Monsanto a corrompu des scientifiques pour se donner du crédit

© Reuters
© Reuters

Le géant agrochimique Monsanto a eu, à de nombreuses reprises, recours à ce qui est considéré comme une grave faute scientifique: le ghostwriting. C’est en tout cas ce qu’il ressort d’une nouvelle fournée des «Monsanto Papers» analysée par le journal Le Monde, qui en livre jeudi les dernières révélations.

La pratique consiste, pour une entreprise, à agir en «auteur fantôme». Alors que ses propres employés rédigent textes et études, ce sont des scientifiques sans lien apparent de subordination avec ces études qui les endossent en les signant, apportant ainsi le prestige de leur réputation à la publication. Ces scientifiques reconnus sont naturellement payés pour leur service.

Une stratégie pas uniquement concentrée sur le grand public

Il ressort des derniers documents internes à Monsanto, déclassifiés en raison des procédures judiciaires en cours aux Etats-Unis, que la multinationale y a eu recours à de nombreuses reprises et sous différentes formes.

Mais la stratégie du géant agrochimique ne s’est pas uniquement concentrée sur le grand public, la pratique a également été utilisée pour des publications scientifiques dans des revues savantes.

«Si la pratique du ghostwriting est notoirement répandue dans le secteur pharmaceutique, la lecture des Monsanto papers pose désormais la question de son ampleur dans l’industrie chimique et agrochimique», souligne Le Monde.

Correction et édition d’articles

Quand elle fait appel à des consultants externes, la firme s’autorise à apporter corrections et édition aux articles, qui portent pourtant la mention «ni les employés de la société Monsanto, ni ses avocats n’ont passé en revue les manuscrits du panel d’experts avant leur soumission à la revue». Elle choisit également de taire certains auteurs, comme un certain J. Acquavella. Ancien employé de Monsanto, son nom pourrait attirer l’attention sur le manque d’éthique du processus.

Monsanto nie tout ghostwriting et affirme que les mails internes - dans lesquels il est clairement fait référence aux montants alloués aux prête-noms et à la pratique - sont sortis de leur contexte.

 
 
À la Une du Soir.be
À découvrir sur Le Soir +
 

Vos réactions

Règles de bonne conduite / Un commentaire abusif? Alertez-nous