Balayer les rues des dépôts clandestins

Chaque année, 1.800 tonnes de déchêts sont déposés clandestinement sur le tirritoir de la Ville. © A.D.
Chaque année, 1.800 tonnes de déchêts sont déposés clandestinement sur le tirritoir de la Ville. © A.D. - A.D.

Vous vous promenez tranquillement au cœur des Marolles, charmé par l’authenticité des lieux quand, après un coin de rue, vous découvrez sur le trottoir un vieux canapé qui n’est pas là pour vous permettre de vous reposer vu le ressort qui le transperce. Les dépôts d’ordures clandestins sont un réel problème pour l’ensemble de la Région bruxelloise. A la Ville de Bruxelles, on a décidé d’y aller au karcher pour nettoyer les rues des immondices. Une nouvelle cellule a été mise sur pied afin de pouvoir prendre les auteurs en flagrant délit.

« Nous avons besoin de cela pour les verbaliser, explique l’échevine de la Propreté, Karine Lalieux (PS). Quand vous jetez votre sac en dehors des heures, il est devant chez vous où les agents peuvent savoir qu’ils vous appartiennent en fouillant. Mais pour un dépôt clandestin, si on ne voit pas l’acte en train d’être commis, il est très difficile de retrouver l’auteur. »

Chaque année, la Ville ramasse ainsi plus de 1.800 tonnes de déchets déposés de manière illégale sur la voie publique alors qu’elle organise des collectes gratuites d’encombrants. « Il existe des points problématiques comme l’avenue du Port, les Marolles, les entrées de ville. Ce ne sont pas les touristes qui sont mis en cause. Les gens des quartiers sont responsables également, même s’il est vrai qu’à Haren ou Neder-over-Heembeek, il s’agit surtout de personnes vivant en dehors de Bruxelles qui viennent déposer leurs déchets. »

Cette nouvelle cellule de verbalisation des dépôts clandestins est composée de six personnes qui circulent dans la Ville. Elles vont aux lieux réputés mais se déplacent également suite à un signalement. En 2016, les équipes propreté sont intervenues 12.622 fois pour des décharges illicites et, depuis le début de l’année, la nouvelle cellule a déjà traité 695 dossiers. « Nous ne mettons pas une amende à chaque fois, précise Karine Lalieux. Nous faisons aussi de la prévention mais, à un moment, nous devons punir. Si les gens se disent qu’ils risquent de payer 250 euros d’amende, cela les conscientise. »

Pour prendre les contrevenants en flagrants délits, plusieurs techniques sont mises en place. Tout d’abord, les patrouilles se font en voiture banalisée. Ensuite, des caméras avec une autonomie de 144 heures sont installées aux endroits problématiques connus. Elles se déclenchent uniquement grâce à des capteurs de mouvements, ce qui permet aux agents de ne rien louper. Enfin, des patrouilles et des planques se feront avec la police. Grâce à un accord avec la DIV, il sera possible de connaître le propriétaire d’un véhicule dont on a vu sortir des déchets ou alors, la police pourra contrôler les identités si la personne est à pied.

L’amende est en réalité une taxe de 250 euros par m³ et, si les produits sont dangereux, elle peut être majorée jusqu’à atteindre les 62.500 euros. Et comme il s’agit d’une taxe, la commune peut poursuivre et obtient ainsi un taux de recouvrement de 90 % au bout de trois ans. Un fait qui motive aussi les agents de police, qui se sentent alors plus utiles. « Chacun doit s’investir pour que la ville soit plus propre, conclut Karine Lalieux. D’ailleurs, nous discutons avec la Région afin de mettre fin aux montagnes de sacs-poubelles qui se forment en attendant leur ramassage dans la zone Unesco. »

 
 
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