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«Shake It Up!», un record pour Borremans

Les 13 et 14 septembre à Londres, Sotheby’s dispersait une bonne partie de la collection du célèbre photographe Mario Testino

Temps de lecture: 4 min

Mondialement connu pour ses clichés ultra glamour de splendides mannequins, vus aussi bien en couverture de magazines comme Vogue, GQ ou Vanity Fair que dans les pages du fameux calendrier Pirelli de 2001, Mario Testino fait figure de véritable célébrité dans le milieu de la mode. Pourtant, en raison de ses noms et prénoms à consonance résolument italienne, l’on aurait tendance à croire que ce dernier est originaire de quelque cité ensoleillée de la Grande Botte. À tort, car le photographe officiel du mariage de Kate Middleton et du prince William en 2011 est en réalité né il y a bientôt 63 ans au Pérou. À Lima, pour être précis, ville aussi tentaculaire qu’attachante sise au bord de l’océan Pacifique et dont il soutient depuis cinq ans le développement culturel et patrimonial par l’intermédiaire d’une fondation, connue sous le nom de Mate.

Bijoux de famille

« J’ai longtemps éprouvé le désir de faire quelque chose pour mon pays et cela de la meilleure manière possible. J’ai senti que c’était par le biais de la culture que je pourrais y parvenir. En 2012, j’ai donc créé ma fondation Mate, pas seulement pour présenter mon propre travail, mais également pour promouvoir l’art et la culture du Pérou », confiait ainsi Testino en novembre 2013 au magazine Madame Figaro . Mais pour assurer la pérennité de son beau projet niché dans une vieille bâtisse du chaleureux district de Barranco, autrement dit financer de nouvelles expositions (en ce moment, c’est le plasticien britannique Chris Levine qui y montre son travail), résidences d’artistes et autres initiatives éducationnelles, il faut pas mal d’argent. Dès lors, non sans un léger pincement au cœur, Testino s’est donc décidé en collaboration avec Sotheby’s à se séparer de toute une série d’œuvres figurant dans sa collection privée, parmi lesquelles 39 ont été mises à l’encan dans l’après-midi du 13 septembre à Londres.

Intitulée Shake It Up , cette vente aux enchères réunissant aussi bien des œuvres de Richard Prince, Cindy Sherman et Anselm Kiefer que Gilbert & George ou Wolfgang Tillmans a rencontré un vif succès, avec un chiffre d’affaires de 6,3 millions de livres sterling pour seulement 4 invendus, parmi lesquels une œuvre de Tauba Auerbach (une artiste américaine qui avait notamment été exposée au Wiels en 2013) censée partir entre 250.000 et 350.000 livres sterling.

Lot 29 : La plus belle enchère de la vente du 13 septembre est venue de cette œuvre de Michaël Borremans, soit 872.750 livres sterling. © D.R.
Lot 29 : La plus belle enchère de la vente du 13 septembre est venue de cette œuvre de Michaël Borremans, soit 872.750 livres sterling. © D.R.

Michaël Borremans

Au final, c’est une bien mystérieuse huile sur toile du Belge Michaël Borremans représentant deux femmes en pleine concentration et datant de 2004 qui a réalisé la meilleure performance de la vacation en changeant de mains contre 872.750 livres sterling, soit plus de quatre fois l’estimation basse qui en avait été donnée par Sotheby’s (200.000 – 300.000 livres sterling). Et ce un peu contre toute attente, puisque la première place de cet évènement rassemblant des œuvres ayant plus ou moins longtemps transité par la collection de Testino était plutôt censée aller à une peinture d’Auerbach à la valeur estimée entre 600.000 et 800.000 livres sterling ; acquise directement auprès de l’artiste en 2010, cette toile pour le moins hypnotique avec ses pigments bleu pâle, vert et rose a en effet trouvé preneur pour « seulement » 824.750 livres sterling. Belle performance également pour une peinture de Tomma Abts intitulée Zaarke et qui, du haut de ses 118.750 livres sterling, a plus que triplé son estimation basse (25.000 – 35.000 livres sterling) tout en obtenant un nouveau record du monde pour cette artiste d’origine allemande qui avait été auréolée du prestigieux Turner Prize en 2006. À noter que le lendemain, lors de la dispersion de la seconde partie de la collection de Testino, ce sont cette fois 139 lots qui ont été adjugés pour un montant de 2,4 millions de livres sterling, dont 110.000 livres sterling uniquement pour une sorte de paravent en trois parties de Lukas Duwenhögger, un artiste allemand installé à Istanbul. Une belle somme, quand l’on sait que la fourchette d’estimation de cette œuvre intitulée Slowly Please, Keelaynak et créée en 2002 n’était que de 12.000 à 18.000 livres sterling. De quoi afficher un résultat global de 8,7 millions de livres sterling pour la vente Shake It Up et laisser Testino avec un confortable bas de laine pour sa fondation.

Lot 230 : Dans la Day Sale du 14 septembre, 137.500 livres sterling ont été offertes pour ce travail de Lukas Duwenhögger. © D.R.
Lot 230 : Dans la Day Sale du 14 septembre, 137.500 livres sterling ont été offertes pour ce travail de Lukas Duwenhögger. © D.R.

Tous les prix mentionnés ci-dessus s’entendent frais inclus.

 

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