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A Waterloo, les bivouacs prennent vie

La grande foule n’est pas encore arrivée mais un peu partout autour du champ de bataille les commémorations s’organisent. Dans les bivouacs, les premiers passionnés s’impatientent. Reportage.

Journaliste au service Société Temps de lecture: 4 min

Aux abords du champ de bataille de Waterloo, c’est déjà la guerre. A un point tel que plus rien n’est reconnaissable. Du haut de sa butte, le lion doit bien constater que l’immense carré de verdure où se sont battus les anciens a aujourd’hui tous les atours d’un immense stade de sport. Des tonnes et des kilomètres de métal ont été emboîtés et empilés pour créer des gradins prêts à accueillir plusieurs dizaines de milliers de spectateurs. Une foule qu’il faudra nourrir et abreuver. Qu’à cela ne tienne, tout est déjà prêt. Des containers multicolores estampillés Jupiler, Becker’s et Manna attendent déjà le chaland depuis plusieurs jours. Pas très 1815, cette « gastronomie »…

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Pierre-Yves Thienpont - Le Soir

A quelques mètres de là, Guy, un agent de sécurité, monte la garde devant l’entrée du « village » des reconstituants et des VIP. Des tentes dans lesquelles ils se changeront et se restaureront et auquel l’accès est très limité. « C’est énorme tout ce truc, lance-t-il. Ça coûte une fortune et ils ne sont même pas sûrs de rentrer dans leurs frais. En plus, on fait ça pour les Français avec notre argent. C’est pas eux qui feraient ça pour nous ! » L’homme semble dépité mais il se rassure comme il peut. « Je suis ici pour les préparatifs. Durant les reconstitutions, je serai au service des VIP à la ferme d’Hougoumont. »

Plus loin sur la N5, le bivouac des reconstituants français se déploie. Là aussi, l’accès est interdit au tout-venant. Un camion entre, l’autre sort. Des tentes sont déjà dressées et une multitude de WC mobiles est déployée. Les soldats, dans leur toute grande majorité, ne sont pas encore arrivés. Une responsable de l’épicerie arrive. « Entrez, Mademoiselle. C’est au fond », explique un responsable du site vêtu d’une chasuble fluo flanquée du nom d’une banque qui sponsorise l’événement.

Exercices pour le public

De l’autre côté de la Nationale, plus près du Lion, le bivouac des Alliés est un peu moins caché même si l’accès y est tout aussi restreint. « Nous avons placé tout ce qui est moderne à l’entrée du camp, commente Laurence, responsable de l’organisation du Bicentenaire. On trouve dans cette partie les informations pour le public, le catering, les WC, les poubelles et les stocks de bois et de paille. C’est là aussi que se trouvent les 150 boxes pour les chevaux des combattants alliés. » Juste derrière ces infrastructures, deux zones d’exercices ont été installées.« Dans la première, le public pourra voir l’infanterie s’entraîner, poursuit Laurence. L’autre, plus grande, est réservée à l’artillerie et à la cavalerie. »

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Pierre-Yves Thienpont - Le Soir

L’espace historique du bivouac est, lui, totalement dévolu aux combattants prussiens, anglais et néerlandais. « Quand tout le monde sera là, ce seront 1.700 personnes qui seront abritées dans des logements éphémères, poursuit l’organisatrice. Ils vont vivre comme à l’époque mais on ne peut pas échapper à une certaine forme de confort moderne. Ils disposent donc de sanitaires modernes. »

Montée d’adrénaline

S’il ressemble encore à une grande prairie quasi vide, le bivouac accueille néanmoins déjà ses premiers inconditionnels, comme Martin, le chef militaire prussien. « Ça va être tellement énorme qu’on a du mal à visualiser, commente-t-il en installant sa tente blanche du quartier général. En 2010, il y avait déjà 1.200 personnes ici. Cette fois, ça va être quatre fois plus grand. J’ai hâte. Et s’il fait mauvais, tant pis. En 1815 non plus, il ne faisait pas beau. »

Chef militaire des Alliés, Ron a, pour sa part, du mal à cacher son impatience de voir les reconstitutions commencer. « L’adrénaline monte, sourit-il. Nous sommes tous un peu nerveux. En attendant, tout le monde travaille ensemble et le boulot ne manque pas. On délimite les parcelles de chacun en traçant des lignes et en plantant des piquets. Il y a une chose sur laquelle on ne pouvait pas discuter : c’est le verger. En 1815, les Anglais ont tenu la ferme contre des milliers de Français. C’est sacré et symbolique, donc ils ont le droit de s’y installer. »

BELGIUM LIGNY RECONSTRUCTION BATTLE 1815 (2)

Dans les bivouacs comme sur le champ de bataille, la grande foule n’est pas encore arrivée. Reconstituants, chevaux et visiteurs seront présents à partir de mercredi. Laurence, elle, est déjà assaillie de coups de fil. « C’est comme ça depuis dix-huit mois », soupire-t-elle. D’un côté, il manque de fourches pour donner de la paille aux chevaux. D’un autre, une future spectatrice enceinte de huit mois veut savoir si les décibels de la reconstitution ne vont pas nuire à son futur bébé…

 

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