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Pourquoi j’aime la Catalogne

La Catalogne c’est une histoire, la guerre civile, la répression. C’est Barcelone aussi, et son charme indicible. Et le foot ! Billet, en toute subjectivité.

Commentaire - Journaliste au service Monde Temps de lecture: 3 min

Attention, mauvaise foi ! Les journalistes, c’est entendu, se doivent d’observer tant que faire se peut la plus stricte objectivité. Sauf… s’ils préviennent le lecteur. C’est fait. Pour dire quoi ? Pour expliquer pourquoi le nationalisme catalan, contrairement à d’autres – comme le paradigme flamand, exemple choisi tout à fait par hasard – suscite en moi une vraie sympathie.

Le romantisme n’est pas mort, en Catalogne. Il vit. Il vibre. Là-bas, il convoque le passé, avec les bons (républicains) et les mauvais (franquistes), qui se sont livré une guerre atroce avant le dernier conflit mondial. Gagnée par les seconds, hélas ! La Catalogne se trouvait en effet dans le camp des perdants. Elle a résisté jusqu’au bout, et paya dans sa chair le prix d’une répression sans pitié orchestrée par le général Franco.

Une coercition qui perdura, comme la dictature. J’en garde un amer souvenir de jeunesse : l’exécution de Salvador Puig i Antich le 2 mars 1974 dans une prison de Barcelone. Il avait 25 ans. C’était un anarchiste. Il a subi le supplice du garrot, il en sera même la dernière victime au monde. Un traumatisme pour beaucoup. Franco, le dictateur espagnol, est mort l’année suivante. Dans son lit.

Peu après, l’un de mes amis en vacances à Port de la Selva s’était – bien plus par bravade que par conviction politique - amusé à grimper sur un mas et à en retirer un drapeau espagnol sur une plage. Mal lui en prit : la Guardia Civil l’a arrêté et battu. Dont coût plusieurs dents, des incisives, brisées à tout jamais.

Mais la Catalogne, pour moi, c’est évidemment aussi Barcelone. Celles et ceux qui connaissent la ville ont joui de sa magie sans pareille. L’architecte Gaudi. Et les autres. Charme. Envoûtement. Frisson. Inutile d’en dire beaucoup plus : l’engouement touristique en atteste, au point que la ville ploie sous les visites, et s’en plaint, à l’instar de Venise.

Qui dit Barcelone dit aussi le « Barça ». Le foot ! Le style ondoyant et offensif d’une équipe naguère menée par Cruyff, puis Ronaldinho ou Figo, aujourd’hui Iniesta et Messi. Les couleurs de la Catalogne arborées par tout un stade mythique toujours comble. Le club qui s’oppose, non sans succès, à l’hégémonie du très franquiste (dans son histoire, au moins) Real de Madrid. Les « clasico » entre ces deux clubs génèrent une passion sportive à l’échelle mondiale, mais leurs relents politiques rivaux se hument aussi de la Castille à la Catalogne…

Alors, oui ! il existe un romantisme, facile mais prégnant, qui pousse à vénérer la Catalogne et les Catalans. Et quand l’ombrageuse Espagne officielle répond aux velléités séditieuses par la violence et par le refus de négocier, elle se trompe et attise en réalité l’empathie qu’inspirent les ardeurs émancipatrices de la région.

En toute subjectivité, donc.

 

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1 Commentaire

  • Posté par Ciep , vendredi 6 octobre 2017, 8:43

    Oui, mais à quoi sert la subjectivité lorsqu'on ressort des généralités, clichés et platitude sur Messi et Gaudi..entendu 1001 fois depuis le début de cette "affaire"..

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