J’échange un tax shift contre un coup dans la sécu

J’échange un tax shift contre un coup dans la sécu

D’abord ce fut : « Il n’y aura pas de tax shift. » Puis : « OK, sans tabou. » Et après, (ou avant, on ne sait plus), ce fut : « Pas d’impôt sur la fortune. » Puis : « On ne touche pas aux voitures de société ». Et ce week-end, on a eu droit à : « Oui au tax shift, l’esprit ouvert, mais la classe moyenne ne doit pas être victime. » Et surtout : « Le virage fiscal n’est possible que si nous rendons la Sécurité sociale plus efficace. »

Le gouvernement Michel avait annoncé des réformes profondes et partagées, une ligne droite et claire et de l’action. Sur le tax shift, des observateurs flamands l’écrivaient ce week-end, c’est tout l’inverse. L’exécutif fédéral donne l’impression de courir comme une poule sans tête, ou plutôt, de courir derrière une tête qui n’est pas au gouvernement, et qui dicte ses mots d’ordre successifs, depuis la présidence – à Anvers, Boom sur un plateau télé ou dans un journal « adoubés ».

On en revient toujours là depuis des mois : Bart De Wever n’en finit pas, avant chaque négociation du gouvernement, de donner les zones de « go et no go », s’asseyant quand cela l’arrange sur les consignes de silence et de cohésion, qu’il a édictées.

Ce week-end, le leader du nord ne fait pas dans la dentelle. On se demande comment le Premier ministre va pouvoir gérer le dernier des ukases, formulé depuis Tomorrowland (what’s in a name…) et qui lie le glissement fiscal, à des économies dans la Sécurité sociale. La N-VA parle de la rendre efficace, mais le doute surgit dès que le parti nationaliste s’attaque à un des ingrédients clés du ciment belge.

A lire: La condition N-VA au tax-shift: des économies dans la Sécurité sociale (abonnés)

Et voilà comment une réforme fiscale se réduit à un élément d’un marchandage. Au risque pour le gouvernement de ressembler à un marché aux poissons, où celui qui crie a le plus gros étal, détermine les prix.

Impossible de partir d’objectifs partagés, de nommer des experts (façon commission Pensions) et de débattre des mesures proposées, avec un œil sur l’avenir et pas seulement sur les injonctions à jet continu du président dominant ? Les semaines à venir diront s’il est jouable d’être autre chose que le notaire d’un autre « Premier ». Mais, surtout, si et comment le MR accepte de toucher à la Sécu, au risque de participer au démantèlement fédéral. La voie est très étroite et le joueur anversois bien mieux placé.

 
 
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