Le Gracq lance sa «vélorution»

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La passerelle aux Grands Prés est fortement appréciée. © Gracq.
La passerelle aux Grands Prés est fortement appréciée. © Gracq. - Gracq.

Le Groupe de recherche et d’action des cyclistes quotidiens (Gracq) montois vient d’inviter les élus locaux à prendre connaissance de ses propositions pour une « ville de Mons (plus) cyclable ».

Dans la perspective des élections communales de 2018, un groupe de réflexion a rédigé un mémorandum adressé à l’ensemble des partis. Les cyclistes quotidiens y plaident pour un budget planifié et ambitieux, comprenant un plan d’action avec des objectifs chiffrés pour améliorer les infrastructures, développer les services « vélos », organiser la sensibilisation et la communication et, in fine, obtenir un retour sur investissement.

« En milieu urbain, jusqu’à 5 km, l’efficacité du vélo est largement supérieure à celle de la voiture ou des transports en commun », souligne Grégory Vita, responsable de la locale montoise du Gracq.

Un système vélo à construire

Et d’ajouter : « Sur le plan de la santé, l’usage du vélo pour le trajet domicile-travail provoque une perte de poids, augmente la productivité du travailleur et diminue l’absentéisme. Tenant compte de ces bénéfices, un kilomètre parcouru par une voiture coûterait 20 euros à la société tandis que, parcouru par un vélo, il en rapporterait 22. En termes d’usure de la chaussée, une voiture équivaut à 9.600 vélos et, en termes d’économie d’espace, une voiture garée occupe l’espace de 10 vélos. Il serait dommage de rester bloqué dans le XXe siècle en matière de mobilité. »

Sur le plan des infrastructures montoises, le Gracq note « des débuts timides qui nous confortent et nous donnent envie d’aller plus loin ». La locale de l’association, qui réunit 80 membres et 500 sympathisants, cite les sens uniques limités, les zones avancées pour les cyclistes aux feux de signalisation, la Commission vélo créée par la Ville en 2006, qui se réunit 4 à 5 fois par an, la Maison des cyclistes, à renforcer, avec ses services de réparation, de vente et de location, la zone 30 intra-muros et la création de la passerelle cyclo-piétonne.

« Le contexte est favorable pour aller de l’avant, mais tout un système vélo reste à construire », souligne Julien Ghuisoland.

Pour atteindre cet objectif, l’association revendique un budget annuel de 10 euros par habitant qui, idéalement, devrait ensuite atteindre 30 euros, comme à Amsterdam et Copenhague. Autres revendications prioritaires : la création d’une piste cyclable continue sur ce que le Gracq appelle « la grande voierie » (60 % sont déjà réalisés) et des aménagements cyclables sécurisés sur les grandes pénétrantes montoises pour que les habitants du Grand Mons puissent rejoindre, en toute sérénité et à vélo, le centre-ville distant… de cinq kilomètres.

Quand comparaison se veut raison

Par Caroline Dunski

Mons, qui vise 100.000 habitants à l’horizon 2025, en compte aujourd’hui 95.000, sans les 15.000 étudiants de l’enseignement supérieur et universitaire ni les travailleurs du Shape. D’après des enquêtes menées au sein d’entreprises, la part modale du vélo s’élèverait à… 1,7 %. En comparaison, à Cambridge en Grande-Bretagne (109.000 habitants, dont 4.000 étudiants), cette part modale s’élève à 25 % !

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