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C’est vous qui le dites sur le sugardating: «Rendez les études accessibles!»

Les internautes ont été nombreux à réagir contre la campagne publicitaire en faveur du « sugardating ».

Temps de lecture: 5 min

Le site de rencontres « Rich Meet Beautiful » a créé la polémique ce lundi après avoir lancé une campagne publicitaire pour le « sugardating », pratique qui consiste à mettre en relation des étudiantes avec des hommes nantis en recherche de compagnie. Cette campagne publicitaire est pensée pour être déployée via la radio, la télévision, internet mais aussi des véhicules promotionnels qui doivent tourner à proximité des universités et hautes-écoles bruxelloises. L’affaire a rapidement suscité une levée de boucliers, puisque plusieurs plaintes ont déjà été formulées, dont celles de l’Unecof (l’Union des étudiants de la Communauté française), du Conseil des Femmes francophones de Belgique, des ministres socialistes Isabelle Simonis et Jean-Claude Marcourt, ainsi que de la secrétaire d’État bruxelloise à l’Égalité des chances Bianca De Baets (CD&V). Par ailleurs, la Ville de Bruxelles et la commune de Watermael-Boitsfort ont annoncé qu’elles allaient interdire la campagne sur leur territoire.

C’est vous qui le dites

Les internautes ont été nombreux à partager leur avis. Outre le nombre de messages qui viennent rappeler que ce type de pratiques existe depuis un certain temps déjà, le débat s’est articulé autour de quatre questions : le prix des études, les motivations des étudiantes au moment répondre à ces annonces, la libre disposition de leur corps et la dimension sexiste de cette publicité.

« Rendez les études accessibles ! »

Pour Yvonne P., le prix des études serait responsable de la tentation des étudiantes de céder au proxénétisme : « A pleurer de voir que cela semble banal et que certaines seront entraînées dans un engrenage dont elles ne se sortiront pas facilement. Rendez les études accessibles et, en tant que parents, nous sommes responsables de nos enfants et donc de leur procurer de quoi vivre et de quoi avoir accès à l’enseignement. Cette pub va à l’encontre de l’éducation et n’a pas sa place devant une université ».

Éric D. abonde dans le sens d’Yvonne P. quand il dit : « Des minervals qui explosent, des bouquins écrits par les profs qui ne se fendent plus que de demi-syllabi pour vendre leur prose et toucher des droits d’auteurs, des loyers hors de prix, des magasins locaux qui pratiquent des prix absolument honteux… Et des gros nazes qui découvrent que des étudiant(e)s se prostituent ou acceptent de bosser au Quick pour 7 euros nets de l’heure. En prime ils déposent plainte pour s’acheter – eux aussi – une bonne couche de bonne conscience à 10 balles ! Je rêve… ».

« Curieux de savoir quelle est la proportion »

Nicolas S. s’interroge lui sur les motivations des étudiantes : « Je n’apprécie ni ce site, ni la pub, mais je serais curieux de savoir quelle est la proportion de ‘sugar babies’ qui sont dans le réel besoin et quelle est la proportion qui veut juste le dernier iPhone… Je pense que c’est aller un peu vite que de dire que c’est de l’exploitation de la précarité financière des étudiantes ».

Ce à quoi Judith P. répond : « Votre remarque est déplacée… Cela reste de l’incitation à la prostitution, et si la gamine veut s’acheter le dernier iPhone, c’est parce que la société lui impose des codes qui, à son âge, sont encore essentiels dans le cadre de sa recherche de reconnaissance et de sa personnalité. Elle n’a pas les armes et la maturité pour comprendre que tout cela est inutile, et on reste donc dans le même schéma : celui de profiter de la faiblesse de ces jeunes filles en mutilant leur vie. Mais ça, elles ne s’en rendront compte que bien plus tard… ».

Patrick F. ne dit pas autre chose que Nicolas S. quand il déclare : « Les jeunes filles d’aujourd’hui sont nettement plus informées que la jeunesse des années 30 je pense. Il est un peu simpliste de penser qu’il n’y a que des vieux macs en manque qui déambulent. Je pense que l’adage ‘l’homme propose, la femme dispose’ est tout aussi valable de nos jours en lecture inversée. Il est bien connu que l’humain profite de son semblable tous azimuts depuis la nuit des temps ».

« Chacun est libre de ses choix »

Dave P. quant à lui témoigne son agacement contre les personnes bien-pensantes, qui veulent dicter les choix des autres : « Je suis contre ce site et ce genre de choses, mais bon en même temps cela ce passe entre adultes et chacun est libre de ses choix je pense. Je ne suis pas d’accord avec ce site mais je suis désolé, imposer ses idées par l’interdiction n’est pas une démocratie !!! ». Ce qui lui vaut une réponse sanglante de Paul W., qui rétorque : « Est-ce pour autant qu’il faut tout permettre, accepter et surtout ne mettre aucunes limites aux requins qui veulent faire du pognon sur des jeunes en difficulté ? »

Renette M. se positionne en faveur de sanctions contre les consommateurs : « Ce qui paraîtrait normal c’est que l’on exclue des études, pour l’année en cours, celui ou celle qui serait pris la main dans le sac (si j’ose dire). Cela refroidirait certaines ardeurs et, ipso facto, les parents seraient mis au courant de telles pratiques. Cette incitation à la prostitution, car c’est le nom (faut pas se voiler la face), doit être poursuivie et punie ». À cela, Gregory V. répond : « Mais de quel droit ? À partir du moment où les personnes concernées sont majeures et consentantes, elles font ce qu’elles veulent ! De grâce, arrêtons l’hypocrisie et la mentalité bien-pensante. ».

« À quand une publicité inverse ?»

Pour finir, Ingrid E. revient sur la dimension sexiste de cette publicité : « On dirait qu’il n’y a que des ‘étudiantes’ ! Je ne savais pas que les études étaient moins chères pour les mecs. À quand une publicité inverse ? Là, les hommes vont crier au scandale ! Et pourtant, y en a des mecs, jeunes ou vieux, qui vivent aux crochets des femmes ». Avant de conclure : « Évidemment que (le sugardating) ça existe… Mais comment osent-ils en faire une pub aussi criante au sortir des universités ? C’est toujours ça le problème, l’image de l’homme et de la femme, au-delà de ce genre de futilités ».

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0 Commentaire

  • Posté par Mazzoleni Renato, mercredi 27 septembre 2017, 16:33

    en tout cas....pas mal de pubblicité gratuite. Objectif atteint, pas trop chèr....

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