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Herrmann-Debroux, la double incurie

Le viaduc Herrmann-Debroux est un outil d’un autre âge, forcé de vivre faute d’avoir été remplacé intelligemment et à temps. On devrait lui dire merci de craquer.

Édito - Editorialiste en chef Temps de lecture: 3 min

J’ai la rate qui s’dilate, j’ai le foie qu’est pas droit, j’ai les hanches qui se démanchent, l’abdomen qui s’démène. Je ? Bruxelles !

Vendredi, lors de l’annonce de la fermeture du viaduc Herrmann-Debroux, on s’est tous un peu pincé : « Dites-moi que c’est une blague ? » Herrmann-Debroux fermé ? Ce n’est en soi pas une nouvelle puisque l’inspection du viaduc résulte des dysfonctionnements précédents. Mais après Reyers, l’effondrement de la chaussée de Louvain, les chutes de blocs de béton dans les tunnels, et avec les travaux bientôt dans le tunnel Léopold II, après le Stéphanie et le Porte de Hal, ... Ah mon Dieu oui que c’est embêtant, Bruxelles toujours patraque !

On a le sentiment d’être les victimes d’une double incurie.

Bruxelloise tout d’abord, avec une Région qui semble depuis des années gérer les soucis d’infrastructure sans vision d’avenir et masterplan de la mobilité qui aurait réglé le sort de ces tunnels et autres viaducs préhistoriques pour faire places aux espaces de trams/bus/vélo/piétons. On assiste à des sauve-qui-peut de ministres courant comme des poules sans tête, pour empêcher les assiettes de leur tomber sur la tête.

La seconde incurie inclut tous les niveaux de pouvoir belge, fédéral et régions compris, depuis de longues années. On se moquerait en effet comme d’une guigne de la mise hors service d’une voie d’accès de Namur/Louvain-La-Neuve vers le centre de Bruxelles, si l’on avait mis en place depuis des années les axes forts d’une politique de mobilité nationale – j’ai écrit un gros mot ? – alternative à la voiture, à la pollution, à la congestion, en coordination entre les différentes parties du pays, sociétés de transports comprises.

4.000 navetteurs wallons ne seraient pas en train de pousser des jurons dans leur salon, si l’on avait mis en place un réseau RER, une desserte ferroviaire performante, des parkings de dissuasion en masse, des transports alternatifs dès la sortie d’une gare.

Le viaduc Herrmann-Debroux est en effet un outil d’un autre âge, forcé de vivre faute d’avoir été remplacé intelligemment et à temps. On devrait lui dire merci de craquer et de forcer l’urgence sur la mobilité et ce pacte d’investissement qui relève du devoir national.

Le plus fou, c’est que ce plan Mobilité, qui semble si difficile à concocter, vient d’être quasi mis au point dans l’urgence ce week-end. Soudain, les pouvoirs publics louent des parkings, les lignes TEC et les dessertes SNCB sortent de terre, les navetteurs vont faire du covoiturage… On espère que c’est d’abord et avant tout le souci de l’utilisateur qui explique cette agitation, et non le calcul politique de pouvoirs bruxellois « coupables » et de Wallons voulant montrer qu’ils ne sont pour rien dans cette galère. On préférera retenir de cette grande agitation, que quand on veut, on peut !

Quelqu’un pourrait-il prendre des notes ce matin sur la manière dont ce réseau alternatif à la voiture et au viaduc va fonctionner, histoire de pérenniser un tutti-frutti boy scout, en un système à usage quotidien, dans la foulée ?

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8 Commentaires

  • Posté par Weissenberg André, mardi 10 octobre 2017, 11:15

    Oui, double incurie, et même pire! Il faut entendre ce que nous serinent depuis un certain temps certains politiques obnubilés par la petite reine ou par la marche à pied ou encore profondément anti-voiture au lieu de s'intéresser aux problèmes concrets et à leur apporter des solutions pratiques ... pragmatiques! Dans un autre article, on lit: "De nombreuses villes ont choisi de garroter les grands axes routiers de pénétration". Mais où en est la liste? Qu'attend-on pour enfin nous impressionner avec tant de bon sens cumulatif? En réalité, tout au plus quelques villes ont choisi cette solution. La plupart sont heureusement gouvernées par des gens de bon sens, peu enclins à céder à la première lubie. Le procédé à l'oeuvre est toutefois le même que pour l'imposition du piétonnier-Mayeur ou encore la volonté croissante d'imposer le vélo dans une ville qui n'est pas faite pour ça! Le citoyen est, me semble-t-il, le meilleur juge de ce qu'il veut ou ne veut pas, mais, à nouveau, on fait foin de la réalité des choses et on pratique la désinformation à la puissance 10. À nouveau, on cherche à imposer à la population des mesures ineptes sans aucune consultation. Leur justification est en outre complètement loufoque et débile: on invoque cet étrange parfum qu'est "l'air du temps", si éphémère qu'on n'en trouve de trace nulle part à bien scruter l'horizon! En bref, il s'agit de surfer sur un pur effet de mode passager, alors même que le nombre des immatriculations ne cesse d'augmenter et que l'absence criante d'alternatives performantes à la voiture devient plus criante chaque jour. La Presse n'est pas innocente non plus, puisque 'elle promeut sans autre regard plus critique, la "note de diagnostic réalisée dans le cadre de la préparation du plan régional de mobilité bruxellois", dont on peut soupçonner à raison qu'elle est fortement biaisée car empreinte de l'idéologie anti-voiture basique propre à ses concepteurs. On le dira et le répétera aussi longtemps que possible: l'espace au sol n'est pas extensible, ni élastique. Réduire la place accordée à l'automobile se fait au détriment de la fluidité globale du trafic et,en l'absence d'alternative performante, affecte autant sinon plus les transports en commun ferrés ou non, dont certains trajets sont inévitablement communs avec les voitures, dont certains véhicules sont, tôt ou tard, pris dans ce même trafic automobile, engendrant la perte en quelques minutes seulement du maigre avantage horaire durement conquis par la circulation sur des voies soustraites au trafic automobile ... On s'étonnera alors encore que la population ne fasse plus confiance au politique!

  • Posté par Gilissen Philippe, lundi 9 octobre 2017, 14:42

    Les journalistes sont bien critiques, facile..., les politiques les suivent et ils le savent.

  • Posté par Blavier Bernard, lundi 9 octobre 2017, 14:40

    Arrêtons d'enfoncer des portes ouvertes. Tout le monde est au courant ( ou devrait ) de l'incompétence socialiste de gouverner en pensant aux "travailleurs". Tout a été fait pour les caisses du parti depuis plus de 30 années, que ce soit au national ou au régional où ils se sont attribués tous les postes essentiels, par des personnes inféodées ou incompétentes, merci Smets ( je ne dis pas Monsieur ). sans la moindre recherche d'une solution. C'est toujours la faute à l'autre !!! La situation présente est la suite logique d'un désinvestissement de plus de 30 années et non du gouvernement actuel!! Que dire du RER belge, une belle fumisterie.l

  • Posté par Roosemont Charles, lundi 9 octobre 2017, 9:54

    Halte!!!Le problème n'est pas là. Il se trouve chez certains intégristes anti-voitures. SPa en tête avec son chef Smets. Il n'y a pas d'argent pour les tunnels ou les viaducs parce qu'on ne veut pas en donner.Pour d'autres gouffres à sous, il n'y en a jamais assez.Il n'est de secret pour aucun Bruxellois que la STIB est un état dans l'état pour lequel il n' y a jamais assez d'argent.Exemple et dont personne ne parle, en commençant par Le Soir: le tram 9. Qui enquiquine toute la population de Jette depuis des mois et maintenant les commerçants de la place du miroir et de l'avenue de Jette dont le chiffre d'affaires suit le trend du piétonnier. Un trou de 62 Mio d'€ siouplé. Et qui bouche une autre entrée principale dans la ville . Depuis des mois et ça, on n'entend rien. Pourquoi?

  • Posté par Serge Vandeput, lundi 9 octobre 2017, 9:01

    Ce n'est pas seulement les infrastructures et la mobilité qui posent problèmes à Bruxelles. Beaucoup de choses tournent au carré à Bruxelles, une Région qui s'est appauvrie et enlaidie a une vitesse sidérante. Le m'en foutisme des Bruxellois et de leurs politiciens ont fait beaucoup de dégâts ces dernières décennies. Et cette fois ce n'est pas la faute des Flamands

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