La députée CDH Véronique Waroux jette aussi l’éponge

La députée CDH Véronique Waroux jette aussi l’éponge

Une erreur de casting. Elle se définit elle-même comme cela. Députée wallonne et sénatrice depuis 2014, Véronique Waroux n’est sans doute pas la personnalité politique la plus connue au sein des hémicycles. Et pourtant, elle avait tout d’une bonne « cliente » avec son franc-parler et son allergie à la langue de bois. Mais voilà, la Péruwelsienne semble s’être fanée dans les méandres de la « politique politicienne » et le carcan rigide de la discipline de parti.

« Pour être un politicien efficace, il faut avant tout cultiver la langue de bois et l’art de se faire des amis », lâche-t-elle. Ingénieure des Mines, Véronique Waroux est entrée en politique à Péruwelz en 2006 sur la liste citoyenne AC pour lancer des projets et les concrétiser. Elle s’y attellera durant six ans en tant qu’échevine des Travaux publics avant d’être reléguée dans l’opposition par son partenaire socialiste. «J’y ai mangé mon pain noir » affirme celle qui n’a pas toujours fait l’unanimité autour d’elle. Entrée au CDH en 2009, la Péruwelsienne se voit offrir une place de choix aux régionales en 2014 où elle est élue aux côtés d’Alfred Gadenne. Elle sera également sénatrice.

Trois ans plus tard, elle déchante

« Tout prend trop de temps à se concrétiser quand cela se concrétise, dit-elle. J’ai l’impression de ne pas aller à la même vitesse que les autres. Je pensais naïvement que ce serait plus facile en tant que députée de la majorité de faire avancer des dossiers. Mais force est de constater que ce n’est pas le cas. C’est ce manque de résultats tangibles et concrets que je regrette aujourd’hui. Cela est sans dû à ma personnalité atypique dans ce milieu. En interne, je ne parviens pas à me taire même si à l’extérieur, je reste loyale au parti. Avec des moments difficiles comme le vote du CETA où j’ai suivi contre mes propres convictions et je le vis encore très mal aujourd’hui. »

Si la députée ne remet pas en cause le changement de cap de son parti, elle dénonce tout de même la mauvaise ambiance qui y règne. «Certains trouvent des oreilles plus attentives que d’autres, dit-elle. Chaque député doit se faire sa place mais ce n’est pas toujours facile quand la prise de parole est réservée au chef de groupe. » Le manque de communication et d’égard semble aussi lui peser : «au CDH, on apprend les nouvelles par la presse. »

La députée poursuivra ses mandats jusqu’en 2019

Face à ces désillusions, Véronique Waroux jette l’éponge. La députée poursuivra ses mandats jusqu’en 2019 mais elle ne se représentera plus aux communales de 2018. «En faisant ce choix, je me mets moi-même hors jeu pour 2019 où l’on sait qu’en Wallonie picarde, c’est Mathilde Vandorpe qui mènera la liste CDH. Et je ne crois pas non plus qu’il y aura de la place pour moi aux Fédérales. »

Après les départs ou les retraits de Véronique Salvi, Vanessa Matz et Isabelle Poncelet, Véronique Waroux est donc la quatrième personnalité politique du CDH– féminine de surcroît — à annoncer son départ. «Nous ne nous sommes pas concertées et nos raisons sont différentes », assure celle qui pourrait réellement placer son parti dans l’embarras si elle décidait de voter librement. Pour rappel, au parlement wallon, la majorité MR-CDH ne dispose que d’une seule voix d’avance. «Il n’y a pas de raison que je ne sois pas loyale au CDH » assure celle qui revendique aussi son droit à défendre ses convictions…

 
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