Liège: Le Barbou perd quarante-quatre profs

Les étudiants en soins infirmiers contre «
le décret Marcourt
». © TVA.
Les étudiants en soins infirmiers contre « le décret Marcourt ». © TVA. - TVA.

Les professeurs de l’Ipes paramédical de Liège, la seule section du 4e degré, ont annoncé aux étudiants infirmiers hospitaliers le licenciement de 17 professeurs pour le 15 octobre, suite à la restructuration des classes et au manque d’étudiants. Les étudiants font savoir leur mécontentement.

« En juin dernier, 27 profs avaient déjà été écartés et ce n’est pas encore fini. On vient d’apprendre que 17 de plus sont concernés, nous apprend Sirio Castiglione, élève de 3e année infirmier hospitalier. On avait dix groupes de classe, mais maintenant les étudiants vont être dispatchés et il ne restera que six ou sept groupes. »

En cause : la baisse drastique du nombre d’étudiants inscrits dans cette option. Selon ce qu’ont appris les élèves de l’école, en un an, « 308 inscriptions en moins, cela fait près de 40 % de baisse ». Le quota d’étudiants n’étant pas atteint, ce sont les professeurs qui en ont subi les conséquences.

En général, ces études sont fort demandées car elles aboutissent à un diplôme européen, ce qui attire donc l’intérêt des étudiants français également.

« L’école a toujours eu beaucoup d’étudiants français et cette année, beaucoup moins. Les étudiants sont mal renseignés sur le nouveau décret et pensent qu’il n’est plus européen, ça pourrait expliquer la diminution des inscriptions », estime Fatma Kechroud, étudiante en 3e année.

Le décret en cause

La réforme avait déjà fait parler d’elle à la rentrée en septembre. Les étudiants du bachelier avaient vu leur cursus augmenter d’une année. Pour les nouveaux inscrits dans le degré secondaire supérieur, une demi-année de stage s’ajoute seulement. « Pour le moment, nous avons un mois de stage et deux semaines de cours tout le long de l’année, mais si les professeurs ne sont pas là pour superviser nos stages, ça va devenir problématique pour nous tous », fait remarquer Sirio Castiglione.

D’autres étudiants de la section ont souhaité réagir également. « La déstructuration de certaines classes d’élèves de dernière année pour fin novembre, cela perturbe notre apprentissage  », témoigne ainsi une étudiante anonymement. « Depuis le nouveau décret, la section “infirmier européen” a perdu une quarantaine de professeurs. Je mentirais en disant que ces études sont faciles, non elles sont difficiles tant au point de vue psychologique que physique, mais ces professeurs qui ont perdu leur boulot du jour au lendemain ont toujours été là pour nous soutenir, nous conseiller et nous relever quand on tombe au plus bas. Mais ce ne sera plus le cas dorénavant », regrette Mélisson, élève de 3e année.

Une nouvelle qui attriste donc tous les étudiants de la section. Mais à laquelle ni la Province ni la direction de l’école n’ont souhaité réagir pour le moment.

Selon ce qui a été annoncé aux étudiants, les établissements de Huy et Verviers sont également concernés.

 
 
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