Du boulevard Lemonnier à la place du Châtelain

Galerie Huberty & Breyne Châtelain
: vue axonométrique du vaste rez-de-chaussée. © Crédit : Estate-Estate
Galerie Huberty & Breyne Châtelain : vue axonométrique du vaste rez-de-chaussée. © Crédit : Estate-Estate

Installé avenue des Casernes, Millon Belgique organise des ventes « Bande dessinée », « Siècles classiques », « Précieuses » ainsi que des ventes spéciales de collections, de voyages… La nouvelle entité a dernièrement fêté la 50e vente de Banque Dessinée en réalisant la meilleure cote à ce jour pour un album d’Astérix. Estimé entre 8 et 9.000 euros, La Serpe d’Or, une édition originale de 1962, a plus que doublé son évaluation et trouvé acquéreur à 21.252 euros (frais inclus). Astérix et les Goths a aussi bien tiré son épingle du jeu en atteignant 10.627 euros.

Huberty & Breyne Gallery

Séparés depuis un an et demi de Millon, les « Petits Papiers » d’antan ont retrouvé leur indépendance. A part que depuis lors, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts : le tandem Huberty & Breyne a pignon sur rue à Bruxelles et à Paris, fréquente la Brafa depuis 9 ans mais aussi « Drawing Now » ou « Art Paris » et est devenu un acteur majeur de la sphère BD. Ils ont quitté la grande maison de ventes françaises « car comme la structure est trop grosse, administrativement (essentiellement pour le règlement des vendeurs et des acheteurs) cela ne suivait pas. Du coup nous avons eu beaucoup de problèmes avec nos clients déposants ou acheteurs. C’est notre choix parce que nous voulons rester au top, garder notre liberté et choyer nos clients », explique Alain Huberty qui a un moment été tenté de rejoindre une autre grosse maison internationale avant de se rendre compte qu’ils étaient capables de monter des ventes eux-mêmes ! Et c’est ce qu’ils font, tout en restant attachés à pas mal d’artistes (comme François Avril, Jacques de Loustal, Johan De Moor ou Dominique Corbasson). « Nous ne voulons pas perdre le contact avec les créateurs, c’est pourquoi nous travaillons toujours comme galeristes, nous organisons des expositions pour les previews mais également inédites (comme les “Panoramiques” lancés en mai 2017 et repartis pour 2018 dans un autre format et une autre thématique), nous cultivons le contact avec les auteurs en encourageant certains à sortir de la case. Notre ambition est également de mélanger les genres, d’encourager un dialogue entre art contemporain et BD et pourquoi pas un jour de s’associer avec d’autres pour créer un pôle rassemblant les disciplines ayant trait à l’image. ».

Buste de Nestor Burma, estimation 3-4.000 euros, collection de Monsieur M. © DR.
Buste de Nestor Burma, estimation 3-4.000 euros, collection de Monsieur M. © DR.

Pour l’heure, c’est à un autre projet que s’attelle l’équipe dont le siège principal reste Bruxelles. « Nous avons six employés à Bruxelles et deux à Paris. Cette adresse parisienne est importante, car elle nous donne une visibilité en France, là où se concentre une grosse partie de collectionneurs. Elle nous permet d’exposer certaines pièces lors des previews et d’organiser des expositions à part, ce qui est intéressant pour les auteurs belges, toujours friands de cimaises dans la Ville Lumière. »

Entre Paris et Bruxelles

Le projet qui occupe Marc Breyne et Alain Huberty est celui de leur nouveau siège place du Châtelain. Cet endroit, qu’ils espèrent occuper dans un an, est en pleine restructuration afin d’y accueillir tous les services inhérents à leur structure : ventes publiques, expositions, collection permanente, one shot, administration, résidence d’artiste, shop ainsi qu’une vitrine à front de rue.

Cet élément leur a manqué cruellement au Sablon jusqu’à ce qu’un magasin se libère et qu’ils puissent l’exploiter. Ce magasin, ils ne le lâcheront pas, il est trop important à leurs yeux de garder un point d’ancrage au Sablon. Ce lieu sera celui des éditions, des multiples. Les artistes représentés par la galerie y seront présentés et la vitrine sera dédiée à l’exposition en cours au Châtelain avec l’idée d’y attirer le public.

Eric Liot (né en 1964), «
L’Île Noire, Elle Veillera sur Vous
». Technique mixte sur bois. Signé, daté 2016 et cachet de l’artiste 
au dos. 30 × 92 cm. © DR
Eric Liot (né en 1964), « L’Île Noire, Elle Veillera sur Vous ». Technique mixte sur bois. Signé, daté 2016 et cachet de l’artiste au dos. 30 × 92 cm. © DR

L’option Châtelain est la suite logique de leur parcours, une chose en entraînant une autre. « La vie, le hasard des rencontres et les opportunités nous ont menés du boulevard Lemonnier à la Brafa, au Sablon, aux ventes publiques et à Millon. Après avoir essayé d’acheter le lieu que nous occupons rue Bodenbroek, nous sommes tombés sur cet espace au potentiel énorme place du Châtelain et avons fait appel au jeune bureau d’architecture AM Estate Estate. »

C’est une transhumance qu’ils ne sont pas les seuls à opérer pour le moment parmi les galeristes. Et leur lieu promet d’être vaste et ouvert sur le quartier. Elisa Huberty et Rebecca Prospery ont déjà lancé deux expos de street art avant que le chantier ne batte son plein. « Côté ventes, comme le client n’a pas forcément le temps ni l’envie d’attendre un an pour voir son album ou sa planche inséré dans un catalogue, nous avons prévu d’augmenter la fréquence des ventes à raison de deux ventes normales d’œuvres originales et deux ventes d’albums de BD par an ainsi qu’une vente prestige en fin d’année. Cette année il y en aura deux, une de planches et une d’albums (dont ceux de la collection de la célèbre enseigne parisienne Rackam) ».

Pour conclure, laissons la parole à notre interlocuteur qui officie avec son associé dans le monde du 9e art depuis 30 ans : « A l’époque, tout se vendait. Aujourd’hui, une pièce moyenne se vend très difficilement ou alors bon marché et une pièce d’exception n’a plus de prix ! Ce qui fait les prix aujourd’hui sur le marché franco-belge, c’est toujours Hergé, loin devant les autres ! Et si on regarde de plus près, ce sont en réalité une dizaine de collectionneurs européens (des Belges, des Français, des Allemands…) au budget illimité qui font la loi du marché et qui pourraient quasi le vider ! »

Poursuivez votre lecture sur ce(s) sujet(s) :Arts|Bande dessinée|France|Bruxelles (Bruxelles-Capitale)|Paris
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