Migrants: l’opposition dénonce la «collaboration» de Francken avec le Soudan (vidéo)

Francken avec l’ambassadeur du Soudan en Belgique publiée le 16 septembre. © Belga
Francken avec l’ambassadeur du Soudan en Belgique publiée le 16 septembre. © Belga

La présence d’une délégation soudanaise chargée d’identifier des migrants voués à être expulsés a déclenché un tollé politique, la Ligue des Droits de l’Homme et plusieurs élus d’opposition accusant mercredi le gouvernement de « collaborer avec une dictature ».

Trois fonctionnaires du ministère soudanais de l’Intérieur sont arrivés dimanche à Bruxelles, à l’invitation du gouvernement belge, pour aider à identifier parmi les Soudanais déjà interpellés ceux voués à retourner au pays et délivrer des « laissez-passer ». Il s’agit de « la plus grosse mission d’identification jamais menée en Belgique », a vanté sur sa page Facebook Theo Francken.

Une collaboration « inacceptable »

Les groupes PS et Ecolo/Groen au Parlement ont demandé au Premier ministre Charles Michel, actuellement à New York, de venir s’expliquer rapidement en séance plénière devant les députés, si possible dès jeudi.

« Il doit s’expliquer sur la collaboration entreprise entre la Belgique et un pays dictatorial », a déclaré Jean-Marc Nollet, chef du groupe Ecolo à la Chambre, sur La Première (RTBF), dénonçant « une affaire très grave », « totalement inacceptable ».

Le député a ensuite osé une comparaison avec la période d’avant la Seconde Guerre mondiale, vers les années 1938-1940. « Cela voudrait dire que l’on ferait venir en Belgique les services secrets, la police allemande. C’est ce genre de situation que l’on vit aujourd’hui », a-t-il dit.

Faillite morale

Il n’est pas le seul à aller dans ce sens puisque Julia Fernandez Fernandez (députée fédérale PS) rappelle que « Francken n’avait pas prêté serment depuis 3 jours comme secrétaire d’État qu’il rendait hommage à un ancien collaborateur nazi ». Pas de raison de s’étonner donc. « On est finalement dans une logique des choses puisqu’aujourd’hui, il collabore avec un dictateur saoudien qui est poursuivi par la Cour internationale pour génocide, notamment au Darfour », a-t-elle ajouté.

Le député socialiste Ahmed Laaouej (PS) a quant à lui fustigé une « faillite morale du gouvernement Michel ».

Un accord entre deux diables

Catherine Fonck, cheffe de groupe CDH à la Chambre ne s’étonne pas non plus de cet accord mais s’inquiète néanmoins. « On connaît le régime épouvantable du Soudan qui a commis des atrocités. On connaît Francken. Et quand ces deux-là concluent un accord sans aucune transparence sur la situation des réfugiés, il y a franchement lieu de s’inquiéter. C’est un petit peu comme si le diable faisait un accord avec le diable ».

« Le secrétaire d’État est clairement dans l’illégalité en collaborant (avec les autorités soudanaises) en amont de la demande d’asile », a protesté mercredi Me Alexis Deswaef, président de la Ligue des droits de l’Homme (LDH) de Belgique, joint par l’AFP. Le Soudan est « la pire des dictatures », selon l’avocat, qui a rappelé que le président Omar el-Béchir était visé par un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale.

 
 
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