Fusillade à Las Vegas: le FBI doute d’un lien avec une organisation terroriste

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Comptable à la retraite et habitué des casinos, rien dans le parcours de Stephen Paddock, 64 ans, ne permet d’expliquer la fusillade dont il est l’auteur. À Las Vegas dimanche soir, il a tué 58 personnes lors d’un concert à Las Vegas, un acte revendiqué par Daesh.

« Plus le temps passe, plus ce chiffre augmente », a déclaré le shérif Joseph Lombardo devant la presse, avant qu’un agent du FBI explique qu’il n’y a pas de lien connu « à ce stade », entre le tueur Stephen Paddock et une organisation terroriste, peu de temps après la revendication de cette attaque par le groupe Daesh.

Inconnu des services de police

Pour l’instant, la police n’a pas donné énormément d’informations sur le tireur. Elle a néanmoins confirmé qu’il s’agissait d’un Américain blanc âgé de 64 ans, Stephen Craig Paddock. Il habitait la ville de Mesquite, 18.000 habitants, située à quelque 120 kilomètres de Las Vegas, dans le Nevada. C’est dans cette ville qu’il est né le 9 avril 1953. Il a un temps vécu à Reno dans le Nevada entre 2011 et 2013, puis en Floride de 2013 à 2015, avant de revenir à Reno jusque juin 2016, date à laquelle il est retourné à Mesquite.

Stephen Paddock était totalement inconnu des services de police, à l’exception d’une citation à comparaître devant un tribunal il y a plusieurs années, mais « la situation a été réglée normalement par la justice » a précisé le shérif de Las Vegas, Joseph Lombardo. Selon Daesh, qui a revendiqué la tuerie, l’homme en question s’était converti à l’Islam « il y a quelques mois ».

La famille du tireur sous le choc

Le frère du tireur, Eric Paddock, 55 ans, s’est exprimé dans plusieurs médias américains, expliquant au Orlando Sentinel. qu’il était « complètement abasourdi » par la nouvelle. « Nous ne comprenons pas ce qui s’est passé. Nous sommes horrifiés et perplexes. Nous n’avons aucune idée de pourquoi il a fait cela ». « C’est comme si un astéroïde nous était tombé dessus », a déclaré l’homme au Las Vegas Review-Journal.

Dans une interview accordée à CBS, son frère ajoute qu’il n’était pas un collectionneur d’armes. « Où est-ce qu’il s’est procuré toutes ces armes automatiques ? », s’est-il interrogé, précisant que son frère n’avait aucune formation militaire.

Eric Paddock a donné quelques informations supplémentaires sur la personnalité de son frère. Stephen Craig Paddock était à la retraite, n’avait pas de convictions religieuses connues et « aimait se rendre dans les casinos pour jouer ». Stephen Paddock était un comptable, et possédait un brevet d’aviation et un permis de chasser délivré par l’État d’Alaska. C’était un homme aisé, qui aimait les croisières, jouer au poker sur internet et se rendre dans les casinos de Las Vegas.

« Nous sommes stupéfaits, sidérés ! » a déclaré, abasourdi, Eric Paddock sur la chaîne CNN. « Il n’avait aucun lien avec aucune organisation politique ou organisation religieuse. Autant que je sache, il n’était pas un suprémaciste blanc et je le connais depuis 57 ans ! »

Son père était Patrick Benjamin Paddock, un braqueur de banques placé sur la liste des fugitifs les plus recherchés par le FBI dans les années 1960. Ses enfants ne le connaissaient pas très bien, a cependant précisé Eric Paddock.

Le shérif a également indiqué que Stephen Craig Paddock s’apparentait à un « loup solitaire », et a refusé d’évoquer la piste terroriste.

Des complices ?

Le tireur était arrivé au Mandalay Bay le 28 septembre, et y a apporté lui-même les armes, a déclaré le shérif, sans que le personnel de l’hôtel n’ait rien remarqué. À l’aide d’un outil comme un marteau, il a brisé les vitres de la chambre pour pouvoir mieux tirer.

Initialement, le shérif de Las Vegas avait déclaré que ses hommes avaient « abattu le suspect », mais les autorités croient désormais que l’homme s’est suicidé. Il a déclaré que plus de dix fusils avaient été retrouvés par les unités d’intervention spéciales dans la chambre d’hôtel.

La police avait dans les heures suivant la fusillade lancé un avis de recherche pour la compagne du tireur, une femme nommée Marilou Danley. Elle a finalement été localisée à l’étranger, sans précision du pays. Elle n’était donc pas aux États-Unis au moment de la fusillade. « Nous lui avons parlé et nous ne pensons pas qu’elle soit impliquée », a déclaré le shérif Lombardo.

 
 
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