Rotor, la deuxième vie des matériaux de construction

Démonter les éléments d’architecture intérieure et le semi-mobilier de bâtiments destinés à la démolition et les réutiliser sur d’autres chantiers, c’est l’idée de Rotor Deconstruction. Petite leçon d’économie circulaire appliquée à la construction.

A l’origine de Rotor Déconstruction, il y a un collectif de jeunes designers bruxellois passionnés par la construction qui cherchent à construire avec des matériaux locaux. “ A l’époque, à Bruxelles, il était impossible de trouver des matériaux de récupération. Pourtant, chaque année, des tonnes de déchets de construction sont exportées pour être recyclées. On s’est dit que, dans tout ce flux, certains de ces matériaux devaient être forcément récupérables ” se souvient Maarten Gielen, l’un des designers de Rotor. Au terme d’une vaste recherche sur les matériaux et les déchets de construction, le collectif lance alors, sous forme de coopérative, Rotor Deconstruction. “ L’idée, c’est de donner une seconde chance à des matériaux que l’on récupère sur des chantiers et qui, sans notre intervention, finiraient à la poubelle ” poursuit-il. Les matériaux récupérés sont mis en vente via un site internet et dans un show room.

Matériaux en voie de destruction

Rotor Deconstruction intervient sur les bâtiments qui vont être démolis ou rénovés pour repérer et démonter les éléments de qualité qui pourront être utilisés sur d’autres chantiers. Luminaires, sanitaires, portes, interrupteurs, planchers, etc., Rotor démonte tous les éléments légers : les éléments de semi-mobilier, d’architecture intérieure. “ Notre intervention se situe quelque part entre le déménagement et la démolition ” explique le designer. “ Quand un chantier est ouvert, nos brigades ont souvent peu de temps pour intervenir avant que les travaux ne commencent. C’est la course contre la démolition ” sourit-il. Dans les équipes de Rotor, des profils plutôt qualifiés : des ingénieurs mais aussi des techniciens du spectacle, rompus au démontage de décors. Tous les employés sont coopérateurs. “ Notre modèle est coopératif parce que nous cherchons à avoir un impact positif sur ce qui nous entoure. Chez Rotor, tout le monde réfléchit et tout le monde participe. ”

De beaux restes

Si certains immeubles qui reçoivent la visite de Rotor sont des immeubles tout à fait banals — mais regorgent tout de même de matériaux valorisables —, certains autres sont de vrais morceaux d’histoire. “ Récemment, nous avons eu la chance d’intervenir sur l’Hôtel de ville d’Anvers et de sauver de très belles pièces, comme d’imposants lustres en cristal, par exemple ” explique Maarten Gielen. Ainsi, le catalogue de Rotor s’enorgueillit de véritables collections de pièces d’époque. Les pièces récupérées sont vendues dans les 1200 m2 du show room d’Anderlecht ou via le site de vente en ligne. “ Nos clients sont des architectes ou des designers mais aussi des particuliers. Outre le souci écologique de la récupération, ils viennent chez nous pour chercher des pièces d’époque ou des matériaux moins chers. ”

Pour en savoir plus : www.rotordc.com

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