » – le nom du cheval de la ménagerie des géants aclots –, ça devrait changer : il s’agit d’une triple, la première de la brasserie, brassée avec trois céréales, quatre malts, de la cassonade et quatre houblons. Elle bénéficie d’un dry hopping au Polaris, le houblon (allemand) amenant l’amertume à laquelle tiennent les fondateurs. « Son nez est à la fois végétal et frais tout en étant accompagné d’arômes subtils et épicés de fermentation, expliquent les spécialistes. Sa bouche est chaude, très légèrement capiteuse, avec une belle longueur d’amertume. »

Présentée pour la première fois au public ce samedi à l’occasion du festival des bières artisanales organisé sur la Grand-Place de Nivelles, la Cheval Godet sera bientôt produite en quantité. On verra dans quelques mois si elle fait galoper les amateurs locaux…

La cannette a une mauvaise image… injustifiée

Par Vincent Fifi

Une des particularités de Belgo Sapiens Brewers est de proposer toutes ses bières non seulement en bouteilles et en fûts, mais aussi en cannette. Une démarche rare dans le monde des microbrasseries et pourtant Damen Demunter estime que ce type de contenant a beaucoup d’avantages, malgré une mauvaise image – en termes de qualité du contenu notamment – bien implantée dans le cerveau du consommateur belge. « Tout d’abord, la bière craint la lumière, laquelle la dégrade : ce n’est pas pour rien que toutes les bouteilles en verre sont teintées. Avec l’aluminium, on résout le problème, explique-t-il. Et il est plus facile de rafraîchir une canette. Les canettes sont également plus légères et plus résistantes, donc moins coûteuses en termes de transport. Et d’un point de vue écologique, il faut moins d’énergie pour recycler l’aluminium que pour recycler le verre. »

 
 
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