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Caterpillar, une histoire de 51 ans et un jour

Pour raconter la saga, l’auteur a retrouvé les hommes et les femmes qui l’ont écrite au quotidien. Récit de vie de ce qui fut le fleuron industriel de la Wallonie. Un album de souvenirs à feuilleter avec ou sans nostalgie.

Temps de lecture: 3 min

Dans son livre Du sang jaune dans les veines qui vient de débarquer en librairie, le reporter-journaliste Francis Groff raconte sans parti pris l’une des plus belles histoires industrielles de Charleroi : depuis la signature de l’acte de naissance de l’usine de Gosselies le 1er septembre 1965 jusqu’à l’annonce de sa fermeture le 2 septembre 2016, la région et la multinationale américaine ont partagé 51 ans et… un jour de vie commune. « Comme dans la vie d’un couple, il y a eu des ciels bleus et des journées d’orages, de très beaux moments et des deuils jusqu’à l’inconcevable séparation au lendemain des noces d’or », confie l’auteur. Son bouquin se feuillette comme les pages d’un album de famille : à Charleroi, Caterpillar était d’ailleurs un peu celle de tout le monde, chacun y avait un parent, un ami, un voisin. Du sang jaune dans les veines se veut le témoignage de cette histoire, qui a traversé deux à trois générations, entre une fille de l’Illinois et ce qui lui apparut comme « le plus beau parti » de Wallonie. « La romance était vouée à l’échec dès le départ, analyse Francis Groff, mais quel destin fabuleux pour cette chenille (NDLR : traduction de Caterpillar en anglais) devenue papillon et les dizaines de milliers de travailleurs qui y ont participé. Mon travail s’en veut le témoignage indélébile car contrairement aux charbonnages et à la sidérurgie qui ont marqué le paysage urbain de leurs stigmates, le départ de Cat Belgium ne laissera pas de trace tangible au-delà des bâtiments et des terrains sur lesquels son logo et sa marque auront bientôt définitivement disparu. »

Les faits sans le tourbillon des passions

Pendant 10 mois, Francis Groff a minutieusement et patiemment collecté la matière : « J’ai rencontré des dizaines d’acteurs de premier plan, fouillé des caisses d’archives et de coupures de presse, exhumé des secrets comme celui de la négociation sur le choix de la localisation, retrouvé des anecdotes. Je me suis efforcé de m’en tenir aux faits sans basculer dans le tourbillon des passions », dit-il.

Chaque lecteur y trouvera à la fois ce qu’il cherche et ce qu’il ne pensait pas trouver : très accessible, le livre compte un tas de points d’entrée qui dispensent de le lire en commençant par la première page. Photos privées ou tirées des collections de l’entreprise, reproductions de documents inédits, contributions de l’amicale : Caterpillar fut beaucoup plus qu’une usine. Certains de ses travailleurs l’avaient réellement dans la peau. A l’instar de cet opérateur machines qui s’était fait… tatouer le logo sur le bras.

Du premier employé Jacques Delgeniesse dont le contrat est signé en novembre 65 jusqu’à l’aventure peu commune de Nicolas Bronchart, un ingénieur qui a failli devenir astronaute européen, depuis les grèves homériques des années 70 aux nouveaux modèles d’organisation de travail, le récit aide à appréhender la multi-dimension de Caterpillar : économique, industrielle, sociale, culturelle et même philanthropique avec son amicale qui en 40 ans d’existence, a distribué près d’un million et demi d’euros de cadeaux et de fonds.

Du sang jaune dans les veines... L’histoire de Caterpillar Belgium Francis Groff Editions Acacia 35 euros

 

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