Pierre-Yves Dermagne (PS): «Les absences de réaction du MR avec Francken, ce sont des petits Munich»

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: Roger Milutin (Le Soir)
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Nouveau chef de groupe au parlement wallon, Pierre-Yves Dermagne repositionne le PS après les affaires et la chute dans les sondages dans une interview accordée au Soir ce samedi. Le socialiste évoque également l’affaire Francken. PS et Ecolo sont très critiques. Partage-t-il l’imagerie d’Ecolo J sur ce dossier ? «  Il y a quelque chose de pervers dans la communication de Theo Francken. C’est vicieux et très intelligent. C’est calculé. Ce sont des dérapages, mais contrôlés. Cela s’inscrit donc dans une stratégie de communication. Il est difficile de ne pas réagir à ces provocations parce qu’elles sont scandaleuses. Systématiquement, il va toujours un peu plus loin. », estime-t-il.

Et de poursuivre : « Mais une réaction caricaturale donne à Francken la posture de la victime, ce qu’il adore. Cela dit parfois, le mauvais goût peut répondre au mauvais goût, voilà… Il y a un droit à la caricature, à l’exagération, c’est reconnu par la Cour européenne des Droits de l’Homme. En tant qu’humaniste de gauche ou de droite, il est impossible de ne pas réagir à ça. Ce qui me rend malade, c’est le manque de réaction forte des dirigeants du MR, de Charles Michel, d’Olivier Chastel, de Richard Miller qui était la conscience du libéralisme social. Ne pas l’entendre réagir sur ça, c’est interpellant et choquant. A chaque fois, l’absence de réactions à la provocation, ce sont des petits Munich. »

(Les accords de Munich ont été signés à la fin de la conférence de Munich, le 30 septembre 1938, par l'Allemagne (Hitler), l'Italie (Mussolini), la France (Édouard Daladier) et le Royaume-Uni (Neville Chamberlain). Ils obligent la Tchécoslovaquie à céder la région des Sudètes à l'Allemagne nazie. La France et L’Angleterre entendaient éviter une nouvelle guerre, NDLR).

« Son message flatte les bas instincts »

Le socialiste revient également sur la popularité en hausse de Francken en Wallonie. «  Son message flatte les bas instincts et les passions tristes. C’est dangereux. Cela renvoie à une capitulation face à des provocations. Je parle de Munich parce que s’il n’y avait pas eu les accords de Munich, il n’y aurait pas eu la suite. On a laissé une porte ouverte. »

 
 
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