Des pavés chinois au château Malou

Jean-Claude Van der Auwera dénonce la provenance de la pierre bleue chinoise pour le château Malou.
Jean-Claude Van der Auwera dénonce la provenance de la pierre bleue chinoise pour le château Malou. - Elio Germani.

Jean-Claude Van der Auwera se promenait dans le parc Malou, presque entièrement rénové, lorsque des palettes ont attiré son attention. « Elles ressemblaient à celles qui avaient servi à transporter les pavés chinois de la place Saint-Lambert, commence le conseiller communal Ecolo. Je me suis approché et j’ai vu l’étiquette. On y retrouvait le marquage phyto-sanitaire indiquant que les palettes provenaient de Chine. » Ce marquage, NIMP15, garantit que le bois des palettes a été traité et qu’il ne présente aucun risque pour l’environnement. « Que faisaient des palettes de pierres bleues d’origine chinoise, ici? », s’est alors demandé l’élu.

Pour en avoir le cœur net, Jean-Claude Van der Auwera a posé la question au contre-maître du chantier, présent dans le parc pour les finitions des rénovations. « Il m’a indiqué que les pierres utilisées pour la rénovation des murets entourant le château venaient de Spontin. En revanche, il m’a confirmé que celles utilisées pour les abords du parc venaient de Chine. » Le conseiller n’a pas été très surpris. « Les pierres bleues belges et les pierres bleues chinoises se ressemblent mais elles ont quand même une différence assez évidente. Sur les pierres extraites en Belgique, on observe des crinoïdes, des petits coquillages fossilisés qui prouvent son origine. Impossible de les retrouver sur des pierres venant de Chine ou du Vietnam. » Comme pour la place Saint-Lambert, l’élu local s’inquiète de la qualité du matériau : « On sait que les pierres chinoises sont moins résistantes, c’est pour cela qu’elles sont moins chères. » Il soulève également la question du respect du cahier des charges. « La rénovation du château et celles des bordures ont fait l’objet d’un lot séparé. Pourtant, il est indiqué que la pierre bleue doit répondre aux mêmes critères d’exigence : elle doit venir de Belgique. Et je suis persuadé que ce n’est pas le cas pour les centaines de mètres de bordure. »

Il entend obtenir des réponses à ses questions lors du prochain conseil communal. « Je suis quasi certain qu’une erreur a été commise par les services en ne relevant pas cette anomalie ou en acceptant une livraison non conforme. ».

Le bourgmestre, Olivier Maingain (Défi), dément ces propos. « La rénovation du château et celle de ses abords font partie de deux lots différents. C’est prévu dans le cahier des charges. Mais dans les deux cas, les matériaux sont belges. De la pierre bleue de Spontin pour le château, du granit belge pour les bordures. Nous avons les bons de commande. Je peux garantir qu’il n’y a eu aucun manquement de la part de mes services. » Le bourgmestre ne peut pas expliquer pourquoi les palettes seraient d’origine chinoise mais il assure que ce n’est pas comparable avec l’affaire de la place St-Lambert.

 
 
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