Charleroi: la Cité des métiers dispose enfin des fonds nécessaires à son avènement

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Le site de l’UT (bâtiment Roullier), futur campus «
sciences, arts et métiers
», abritera 45.000 m
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 dédiés notamment à la formation professionnelle, pour 10.000 m
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 sur le site des Aumôniers, à côté de Ville 2. © D.R.
Le site de l’UT (bâtiment Roullier), futur campus « sciences, arts et métiers », abritera 45.000 m 2 dédiés notamment à la formation professionnelle, pour 10.000 m 2 sur le site des Aumôniers, à côté de Ville 2. © D.R. - D.R.

A vec le conclave budgétaire de la Communauté française, la semaine passée, notre budget est bouclé, annonce Philippe Charlier, président de l’ASBL Cité des Métiers. L’enveloppe complémentaire de 9,5 millions nous a été accordée. »

Le dernier obstacle financier vers un projet aussi novateur qu’ambitieux est levé. Imaginez ! Deux sites de formation dédiés aux métiers industriels et manuels, où pourront se former les élèves de l’enseignement technique et professionnel, de l’enseignement supérieur technique et de la promotion sociale. Un site également qui concentrera également les acteurs de l’orientation scolaire et professionnel, depuis l’enseignement obligatoire jusqu’au monde du travail, avec le Centre PMS ou encore Forem Formation. On y apprendra la construction, la mécanique, l’hydraulique et la pneumatique, l’électronique avec des spécialisations en domotique, la soudure, etc. Un savoir-faire qui a contribué autrefois à la réputation de l’industrie carolo.

L’idée est née en 2008, dans la foulée de la création du bassin scolaire carolo, fortement appuyé par l’ensemble des représentants, des partis et des partenaires sociaux représentés au sein du Comité de Développement Stratégique. « On avait constaté une pénurie de main-d’œuvre dans les filières scolaires qui offraient des perspectives d’emploi, se souvient Eric Van Sevenant, vice-président de l’ASBL et alors président du Comité subtégional pour l’emploi. L’offre d’enseignement existe mais elle n’est pas suffisamment fréquentée. Et seulement 37 % des gens qui entrent dans l’enseignement qualifiant, en sortent diplômés. » Et tout cela dans une région où près d’un demandeur d’emploi sur deux est faiblement qualifié.

Regroupements

L’idée est ainsi née de regrouper sur un même site les différents opérateurs de formation, à commencer par l’Université du Travail et les Aumôniers du Travail, sans oublier l’Ifapme et Forem Formation. Bref, ce sont les acteurs publics de la formation et les trois réseaux d’enseignement (libre, province, communauté française) qui ont choisi de collaborer et de grouper leurs moyens pour que ce projet puisse voir le jour. Avec, au passage, la mise à disposition des bâtiments Roullier (UT) et des Aumôniers du Travail pour réunir les 55.000 m2 qui seront entièrement rénovés.

Cette collaboration était nécessaire également pour monter le plan financier. En effet, seuls les pouvoirs organisateurs des deux établissements scolaires sont reconnus par la Communauté française (le fonds des bâtiments scolaires) pour octroyer un financement pour partie sous la forme de subside et pour l’autre, via un emprunt dont les annuités seront remboursées par la Communauté, explique le président de l’ASBL porteuse du projet.

« Nous avons construit le projet de façon itérative, en dialoguant avec les différents acteurs et futurs utilisateurs de la Cité des Métiers », souligne Eric Van Sevenant pour justifier l’écart entre le budget initial (30,6 millions) et l’enveloppe finale, majorée de 13 millions supplémentaires. « Au final, la rénovation revient à 800 euros par m2, ce qui est 30 % de moins que si on avait dû reconstruire des bâtiments », insiste Philippe Charlier.

Désormais, le projet doit passer à la vitesse supérieure : permis dès l’an prochain, démarrage du chantier à l’automne de cette même année et fin des travaux en 2022.

150.000 visiteurs par an

Par Pascal Lorent

Budget. Le budget final alloué à la Cité des Métiers carolo se chiffre à 43,6 millions d’euros. La Région wallonne, via le Forem, contribue à hauteur de 8,375 millions. La Communauté française, principalement par l’entremise du Fonds des bâtiments scolaires, apporte la majeure partie du financement.

Surface. La Cité des Métiers se partagera entre le site de l’Université du Travail où les 45.000 m2 du bâtiment Roullier accueilleront le projet, et celui des Aumôniers du Travail (10.000 m2, dédiés notamment à la domotique).

Fréquentation. Les deux implantations devraient accueillir quelque 150.000 visiteurs uniques par an. A commencer par les 3.000 élèves et étudiants des quatre principales écoles techniques et professionnelles de Charleroi, de Forem Formation et de l’enseignement de promotion sociale. Mais à terme, d’autres écoles sur le point de réinvestir dans de l’équipement, trouveront plus intéressant de fréquenter ce lieu où les outils sont mutualisés. Quelque 800 formateurs, professeurs, conseillers et employés fréquenteront également les sites.

 
 
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