Les crimes de haine ont augmenté aux États-Unis depuis l’élection de Trump

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Les crimes de haine (tout crime qui cible des personnes selon leur origine, leur couleur de peau, leur religion, leur sexualité ou leur handicap) ont connu une augmentation de 5 % aux États-Unis entre 2015 et 2016, et les premiers chiffres disponibles pour l’année 2017 semblent montrer une tendance similaire, selon un rapport du Centre d’étude de la haine et de l’extrémisme de l’Université d’État de Californie, publiée par le Huffington Post. Le rapport établit également un lien entre ces crimes et l’arrivée au pouvoir de Trump.

Des données impressionnantes

Les premières données montrent une augmentation importante du nombre de crime de haines dans les 10 plus grandes villes américaines : +20 % à Chicago, +24 % à New York, +15 % à Los Angeles, +50 % à Philadelphie et +62 % à Washington D.C, pour une augmentation générale de 5 %. À noter que les crimes de haine visant les Musulmans ont augmenté de 67 % au niveau national.

La deuxième partie des données montre l’évolution des crimes de haine au niveau des États, représentant en tout une hausse de 5 %. Certains nombres sont plus qu’impressionnants, l’Indiana enregistrant une hausse de 123 %, le Minnesota 27 %, le Michigan 22 % et l’État de New York 20 % (à noter que certains États connaissent une baisse, comme c’est le cas du Tennessee, -30 %).

Un lien avec Trump ?

Une fois ces nombres établis, le professeur Brian Levin, qui a réalisé cette étude, a décidé de voir si cette augmentation pouvait être mise en relation avec les élections américaines. « Ce qui est si particulier avec 2016 – à l’exception du Midwest, c’est qu’il y a clairement un pic important pendant la période de l’élection présidentielle. Je n’avais jamais vu un tel pic de toute ma carrière professionnelle », explique Levin.

Ainsi, Los Angeles a connu une augmentation de 29 % pendant le dernier quadrimestre de 2016. Le nombre de crimes de haine a quintuplé pendant les deux semaines autour de l’élection à New York et leur nombre a explosé au mois de novembre en Californie, pour ne citer que quelques chiffres. Il faut dire que la rhétorique de Trump a souvent visé et pris pour bouc émissaire les minorités. Le président américain prend généralement son temps pour condamner – quand il le fait – les suprémacistes blancs.

Le lien est d’autant plus clair lorsqu’on étudie des données supplémentaires : les crimes de haine envers les Musulmans avaient déjà connu une augmentation après la proposition de Trump d’interdire les Musulmans d’entrer aux États-Unis.

Et 2017 ?

Et les premiers chiffres disponibles pour 2017 démontrent que la situation est loin de s’améliorer. Les crimes de haine ont augmenté de 20 % dans les 13 plus grandes villes américaines. Les attaques anti-Noirs, anti-Juifs et anti-Musulmans ont augmenté de 28 % à New York, tandis que les crimes de haine violents ont augmenté de 50 % à Washington D.C., de 22 % à Seattle et de 46 % à Phoenix.

À noter que cette étude se base uniquement sur les crimes qui ont été rapportés à la police mais de nombreux crimes de haine ne sont pas signalés à la police.

 
 
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